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Namibie - parc national d'Etosha, paradis animalier

Parc national d'Etosha

Etablie en 1907, la réserve d’Etosha, dans le nord-­ouest de la Namibie, occupe un vaste territoire de plus de 22 000 km². Des points d’eau permanents font de cet endroit un lieu de rassemblement pour de nombreuses espèces animales : 114 espèces de mammifères, 340 d’oiseaux, 110 de reptiles. mais… une seule espèce de poisson. Nous vous proposons une petite découverte de quelques espèces phares africaines, de jour… puis de nuit, un des grands points d’intérêt d’Etosha !

éléphant dans le parc d’Etosha
éléphant dans le parc d’Etosha 

Etosha signifie « le grand lieu blanc ». Et effectivement, le coeur d’Etosha, c’est une immense cuvette minérale, occupant le quart de la réserve. La dépression d’Etosha date de millions d’années et fait partie du bassin du Kalahari. Il y a quelques milliers d’années, cette cuvette formait un grand lac alimenté par les eaux de la rivière Kunene. Mais son cours ayant changé, le lac s’est asséché. Il reste aujourd’hui ces milliers de km² de sel et d’argile, qui se remplissent une fois l’an à l’issue de la saison des pluies, se transformant alors en un véritable paradis pour de nombreux oiseaux comme les Flamants roses. Même en saison sèche, quelques laisses d’eau subsistent, concentrant la vie sauvage. Mais parfois, par temps de sécheresse sévère, des groupes d’éléphants tentent la traversée de la cuvette et meurent de soif, épuisés…
Les habitants San ont une toute autre explication sur l’origine de la dépression de sel : il y a bien longtemps, un village fut entièrement rasé lors d’une guerre et tous les hommes massacrés. Seules les femmes survécurent ; l’une d’elles pleura tellement sa famille que ses larmes abondantes remplirent la cuvette : le lac était né. En séchant, seul le sel resta.
Plan du parc national : nous sommes rentrés par la porte sud pour dormir au camp d’Okaukuejo, qui possède un beau point d’eau éclairé. Ensuite, nuit au camp Halali au centre du parc, avec un autre chouette point d’eau

Voici donc le coeur d’Etosha, durant la période sèche. La croûte de sel se craquelle. La saison des pluies 2008 fut particulièrement virulente et à notre passage durant la saison sèche, le sol était encore humide et l’argile collait aux chaussures. Habituellement, tout n’est que poussière. Cet ancien lac ne possède plus qu’un seul apport d’eau, la rivière Ekuma, mais cet apport est extrêmement faible car les eaux se perdent en chemin avant même d’arriver dans la dépression.


Etosha Pan
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1 - Etosha pan
2 - détail du sol craquelé

Notre premier animal rencontré à Etosha en est aussi un de ses plus nombreux représentants : le Zèbre de Burchell (Equus quagga). La taxonomie de cet animal est très discutée. Les individus du parc d’Etosha ont un blanc moins pur que d’autres populations, avec très peu de zébrures sur les pattes. Les zèbres mesurent environ 1m40 pour un poids pouvant aller jusqu’à 300 kilos. Son aire de répartition est plus vaste que la plupart des autres ongulés car son régime alimentaire est plus varié, allant des courtes herbes an passant par des pousses et même des branches et feuilles. Ils sont capables de manger de hautes herbes, ce que ne peuvent faire les gnous par exemple, qui passeront donc après eux dans certains espaces. Ils ont beaucoup de prédateurs, comme les lions, les hyènes, mais aussi les crocodiles du Nil, les léopards ou les guépards. 
Les zèbres ont un besoin impérieux de boire : pas de problème lors des saisons des pluies, mais en période de sécheresse, il leur faut donc migrer sur des distances parfois considérables (parfois plus de 1000 kilomètres !). Ils ne peuvent survivre longtemps sans eau et doivent par conséquent se trouver à moins de 25 km d’un point pour s’abreuver.

Equus quagga
Equus quagga
Equus quagga

Individus très sociaux, les zèbres se rencontrent en groupes : un mâle possède un harem et un groupe de jeunes. Le mâle reste avec les femelles pendant une longue période, souvent des années. Les jeunes mâles quant à eux errent seuls ou associés à d’autres jeunes mâles, en attendant de pouvoir former à leur tour un harem. Les grands troupeaux comme ceux qu’on a pu observer à Etosha sont donc l’association de plusieurs harems. Les combats ne sont pas rares pour s’attirer les faveurs d’une femelle. 12 mois après l’accouplement, un jeune verra le jour. Malheureusement, et bien qu’un nouveau-­né soit capable de marcher en quelques minutes, près de 50% ne survivront pas : maladie, prédation, faim…

Equus quagga
Zèbre de Burchell (Equus quagga
Mais pourquoi ces zébrures ? Les zébrures sont bien évidemment les caractéristiques les plus marquées : verticales sur la partie avant de l’animal, elles deviennent ensuite de plus en plus horizontales vers l’arrière. Véritables marques d’identité des zèbres, les rayures ne sont jamais identiques d’un individu à l’autre. Les populations australes, comme celles d’Etosha, ont du marron entre les bandes noires, comme cela est bien visible sur les photos ci-dessus. Dans la longue série des théories tentant d’expliquer la présence de rayures, une semble l’emporter : ce serait pour un meilleur camouflage. Des scientifiques ont découvert que les fortes chaleurs dans la savane africaine, en tapant sur le sol, déformeraient la vision qu’auraient les prédateurs des zèbres, puisque les lignes blanches et noires se mélangeraient. Autre théorie : pour perturber le lion lors d’une attaque. Or cela ne semble pas avoir d’influence… c’est d’autant plus troublant que ces rayures peuvent aussi leur jouer un mauvais tour ! Car de nuit, un zèbre est plus visible que tout autre animal… Or les lions attaquent de nuit… Reste l’explication des moustiques ou autres mouches qui ne piquent que des animaux à la robe unie… Quoi qu’il en soit, le zèbre est rayé !  
Voici maintenant des Gnous bleus (Connochaetes taurinus). Ces grands ongulés appartiennent à la famille des bovidés et deux espèces habitent l’Afrique : le gnou noir et le bleu. C’est un animal massif, avec 380 kilos et 1m 70 de hauteur, pour une espérance de vie de 20 ans. On l’appelle « bleu » car il a une iridescence bleutée visible sous un certain angle sur son pelage. Une des caractéristiques marquantes est la large paire de cornes recourbées qui peut chez le mâle atteindre une amplitude de 90 cm. Les savanes herbeuses sont leur biome de prédilection. Tout comme les zèbres, ils ont besoin d’eau et s’engagent chaque année dans d’immenses migrations. Celles des gnous sont très célèbres, surtout en Tanzanie dans le Serengeti, lorsque des dizaines de milliers de bêtes s’engagent à travers les plaines. A Etosha, les groupes sont en moyenne de 30 individus. On les trouve souvent en association avec les zèbres pour une raison évidente de protection mutuelle : plus il y a d’yeux, meilleure est la surveillance. Les prédateurs sont les mêmes et malgré une vitesse de 65 km/h, les gnous sont les victimes toutes choisies pour les lions, les hyènes, les guépards ou les crocodiles lors des passages obligés de rivières.
Très territoriaux, les mâles occupent un territoire d’un ou deux hectares en moyenne. Le mâle le marque en déféquant ou en marquant d’urine les limites. Si un intrus s’approche, la démonstration sera claire : tête baissée et pattes frottant le sol, coups de cornes, bruits rauques… Les jeunes issus de l’accouplement auront plus de chance de survivre s’ils sont dans un grand troupeau que dans un groupe plus petit.

(Connochaetes taurinus
Connochaetes taurinus

Oryx gazelle, ou Gemsbok (Oryx gazella). Les Oryx, d’une taille d’un mètre quarante pour 250 kilos, sont aisément reconnaissables à leur tête bicolore noire et blanche, leur corps gris avec deux parties plus claires sur l’arrière-­train et une longue queue noire. Les pattes se terminent par deux « chaussettes » blanches. Les Oryx vivent généralement en groupes de 10 à 40 têtes, dans lesquels on trouve un mâle dominant, quelques autres mâles et des femelles. Les individus vivant dans les milieux arides de Namibie ont moins besoin d’eau que leurs congénères vivant plus au nord. Ainsi, on trouve même dans ce pays des Oryx arpentant les dunes de sable du désert, et, tout comme les Springboks, ils peuvent se passer entièrement d’eau, tirant des plantes les substances nécessaires à leur survie. Les cornes sont très longues (jusqu’à 90 centimètres) et parfaitement droites. Les femelles en ont également, et même encore plus élancées que les mâles, mais plus fines.

Gemsbok (Oryx gazella)
Gemsbok (Oryx gazella)

L'Ecureuil de terre du Cap (Xerus inauris) est une appellation trompeuse car on ne le trouve pas qu’autour du Cap mais bien au­-delà, dans cinq pays d’Afrique australe. Mesurant 45 cm pour un poids pouvant aller jusqu’au kilo, ce rongeur est trouvé dans des milieux arides et sableux puisqu’il fait son terrier dans le sol. On le reconnaît à sa fine bande blanche courant le long de ses flancs. Signalons enfin que l’individu pris sur la photo ci­-dessous est un mâle ! On l’aura deviné à la taille des testicules, clairement visibles à droite, qui en font le détenteur d’un record puisque ce sont les plus grosses (comparativement à la taille) du monde animal !!!
Il se nourrit de racines et de bulbes qu’il déterre avec ses griffes avant et ses dents. Les incisives, comme chez tous les rongeurs, sont très développées et permettent de découper ces aliments durs. Ils se nourrissent occasionnellement de termites durant l’été. Les femelles donnent naissance à plusieurs jeunes de 20 grammes chacun. S’occuper des petits est une tâche communautaire, car on a déjà vu plusieurs femelles s’occuper à tour de rôle d’un même jeune !
Xerus inauris
 Ecureuil de terre du Cap (Xerus inauris)

Au loin, la tête dépassant les acacias, notre première girafe (Giraffa camelopardalis) restera un grand moment ! Ah la girafe ! le plus grand ruminant au monde, le plus haut bien entendu (5 à 6 mètres pour les plus grands mâles). Beaucoup de choses à dire sur la girafe ! Commençons par son nom latin camelopardalis : il vient des Romains qui considéraient cet animal comme un croisement entre deux autres espèces : le chameau et le léopard. Cameleopard fut donc son nom durant des siècles. Ce n’est qu’au XVIème siècle que l’on voit apparaître le mot girafe, venant de l’arabe ziraafa signifiant « grand ». De nombreuses sous-­espèces existent, et celle qui nous intéresse à Etosha est la spp. angolensis. Les fossiles sont une aide précieuse pour comprendre l’origine de la girafe : elle viendrait d’antilopes de trois mètres de hauteur vivant il y a 30 à 50 millions d’années.


Giraffa camelopardalis
Giraffa camelopardalis
Giraffa camelopardalis

Leurs caractéristiques principales, outre la taille, sont : les taches sur le corps, réparties uniformément sauf sous le ventre. Aucune girafe n’a le même motif qu’une autre, c’est leur carte d’identité, comme les zébrures le sont pour les zèbres. Les cornes ensuite, que les femelles ont plus petites que les mâles. sont un moyen infaillible pour distinguer les deux sexes : les cornes de la femelle se terminent par une touffe de poils, tandis qu’elles sont chauves chez le mâle (un résultat des nombreux combats pour avoir une femelle). Signalons que les cornes sont constituées de cartilage. Le cou, lui, est très long, et donne la forme élancée à la girafe. Elle ne possède pas pour autant un plus grand nombre de vertèbres que les autres animaux : sept, ce qui est le bon chiffre, mais elles sont allongées grâce à des joints flexibles entre chacune d’elles. Bien entendu, le long cou est une adaptation pour aller chercher les feuilles au sommet des arbres, ce qui permet à la girafe d’accéder à une niche nutritive qui n’appartient qu’à elle. Les pattes avant sont plus longues de 10% que les pattes arrière. Elle peut courir très vite (55km/h) mais pas longtemps. Ce sont bien sûr ici que les prédateurs tentent de les attraper pour les faire tomber : seuls les lions leur posent une menace sérieuse mais la girafe peut très bien se défendre, un seul coup bien placé pouvant lui fracasser le crâne.
Une telle taille impose des modifications physiologiques drastiques : ne serait-ce que pour le système circulatoire ! En effet, le coeur, qui peut peser dix kilos, doit pourvoir pomper le sang pour le ramener jusqu’à la tête ! Il y a donc un complexe système de régulation de pression dans le haut du cou, qui empêche par exemple le sang de trop parvenir dans le cerveau lorsque la girafe a la tête en bas pour boire. Il y a aussi une pression énorme dans les jambes, unique chez les animaux.
Giraffa camelopardalis
girafe (Giraffa camelopardalis)

Les Springboks (Antidorcas marsupialis), le symbole d’Afrique du Sud ! Cette gazelle de taille moyenne (75 centimètres) pour un poids d’une quarantaine de kilos est réputée pour ses sauts de plus de 4 mètres lorsqu’elle est poursuivie par un prédateur. Son nom signifie d’ailleurs « bouc sauteur ». Quant au nom latin « marsupialis », il vient d’une curieuse particularité du pelage : le long du corps la peau forme un bourrelet replié comme une poche (les marsupiaux ont une poche, mais pour une toute autre utilité ! ) qui s’agite lorsque l’animal saute, déployant une sorte d’éventail blanc. Cela lui est utile lors des parades nuptiales pour attirer une femelle. Un Springbock peut détaler à plus de 80 km/heure ! La caractéristique la plus impressionnante est sans nul doute leur possibilité… de ne jamais boire ! En effet, le Springbok tire l’eau dont il a besoin de ses aliments (feuilles, graminées) et peut se passer de boire durant des années, voire même, cas extrême, durant toute sa vie !! Tout comme le koudou, il est victime d’une chasse excessive.  

Antidorcas marsupialis)
Springbok (Antidorcas marsupialis)
Antidorcas marsupialis

Voici l’Impala (Aepyceros melampus) s’abreuvant au point d’eau du camp d’Halali. Le nom grec Aepyceros signifie « cornes hautes » et melampus « taches noires » : tout est dit ! Les impalas (le nom vient de la langue zoulou) sont des antilopes répandues en Afrique australe, et on les reconnait aisément à leurs cornes en forme de lyre et les deux taches noires sur l’arrière des pattes arrière. Fantastiques coureurs, les impalas, qui vivent en groupe, peuvent s’enfuir en piquant des sprints avec des bonds de 2m50 de hauteur et 9 mètres de long ! Les grands troupeaux (jusqu’à 200 têtes) sont formés de femelles et de jeunes Les mâles eux établissent des territoires englobant plusieurs femelles et tentent de les maintenir en place. Dépendants de l’eau pour vivre, on le les trouve jamais très loin d’un point d’eau et ils s’engagent dans des migrations saisonnières.

Aepyceros melampus
Aepyceros melampus

Grand koudou (Tragelaphus strepsiceros). Cette immense antilope peut atteindre chez le mâle plus de 1 mètre 50 de hauteur, et peut donc profiter de cette grande taille pour accéder à de hautes branches dans les acacias ou autres arbres de la savane. Elle n’est dépassée en cela que par les girafes. Le grand koudou est souvent inféodé aux savanes parsemées de collines rocailleuses. Comme chez beaucoup d’antilopes, plus les cornes du mâle sont grandes et spiralées et plus son influence dans un groupe est importante. Les koudous sont relativement sédentaires mais ont besoin d’eau très fréquemment et sont parfois amenés (surtout en Namibie où l’eau est rare) à effectuer des migrations très longues à la recherche d’une mare. Ils viennent boire tôt le matin ou au coucher du soleil et restent au repos à l’abri durant la journée. 
Lions, léopards et lycaons sont leurs trois principaux prédateurs (le guépard est trop petit pour lutter contre un koudou mâle et se reportera plutôt vers les jeunes ou les femelles). Un koudou n’étant pas très rapide à la course, il essaiera d’échapper au regard de ses ennemis en se réfugiant dans des rochers ou des terrains difficiles. Abusivement chassé, il nécessite un aménagement de conservation. Il bénéficie en revanche, parfois, de l’Homme en allant boire à des points d’eau artificiels, colonisant ainsi des espaces qu’ils n’auraient jamais pu habiter autrement.
Tragelaphus strepsiceros
Grand koudou (Tragelaphus strepsiceros)
Canis mesomelas
Chacal à chabraque (Canis mesomelas) patrouillant au coucher du soleil. Cette espèce de chacal habite deux larges régions distinctes d’Afrique : une au Kenya, et l’autre en Afrique australe, pourtant séparée de 900 kilomètres. Le chacal à chabraque serait, d’après les scientifiques qui ont étudié bon nombre de fossiles, le plus ancien représentant du genre Canis. Son nom anglais « chacal à dos noir » suggère bien sa caractéristique la plus aisément reconnaissable… Le poitrail quant à lui est couleur crème et le reste du corps roussâtre. Les spécimens dans le sud de leur aire de répartition tendent à être un peu plus grands que leurs confrères du nord, avec un poids de 11 à 12 kilos pour une hauteur de 40 cm. Les chacals à chabraque vivent en paire pour la vie, même si on les trouve aussi chassant en groupe lorsqu’il s’agit d’attraper des proies plus imposantes, comme les impalas. Ils sont actifs surtout la nuit, même si comme ce fut le cas ce jour-là on peut les voir patrouiller en plein jour. Très territoriaux, chaque couple occupe un espace précis. Leurs prédateurs, hormis l’homme qui le tue pour sa fourrure ou pour se venger de certaines tueries dans les troupeaux, sont les léopards. Les chacals se nourrissent un peu de tout, ils errent aussi autour des campements humains.

Une Hyène tachetée (Crocuta crocuta) surgit de la végétation et traverse devant nous. C’est la plus grande des quatre espèces de hyènes. Très opportuniste, elle se retrouve dans des milieux extrêmement variés, des savanes arides aux pentes froides de montagnes. Tout le monde a déjà entendu les vocalisations des hyènes, rappelant des rires humains. On a souvent une fausse image d’une hyène ne se nourrissant que de charognes, mais c’est inexact : elle tire la très grande majorité de ses aliments de proies vivantes qu’elle a chassées. 
Un bien curieux mammifère... Maintenant, une particularité unique chez la femelle hyène : elle possède un clitoris en forme de phallus, capable d’érection, par lequel elle urine, copule, et donne la vie ! Il est donc difficile dans la nature de distinguer mâle et femelle, et surtout, une femelle ne peut être soumise par la force : elle choisit donc entièrement son mâle ! Autre record (décidément la hyène tachetée figure en bonne place dans le guiness…) : le lait de la mère est le plus riche de tous les carnivores de la planète ! Ils peuvent donc, contrairement aux lions par exemple, quitter leur progéniture durant une semaine sans problème…
Les Hyènes ont une organisation sociale très complexe, similaire à certaines espèces de singes. De nombreux clans existent, avec un nombre incroyable de relations. Les territoires sont marqués par l’urine ou d’autres sécrétions. Un groupe (pouvant aller jusqu’à une centaine d’individus) est mené par une femelle : c’est donc une société matriarcale. Les mâles arrivent tout en bas de l’échelle sociale, bien après les petits. Ils sont d’ailleurs plus petits que les femelles et généralement moins agressifs. La femelle choisit aussi des mâles calmes, non violents, à l’extérieur du clan. Se basant essentiellement sur la vue, les hyènes chassent donc plus qu’elles ne vivent de cadavres. Les proies moyennes sont les plus courantes : zèbres et gnous. Ils fatiguent leurs victimes en courant sur de longues distances. Elles ont peu de prédateurs, car elles peuvent même attaquer des lions qui leur disputeraient les mêmes proies !
Son poids moyen est de 45 kilos pour une hauteur de 75 cm. Le museau est noir, le cou puissamment musclé. Les pattes avant sont plus musclées que les pattes arrière, donnant à la hyène sa démarche si particulière. C’est un animal très endurant, fait pour les longues poursuites : son grand coeur peut lui permettre de trotter à 10 km/h sans se fatiguer ! Elles peuvent tenir les 50 km/h sur 3 kilomètres ! Excellentes nageuses, ce sont donc des prédateurs redoutables, d’autant qu’elles possèdent une mâchoire très impressionnante, considérée comme l’une des plus puissantes du règne animal : une hyène peut briser un os d’éléphant sans problème.
Crocuta crocuta
Hyène tachetée (Crocuta crocuta)

A la périphérie de la cuvette d’Etosha, une grande savane s’étire (photo ci­-dessous). C’est le domaine favori du Lion (Panthera leo) . Deuxième félin après le tigre, le lion est sans conteste une vision magique de l’Afrique. Celui-ci était loin de notre véhicule, près d’un large point d’eau, mais peu importe, c’est vraiment un moment durant lequel le coeur s’emballe ! C’est le seul gros chat à avoir un fort dimorphisme sexuel : mâle et femelle sont franchement différents. Ceci est un résultat des rôles variés qu’ont les deux sexes dans les tâches quotidiennes. La femelle, par exemple, qui chasse, n’a pas de crinière, ce qui serait un inconvénient et une gêne pour son camouflage lorsqu’elle guette les proies. C’est bien évidemment un mâle sur la photo de droite. La crinière est un moyen de paraître plus gros, et donc d’intimider plus facilement. C’est aussi un isolant efficace. 


Panthera leo

Nous avons vu plus haut que ce sont les femelles qui se chargent de la chasse, même si des mâles peuvent arriver à la fin pour porter le coup de grâce. La nourriture est partagée, mangée sur place pour de petites proies ou ramenée pour les plus grosses. Ces proies sont très variées, mais des statistiques montrent que les gnous arrivent en tête, suivis par les zèbres. La coopération lors des parties de chasse est de rigueur puisque les attaques ont la plupart du temps lieu en terrain ouvert. Leurs seuls prédateurs sont : les Hommes, comme toujours, et… les lions ! Car de nombreux décès sont dus à des attaques inter-spécifiques pour conserver un territoire, s’attirer les faveurs d’une femelle… 
La journée du lion, comme tous les félins, est essentiellement passée à dormir : 20 heures ! Puis trois heures pour marcher et chasser, une pour manger. La chasse se déroule la nuit, lors de périodes de regroupements sociaux. Les groupes de lions ont deux grandes organisations : les sédentaires et les nomades. Les sédentaires se regroupent autour de quelques femelles avec des jeunes et un ou deux mâles. Les nomades sont souvent des couples de lions, mâles, ayant été exclus d’un groupe sédentaire. Ils parcourent de grandes distances.

 Point d’eau d’Okaukuejo au coucher du soleil, et d’Halali en pleine journée.

Lléphant d’Afrique (Loxodonta africana) ! Plus gros mammifère terrestre, ce mastodonte pèse de 6 à 9 tonnes pour une hauteur de 3 à 3,5 mètres ! Il peut en course atteindre les 40 km/h, ce qui est remarquable pour un animal de cette taille ; son allure au pas est de 6 km/h. L’éléphant d’Afrique se caractérise par sa large tête, ses grandes oreilles couvrant les épaules et favorisant les échanges de chaleur (c’est très pratique pour en perdre quand il fait trop chaud), une trompe musculeuse, issue de la fusion et de l’élongation du nez et de la lèvre supérieure, et des défenses, présentes chez le mâle comme chez la femelle, bien que plus souvent développées chez le premier. Il est protégé par une peau épaisse parsemée de poils.

Loxodonta africana
éléphant d’Afrique (Loxodonta africana)

Les éléphants sont herbivores, mais leur alimentation va bien entendu dépendre de leur milieu de vie : certains vivent en forêt, d’autres dans des semi­-déserts… Quatre grosses molaires de 30 cm de long leur permettent de broyer ces plantes. Elles sont remplacées une fois usées, mais un nombre de fois limité, si bien que les vieux individus meurent de faim le plus souvent et non de vieillesse. Ils peuvent parfois faire de gros ravages dans les arbres, les mettant à terre : chaque éléphant consomme en moyenne 225 kilos de végétaux par jour !


Loxodonta africana
Loxodonta africana

Ce sont des animaux très intelligents, avec un cerveau de grande taille. Ils vivent dans des sociétés matriarcales, emmenées, donc, par la femelle la plus âgée, accompagnée d’autres femelles et de jeunes. Éventuellement un jeune mâle peut les suivre, mais quittera vite le groupe en grandissant pour rejoindre un groupe de même sexe. Ils n’ont pas de prédateurs, mais des lions peuvent attaquer des individus affaiblis.
Terminons en tordant le cou à une idée très répandue sur les supposés « cimetières d’éléphants », où les animaux se rendraient pour mourir. En réalité, leurs molaires affaiblies, les vieux individus sont poussés vers des endroits où la nourriture est plus facile à assimiler et meurent donc dans les mêmes parages.
Loxodonta africana
éléphant d’Afrique (Loxodonta africana)

Du côté des oiseaux…

Tockus leucomelas
Calao leucomèle (Tockus leucomelas). Il s’agit ainsi d’un individu mâle qui s’était perché au-dessus de notre tente. Les mâles possèdent un « casque » qui surplombe le fort bec jaune. Autour de l’oeil, il y a absence de plumes et la peau est rougeâtre. Ils se nourrissent, comme beaucoup d’autres calaos, au sol, à la recherche d’insectes, de scorpions ou d’araignées. Le Calao leucomèle est très fréquent dans cette partie de l’Afrique.


Calao leucomèle Tockus leucomelas
Messager sagittaire (Sagittarius serpentarius)
Messager sagittaire Sagittarius serpentarius 
rollier à longs brins Coracias caudatus
Tchagra à tête noire – Tchagra senegalus
Tchagra à tête noire Tchagra senegalus
Courvite à double collier – Rhinoptilus africanus
Courvite à double collier  Rhinoptilus africanus
Autour chanteur – Melierax canorus
Autour chanteur  Melierax canorus
Pintade de Numidie – Numida meleagris
Pintade de Numidie  Numida meleagris
Outarde à miroir blanc (Eupodotis afraoides)
Outarde à miroir blanc Eupodotis afraoides


Ardeotis kori
Outarde kori – Ardeotis kori. Avec ses 110 cm de longueur, ses 90 de hauteur et ses 20 kilos, cet immense oiseau détient un record : c’est le plus lourd oiseau au monde à pouvoir voler ! La parade nuptiale du mâle est spectaculaire et il attire plusieurs femelles avec lesquelles il va s’accoupler.

Etosha, c’est aussi la nuit autour des points d’eau… et c’est alors un ballet bien huilé, réglé, avec toutes les espèces de la savane qui s’observent, attendent leur tour… Un des moments les plus magiques du voyage africain… On se demande sans cesse qui va surgir à pas feutrés de la nuit d’encre pour poser ses sabots dans l’eau tant désirée…

zèbres au point d’eau


on se bouscule pour accéder au Graal

Parlons ici des Rhinocéros noirs (Diceros bicornis), car nous n’en reverrons plus ensuite, ou alors très furtivement à deux reprises sans avoir le temps d’en prendre en photo. Car les noirs sont beaucoup plus farouches et agressifs que les blancs, dont on reparlera lors de la visite des Matopos au Zimbabwe. Ils se distinguent de leur cousin le blanc non par la couleur mais par la forme de la bouche, la leur étant très étroite et ressemblant un peu à celle d’un perroquet. Un mâle adulte peut peser jusqu’à plus d’une tonne et demie. La double corne (exceptionnellement triple) leur sert à se défendre, à intimider l’adversaire ou à creuser dans le sol. Beaucoup plus petits également que le blanc, leur lèvre supérieure pointue leur sert comme un doigt à attraper les feuilles et les branches. (les blancs ont les lèvres « carrées » pour brouter l’herbe). 
La pauvreté de leur vue est légendaire et réelle, et ils ne comptent quasiment que sur l’odorat, très développé, et l’ouïe. D’ailleurs les oreilles sont très grandes et montées sur pivots comme des satellites. Très rapides (plus de 50 km/h), ils chargent très souvent et sont donc dangereux, car encore une fois, leur vue est exécrable. On a même vu parfois des rhinos noirs charger une termitière ou un tronc d’arbre. Nous mêmes en avons fait l’expérience dans notre camion 4X4 puisque nous avons surpris un rhino qui nous a chargé avant de s’apercevoir au dernier moment qu’il s’agissait d’une proie plus grosse que lui, et donc de détaler en faisant demi-tour…
Diceros bicornis
 Rhinocéros noir (Diceros bicornis)

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