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France - Chambord, le fleuron de François Ier



Chambord... la démesure ! Ce nom, connu de tous, évoque tour à tour un roi, François Ier, un édifice immense, un parc forestier démesuré, le plus vaste d'Europe (50 km² !). Au coeur de la Sologne, Chambord symbolise la réalisation parfaite et aboutie du voeu d'un monarque, François Ier, qui supervisa lui-même tous les travaux. Sa visite, incontournable lors d'une tournée des châteaux de la Loire, vous frappera tant l'architecture est somptueuse et les pierres magnifiques. La fameux double escalier constitue le clou de sa découverte, ainsi qu'une promenade sur les terrasses. Bienvenue dans ce symbole de la monarchie française, inscrit au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.

chateau de Chambord
Vue d'ensemble de Chambord, étonnant mélange de style gothique, médiéval et Renaissance. 

Un an après la glorieuse victoire de Marignan, donc en 1516, le jeune roi François Ier décide de faire construire un palais à sa gloire. Féru d'Antiquité, le monarque s'inspire des dernières tendances italiennes, celles d'un Alberti en particulier, pour un retour aux formes sobres et classiques voulues par Vitruve. Les travaux sont lancés quelques années plus tard, pour un chantier titanesque qui a pour ambition de proposer non pas une habitation permanente mais un somptueux salon de chasse en pleine forêt giboyeuse. Au final, François Ier ne passera à Chambord que quelques semaines sur ses 32 ans de règne !! 

L'extérieur de Chambord en impose : 156 mètres de largeur, 56 de hauteur, dans un style résolument médiéval, avec de grosses tours d'angles qui semblent défensives. On n'a pas retrouvé mention des architectes de Chambord, mais nul doute que le génial Léonard de Vinci, qui habitait le Clos- Lucé près du roi durant l'élaboration du projet, a fourni des idées. On a en effet retrouvé des plans de l'escalier à double hélice et de la structure générale de l'édifice. Léonard mourra quelques mois avant le début des travaux. Ces derniers sont colossaux ! Les carrières de pierres fournissent des dizaines de milliers de tonnes, et un canal permet de dévier les eaux de la rivière Cosson pour remplir les profondes douves. Apparemment le chantier fut compliqué car le sol est marécageux et qu'il a fallu planter bon nombre de pieux pour les soubassements. Au final, beaucoup d'ouvriers périrent.

Chambord extérieur
L'élégant extérieur du château avec ses quelques 300 cheminées ! La pierre utilisée est du tuffeau blanc, réputé pour sa tendresse mais malheureusement s'altérant assez vite, d'ou les nombreux travaux de restauration. 
Entrée du château.

L'intérieur est composé d'un bâtiment principal en forme de croix grecque, selon l'usage italien de l'époque (Saint-Pierre de Rome, érigée au même moment, utilise aussi cette organisation). Au centre, l'immense donjon, qui n'a jamais eu de vocation défensive, entouré d'autres ailes. Et, surtout, pour le desservir, le fameux escalier à double hélice. 


Parc de Chambord
Parc de Chambord et forêt au fond.
Parc vu de l'autre côté.

L'immense parc (photos ci-dessus) fait partie du projet initial impulsé par François Ier. Le but est de constituer un grand enclos clôturé à l'intérieur duquel du gibier pourra être lâché, la chasse étant un grand passe-temps du monarque. Le château prend place pile au milieu de ce domaine boisé, le plus grand ceint de murs en Europe. Quant aux jardins à la française devant le bâtiment, ils ne datent pas de la Renaissance, mais de l'époque du Roi Soleil, qui commande l'aménagement de jardins réguliers devant la façade. C'est, enfin, au courant du XVIIIème siècle que le jardin de 6,5 hectares voit le jour.

La façade principale démontre parfaitement l'influence du séjour italien sur le monarque : plusieurs loggias s'agencent sur deux niveaux. Relativement sobre, cette façade contraste avec l'exubérance des parties hautes, d'un style bien plus médiéval.

Les terrasses sont un lieu à ne manquer sous aucun prétexte ! Une promenade de là-haut parmi clochetons et cheminées vous offrira une vue stupéfiante à 360 degrés. Le problème avec les terrasses quand il y a des logements dessous (et dieu sait qu'il y en a à Chambord), ce sont les infiltrations. Et il y en eut beaucoup dès leur construction ! Des architectes se plaignent du budget nécessaire pour stopper les innombrables fuites. Une couverture de tuiles vernissées, spécialement construites à Chambord et inspirées des tuiles antiques, sont pourtant intercalées entre la voûte du dessous et la terrasse du dessus. 



Les terrasses permettent de faire tout le tour du château et d'avoir une vue remarquable. 
Chambord tour lanterne
La Tour-lanterne de 32 mètres de hauteur coiffe le double -escalier et domine toutes les cheminées.

Le magnifique escalier extérieur hélicoïdal.

double escalier Chambord
Le fameux double-escalier créé certainement par Léonard de Vinci. Admirez le somptueux plafond à caissons du vestibule au premier plan : on y aperçoit la succession de F (pour François) et de salamandres, l'animal emblématique du monarque. Cet animal, surmonté d'une couronne portant la devise "Nutrisco et Extinguo", 'je me nourris du bon feu, j'éteins le mauvais', était capable, selon la légende (il n'est n'est rien dans la réalité...) de résister au feu. Cette méprise a une explication bien rationnelle : les pauvres salamandres, qui hibernent dans des souches d'arbres, se sont souvent retrouvées dans une cheminée que l'on allumait, prises au piège dans leur cachette. Aux premières chaleurs, elles sortaient en s'enfuyant, et, leur peau étant humide, elles ne flambaient pas tout de suite. Il n'en fallait pas plus pour que son côté mystique ne naisse...

Le double-escalier est sans aucun doute LA partie la plus célèbre de Chambord. C'est un escalier magique, inventé par Léonard de Vinci (on en a retrouvé de nombreux croquis dans ses cahiers) : de l'extérieur, le visiteur semble observer un escalier banal à une vis. Pourtant, il n'en n'est rien ! Deux vis s'enroulent l'une dans l'autre, un peu comme la double hélice de l'ADN, ce qui fait que deux personnes peuvent emprunter le même escalier et arriver au sommet sans même se croiser... sauf à travers une des lucarnes aménagées à l'intérieur du colimaçon (à condition de monter au même rythme). Placé au centre du donjon, le double-escalier dessert à chaque étage quatre vestibules formant une croix.

Vue de l'intérieur, en contre-plongée) du fameux escalier surmontée d'une tour-lanterne. Les ouvertures intérieures permettent aux gens qui empruntent l'escalier de se voir, mais jamais de se rejoindre. 



Autre vue extérieure.
Vue intérieure.



A l'intérieur, pas moins de 440 pièces dans ce dédale ! Elles sont pour la plupart desservies par l'escalier central sur les différents niveaux du donjon. On peut en visiter une soixantaine, comme les cuisines ou les appartements royaux, avec la chambre du Roi.

Comme raconté un peu plus haut, François Ier n'a pas passé beaucoup de temps dans ce château... Il eut juste le loisir de le faire visiter à des hôtes de marque, comme son rival Charles-Quint. Mais ce n'est pas le seul monarque français à avoir marqué de son empreinte Chambord. Citons-en deux : Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, y apprécie le cadre et en profite pour faire réparer les fameuses fuites des terrasses que nous évoquions tout à l'heure. Il achète de nombreux terrains qui donnent au parc sa superficie actuelle de 5500 hectares, avec son mur de 32 kilomètres... Louis XIV, pour sa part, fait terminer l'édifice. Il y séjourne une dizaine de fois, pour des parties de chasse essentiellement. C'est à Chambord qu'il découvre la pièce le Bourgeois gentilhomme créée par Molière et Lully. 



Les cuisines, dont on voit deux photos ci-dessus, étaient dans un sale état et ont été entièrement reconstituées en 2017. Elles remontent au XVIIIème siècle, époque durant laquelle les haras royaux sont installés à Chambord. Tous les objets sont d'époque et proviennent des fouilles du château.

L'immense appartement de parade.

C'est au premier étage que l'on peut visiter le plus de salles, les appartements royaux, desservis par l'escalier central du donjon. On peut successivement y voir la chambre des gardes, deux antichambres et la vaste chambre de parade, aménagée par le maréchal de Saxe au XVIIIème siècle. 


Salle des chasses.
Chambre privée.
Reconstitution du lit de François Ier (il n'y a jamais dormi)
Beau plafond à caissons.

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France - Chambord, le fleuron de François Ier France - Chambord, le fleuron de François Ier Reviewed by RENOULT on 14 octobre Rating: 5

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