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Portugal - le monastère cistercien d'Alcobaça


Le monastère d’Alcobaça, non loin de Nazaré, est sans conteste un des points forts d’une visite au Portugal. Il fut fondé par le premier Roi du pays, Alfonso Henriques, en 1153, et demeure aujourd’hui, avec celui de Santa Cruz à Coimbra, le plus bel exemple de monastère médiéval du pays. Depuis 1989, il est classé sur la liste mondiale du patrimoine de l’Unesco. Le visiteur est émerveillé par la pureté des lignes cisterciennes, et la magie des deux tombeaux commandés par le Roi Dom Pedro pour lui et son épouse assassinée, Inès de Castro. Une histoire tragique sur laquelle nous reviendrons…

tombeau du Roi Pedro Ier Alcobaça
détail du tombeau du Roi Pedro Ier, à l’origine de la commande des deux extraordinaires tombeaux de l’église, pour lui et Inès de Castro ; la tête du monarque est soulevée par des Anges

Ce monastère est l’un des premiers fondements de l’ordre cistercien au Portugal. Il fut pensé comme un cadeau fait à Bernard de Clairvaux, le fondateur de l’ordre, par le premier roi du pays, Alfonso Henriques, afin de commémorer sa victoire sur les Maures à Santarem en 1147. Les premiers moines seraient arrivés dans la région 25 ans avant le début de la construction, vivant dans des maisons en bois. L’église fut achevée en 1252, devenant le plus bel exemple gothique du Portugal, suivi par la construction du cloître du Silence par le roi Dinis. La vie des moines était consacrée à la méditation religieuse ; ils créaient aussi des manuscrits enluminés dans le scriptorium. La bibliothèque d’Alcobaça était l’une des plus grandes du moyen-­âge, mais fut pillée par les français en 1810. Autour des bâtiments s’étendaient de vastes zones agricoles, sous contrôle de l’abbé. Signalons pour finir que l’importance du monastère pouvait être mesurée par le fait que beaucoup de Rois choisirent d’y être enterrés, comme Alfonso II, Alfonso III, Urraca et Béatrice de Castille, sans oublier bien entendu Pedro Ier et sa maîtresse Inès de Castro.

la façade

Alcobaça marque l’arrivée du style gothique au Portugal. L’ensemble est cistercien, et donc, suivant les règles de l’Ordre, totalement épuré et sans aucune décoration. La façade principale est imposante, avec l’église enchâssée entre deux vastes ailes. Le portail et la rosace au­-dessus sont d’origine (XIIème siècle) mais pas les deux tours, ajout du XVIIIème siècle seulement.

façade principale du monastère, très imposante Alcobaça
façade principale du monastère, très imposante

la nef

Le premier architecte de l’église était sans doute français et a suivi à la lettre les préceptes de Bernard de Clairvaux. L’église est en forme de croix latine avec deux transepts prononcés et trois allées. Les deux latérales de la nef sont aussi élevées que la centrale, vingt mètres, ce qui donne une impression de monumentalité en pénétrant dans l’édifice, long de 106 mètres. Alcobaça est aujourd’hui encore la plus grande église du Portugal. L’accent mis sur la verticalité est une caractéristique du gothique tardif. Colonnes et murs sont dépourvus de décoration, ce qui est la coutume, et le tout est illuminé par des rangées de fenêtres sur les murs et des rosaces sur la façade principale et les bras du transept. La chapelle principale est entourée d’un déambulatoire avec des chapelles rayonnantes.

nef Alcobaça
l’imposante nef offre au visiteur une impression de puissance et de sobriété, tout l’art du génie cistercien


voute monastère Alcobaça
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1 - détail de la voûte simple gothique de la nef
2 - une allée de la haute nef

les tombes royales

Dans le transept de l’église se trouvent les tombeaux du Roi Pedro Ier et de sa maîtresse Inès de Castro, assassinée sur ordre du père du Roi… (voir encart plus bas). Cette paire de tombes royales, dont l’auteur est inconnu, fait partie des plus belles oeuvres de la sculpture gothique au Portugal. Celle du Roi est soutenue par des lions, et ce sont des figures mi­-hommes mi-­bêtes qui soulèvent celle d’Inès. Les côtés des tombeaux sont merveilleusement travaillés avec des reliefs représentant des scènes de la vie des défunts, mais aussi du Christ, dont la Crucifixion et le Jugement Dernier.

la Reine morte... L’écrivain français Henri de Montherlant, dans son fameux livre la Reine morte, s’est inspiré de la tragique histoire de Pedro Ier et de sa maîtresse Inès de Castro, avec laquelle il connut le grand amour après la mort de son épouse Constance de Castille. Mais le père de Pedro, Alphonse IV, laissa ses conseillers assassiner Inès, ce qui déclencha de la part d’un Pedro fou de rage une véritable guerre civile. Alphonse IV dut même négocier une paix avec son propre fils afin de stopper le massacre. A la mort d’Inès, l’amant inconsolable fit sculpter un somptueux tombeau et exhumer le corps de sa bien-aimée. La légende raconte qu’il fit asseoir sur un trône, couronne à la tête et grand manteau sur elle, le cadavre d’Inès, obligeant les grands du royaume à baiser la main de sa « reine ». Il se fit à son tour construire un tombeau qu’il fit placer en face de celui d’Inès, afin qu’ils soient réunis au paradis. 

tombeau Inès de Castro Alcobaça
le tombeau merveilleusement ouvragé d’Inès, qui repose sur des têtes de chiens à visage humain qui, d’après la légende, seraient les assassins de la Reine qui doivent pour l’éternité soutenir la Reine


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1 2 et 3 - tombeau du Roi Pedro
4 et 5 - tombeau et détail de celui d'Inès

salle des Rois

Il s’agit d’une pièce située près de l’entrée de l’église, qui possède une série de statues du XVII et XVIIIème siècle représentant les Rois du Portugal. Les murs sont décorés avec des carreaux bleus et blancs du XVIIIème qui racontent l’histoire du monastère d’Alcobaça depuis sa fondation par Alfonso Henriques.

la salle des Rois et ses nombreuses statues

le cloître du Silence

Le cloître du monastère a été construit sous le règne du Roi Dinis ; il s’agit de l’un des plus grands cloîtres médiévaux cisterciens de toute l’Europe. Ses colonnes sont décorées de chapiteaux avec des motifs animaux et végétaux. Le magnifique hall gothique abrite une fontaine Renaissance avec un bassin richement décoré. Quant au deuxième étage du cloître, de style manuélin avec ses colonnes torsadées typiques, il fut ajouté plus tardivement, au début du XVIème siècle.

cloître du Silence  Alcobaça
un petit havre de paix dans le cloître du Silence 


cloitre Alcobaça
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1 et 2 - les longs couloirs du cloître
3 - autre vue du cloître
4 - la fontaine Renaissance abritée par un auvent gothique

le réfectoire

Le réfectoire était la pièce où les moines prenaient leurs repas quotidiens. Pendant qu’ils mangeaient, un des moines lisait à haute voix des passages de la Bible depuis une estrade, intégrée sur le mur gauche. L’accès à la chaire de lecture se faisait à travers une galerie voûtée avec un escalier. Le réfectoire possède de nombreux piliers et plusieurs allées et est couvert d’une voûte à nervures gothiques.

réfectoire Alcobaça
le vaste Réfectoire

la cuisine

La cuisine du monastère a été construite et couverte de faïences dans le milieu du XVIIIème siècle. Sa cheminée centrale, soutenue par huit colonnes de fer, est gigantesque ! Un canal de dérivation de la rivière Alcoa a été spécialement aménagé afin d’avoir de l’eau pure, ainsi que du poisson frais, directement dans un bassin de la cuisine !

l’immense cheminée centrale de la cuisine !


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1 - l’énorme cheminée
2 - l’eau de la rivière arrivait directement dans ces bassins

le dortoir

Le dortoir est une vaste pièce gothique où les moines dormaient ensemble, jusqu’à ce que l’abbé les autorise, au XVIème siècle, à avoir une chambre individuelle, divisant alors l’espace en cellules. C’est en 1930 que les parois cellulaires ont été démolies.

le vaste dortoir

autres pièces



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Portugal - le monastère cistercien d'Alcobaça Portugal - le monastère cistercien d'Alcobaça Reviewed by RENOULT on 20 mars Rating: 5

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