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Indonésie - Sumatra : Siberut, au pays des hommes-fleurs


Siberut, une centaine de kilomètres au large de la côte ouest de la grande île de Sumatra, est l’île la plus au nord de l’archipel des Mentawai. C’est aussi la plus grande avec ses 100 km de long sur 40 km de large. Cet archipel est isolé par une barrière océanique depuis plus d’un million d’années et présente donc une faune et une flore uniques en son genre. Les primates en particulier, avec pas moins de 4 espèces endémiques, pourraient bien être des représentants ancestraux des primates plus modernes que l’on trouve ailleurs. Isolé après une remontée des océans au Pléistocène, il s’agit d’un laboratoire extraordinaire pour l’étude des mécanismes évolutifs, et plus particulièrement ce que l’on appelle l’endémisme (fait de ne trouver une espèce qu’à un endroit particulier dans le monde).

Le chef du village ‘Mister Cookie’ teste son arc qu’il vient de doter de nouvelles flèches empoisonnées.

Siberut, c’est aussi le centre d’une culture originale, celle des hommes­-fleurs, arrivés il y a plus de trois mille ans en pirogues. Ces gens vivent en totale harmonie avec la nature et la forêt qui les entourent, puisqu’ils n’en prélèvent que le strict nécessaire pour pouvoir se nourrir ou s’habiller. Ce profond respect et cet animisme qui voit en chacun des arbres un être vivant est en totale opposition avec l’obstination des promoteurs et hommes d’affaires qui eux ne voient en la forêt qu’un immense territoire à raser pour planter des palmiers. Les hommes­-fleurs, qui ne subsistent plus que dans deux ou trois vallées du sud, voient donc de jour en jour leur territoire s’amenuiser et les pressions gouvernementales augmenter. Espérons qu’ils sauront faire valoir l’importance de leur culture si traditionnelle et que longtemps encore la forêt de Siberut résonnera de leurs rires et chants.

La marche d’approche

Mais revenons au début. Siberut, c’est à 100 bornes au large de la ville de Padang, une grande cité de Sumatra. Le bateau qui va nous faire faire la traversée vaut le coup d’œil, tout en bois, avec ses hublots ronds sans vitre, son rez­-de­-chaussée comportant une centaine de personnes avec leur attirail, poules, chèvres, gros sacs de légumes etc… Nous sommes arrivés en avance au port de Padang parce que le guide nous avait prévenus : « il partira entre 18 heures et 22 heures, mais on ne peut pas savoir l’heure exacte car il faut que le niveau de la mer soit bon et pas trop bas … » Ouais, une marée quoi ! La traversée dure toute la nuit et nous sommes pas mal secoués malgré une mer calme. 

A Siberut, nous avions été prévenus : c’est sans arrêt de la boue, de la boue et encore de la boue. Jamais un seul centimètre carré de sec. Notre guide Moly, qui nous accompagne depuis Bukittinggi, avait pourtant dit : « 60 % de bon terrain, 40 % de boue ». En fait ce qu’il appelle bon terrain, c’est lorsque les villageois ont placé sur le sol une succession de rondins en bois pour faire de l’équilibre dessus et éviter de s’enfoncer dans la boue jusqu’aux mollets … Mais bien sûr, tout est question de cet équilibre : si l’on se débrouille bien, on peut ne presque jamais glisser hors du rondin et effectivement on aura eu nos 60 % de « bon terrain ». Mais le plus souvent le pied dévisse et une fois trempé ça glisse de plus en plus, c’est l’engrenage…. Et bien vite nous atteignons des pourcentages de bon terrain TRES réduits …


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1 - la pirogue au départ de Muarasiberut
2 - dans la boue de Siberut …

L’arrivée sur Siberut se fait au minuscule village de Muarasiberut. On y achète quelques denrées et des cigarettes pour les hommes­-fleurs. Du village, il faut encore compter deux heures de pirogue à moteur pour remonter une des rivières principales et atteindre un autre village, puis une heure de marche en jungle pour arriver à Rorogot, première Uma au programme. L’île est encore largement recouverte de forêt primaire et les deux heures de bateau sont plutôt agréables. Le fleuve charrie de gros morceaux de bois dans ses eaux boueuses. De nombreuses espèces de palmiers et des épiphytes défilent sur le bord.

L’heure de marche, elle, met tout de suite dans l’ambiance : ça ressemble plus à un marigot qu’à autre chose, les pieds sont aspirés dans les flaques de boue et les bâtons se révèlent indispensables pour s’équilibrer un tant soit peu. Les pieds ne connaîtront plus que rarement en huit jours des coins secs, et nous sommes heureux d’avoir pensé à nous munir d’une bonne paire de guêtres. Fort heureusement, les sangsues n’ont pas élu domicile sur Siberut, et ce n’est pas une mince affaire.


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1 - Julien en sueur (ce n’est pas la pluie !) entre Rorogot et Butui.
2 - Vers Butui, marche dans le lit d’un ruisseau, vive les Gore Tex !

Mais pourquoi tant d’eau et de boue ?? En fait, nous sommes en période « sèche », c’est-à-dire qu’il ne pleut « que » tous les après-midi, de violents orages tropicaux, mais pas toute la journée. Durant la saison humide nous apprend Moly, c’est autre chose !! Les rivières débordent très vite et le sous bois est entièrement noyé sous un mètre d’eau ! Les habitants des villages se promènent en bateau … C’est pour cette raison d’ailleurs que leurs maisons, comme on le verra tout à l’heure, sont surélevées et mises sur pilotis. Tous les animaux fuient les endroits inondés pour se mettre à l’abri sur les collines environnantes. Pas étonnant dès lors de voir ce sol sans arrêt détrempé et boueux. Finalement on s’en sort même bien, ça aurait pu être pire …


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1 et 2 - Notre seule plante carnivore croisée en Indonésie, mais celle-ci est superbe ! Il s’agit de Nepenthes ampullaria, qui forme des urnes serrées les unes aux autres. Les nepenthes se trouvent en Asie, et ont toutes en commun ces urnes remplies d’un liquide pour piéger et digérer les insectes. Ce sont des plantes qui se plaisent sur des sols pauvres, acides, avec par conséquent la nécessité absolue pour elles de trouver le moyen d’attirer les insectes pour compléter leurs repas.


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1 et 2 - Passage à gué d’une rivière. Pour les plus petits ruisseaux les habitants ont jeté par-­dessus des troncs afin de les franchir. Ici il faut y aller à pied, on retire les chaussures et on traverse. Les berges sont de part et d’autre très boueuses. Il n’existe quasiment plus de crocodiles de rivières sur Sumatra, éliminés par l’Homme.

3 - Le côté ludique de la progression sur Siberut : les passages de ruisseaux. La quasi totalité du parcours se fait sur des troncs d’arbres glissants, et durant les moments où l’on doit passer les fossés, il est sage de faire très attention au risque de se retrouver trempé et à devoir ensuite s’extirper de la boue. Le pauvre italien qui nous accompagnait avait la fâcheuse habitude de tomber à chaque passage de rondins, et au premier appareil photo bousillé il a préféré passer par le bas, quitte à devoir se battre avec les boues collantes.

Jolie cascade à une heure de marche du village de Sakalio. Baignade méritée pour Julien. Il n’y pas une seule sangsue sur Siberut, et c’est pas plus mal ! 

De bien jolis insectes … Libellules et papillons pullulent en Indonésie. C’est la première fois que j’observe une libellule entièrement rouge. J’ai passé une bonne demi­-heure accroupi au-dessus d’une flaque boueuse pour réussir à la prendre. Le papillon, lui, a été pris sur le bord d’une rivière aux eaux très claires, à Butui. L’île de Siberut possède un fort taux d’endémisme, mais nous n’avons malheureusement pas pu observer grand chose, car toute la partie où évoluent les hommes-­fleurs se trouve dans une forêt dont le sol est recouvert six mois de l’année par les eaux, et les mammifères n’aiment pas trop ces genres de forêts. Les oiseaux, aussi, étaient très peu nombreux. Nous avons passé un nombre incroyable d’heures à sillonner les alentours des villages. Mais une fois passée la toute première heure de jour, les oiseaux se planquent, il fait trop chaud, et il faut attendre la toute dernière heure de la journée pour espérer en voir un peu plus … Le seul oiseau endémique de l’île de Siberut est un hibou, le petit-duc des Mentawaï. Nous l’avons entendu chaque nuit mais jamais nous n’avons pu le voir.



Neurothemis terminata, une splendide libellule que nous avons pu longuement observer. 

Chez Mister Cookie à l’uma de Rorogot

Nous arrivons dans notre premier village à la fin de la première journée. Village est un bien grand nom d’ailleurs puisqu’une famille mentawaïenne vit dans un ensemble de deux à trois cabanes. La maison principale, celle où tout le monde se retrouve, se réunit et discute, celle où les invités sont reçus, s’appelle l’UMA. C’est la maison traditionnelle, construite selon un plan d’organisation bien précis. Elle est présente dans tout village des hommes­-fleurs. Intégralement en bois, elle est habitée par plusieurs familles parfois et se compose toujours de trois pièces : ­ la salle des hôtes (des gens d’autres clans qui viennent leur rendre visite, ou bien en l’occurrence aujourd’hui nous) ­ ; au milieu, la salle du chef ­ ; au fond la cuisine et les couchettes des femmes.

On aura donc tout de suite remarqué qu’hommes et femmes n’ont pas la possibilité de dormir ensemble ! Après tout mariage, la nuit de noce doit avoir lieu en dehors de l’Uma, qui est la maison collective, appartenant au chef du village. Les nouveaux époux doivent donc aller trouver un peu d’intimité dans la forêt ou bien dans une autre petite maison du village. Et ils doivent se méfier des petits curieux qui les suivent pour surprendre leurs ébats : prendre avec soi un chien de garde pour avertir des éventuelles intrusions peut-être utile … 

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1 - Vue de l’Uma de Rorogot, de taille modeste, mais appliquant à la lettre les règles de construction et d’organisation de toute uma. On remarque bien que la maison est élevée, ce qui empêche les bestioles de rentrer mais c’est aussi indispensable en période d’inondations. La première partie est ajourée et donne accès à la pièce des invités. Une planche taillée fait toujours office d’escalier. A l’arrière plan on distingue bien la pièce principale, plus large. Le sol qui entoure l’uma est toujours humide, gorgé de boue ; les cochons passent leur temps au soleil à cet endroit, et, durant les fortes pluies de fin de journée, se réfugient sous la maison. Le toit en végétaux ne laisse absolument pas passer une goutte de pluie.

2 - Décoration de la pièce principale. Sous le gong, représentation d’un singe pour donner des pouvoirs lors des chasses ultérieures. Les traces de mains et de pieds sont celles des défunts de la famille, afin que tout le monde se souvienne d’eux. Les dates sont généralement indiquées (on distingue un numéro 29 en bas de la photo).

Julien au milieu des habitants de l’uma, le chef à gauche, surnommé Mister Cookie, car il cuisine bien, et son fils à droite. Il leur montre des dessins d’oiseaux que l’on trouve dans la forêt, et aussitôt les locaux sont en mesure d’imiter le cri et de dire s’il y en a beaucoup dans le coin. Les hommes fleurs fument sans arrêt, dès leur plus jeune âge, hommes comme femmes. Notre guide nous dit qu’il n’a jamais vu, en 20 ans, un seul mentawaïen ne pas fumer ! Du matin au soir il a la cigarette au bec. La plupart du temps ils fument une sorte de patate douce, le bulbe d’une plante sauvage du genre Alaucasia.

Décoration traditionnelle que l’on trouve dans toute uma, constituée d’un chapelet de crânes de singes. Le singe est chassé par les hommes fleurs pour la viande (nous verrons plus loin comment ils utilisent le poison naturel des arbres pour enduire leurs flèches). Chaque singe tué est ensuite dépouillé et le crâne, nettoyé, sera placé bien en vue à côté de tous les autres. Cette coutume est censée apporter chance et bonne fortune pour les futures parties de chasse. En effet, même mort, tout animal est respecté et les hommes fleurs veulent conserver quelque part l’âme de la victime. Dans la pièce principale on trouve aussi souvent de nombreux crânes d’oiseaux, et plus particulièrement ceux de calaos, sortes de toucans que l’on trouve en Asie. Les singes chassés sont des macaques ou des gibbons. 

Voici maintenant quelques membres de la famille de l’Uma de Rorogot. Les enfants sont élevés à l’école de la Nature ! Ils sont toute la journée dehors, pieds nus, à se baigner dans les rivières. Dès leur plus jeune âge ils connaissent déjà bien toutes les bestioles qui habitent la jungle. Pas d’école pour les gamins des hommes fleurs, l’écriture étant d’ailleurs un mot inconnu pour eux, toutes les informations circulant de manière ancestrale de bouche à oreille. Pour les villages qui ont perdu une partie de leur culture et qui ont été petit à petit assimilés par le gouvernement indonésien, des écoles ont été construites pour les plus jeunes. De plus en plus la modernité rattrape les hommes fleurs et les jeunes, attirés par ce monde nouveau, ne veulent plus d’une vie comme leurs parents et partent vers Sumatra et ses grandes villes.





Les femmes, dans la cuisine, préparent le plat principal de l’alimentation mentawaï : le sagou, sorte de farine extraite d’un palmier que l’on trouve partout dans la jungle, le sagoutier. Les hommes fleurs en raclent le tronc quotidiennement et les extraits arrachés à l’arbre sont trempés dans l’eau, puis piétinés longuement afin d’enlever les dernières fibres végétales. A l’issue de ce premier travail, on obtient une pâte qui donnera la farine, ou sagou, proprement dite, une fois séchée. La femme que l’on voit sur le cliché est en train d’envelopper le sagou obtenu dans des feuilles de palmier, ce qui permettra de le conserver assez longtemps.

Tout le monde mange le sagou : les hommes bien entendu, mais aussi porcs et poules ! Il n’existe qu’une seule petite différence : les hommes le cuisent au feu de bois avant de le manger, tandis que les animaux se servent directement au tronc du sagoutier … et c’est ainsi que l’on voit les porcs s’acharner à dépecer le rondin tandis qu’à deux mètres des poules et poulets se battent pour picorer… Les hommes fleurs mangent aussi des fruits et beaucoup de taros (patate douce), et des larves crues ou cuites qu’ils récupèrent dans certains troncs. Pour les grandes occasions, le repas se transforme en festin avec, si la chasse a été bonne (c’est à dire si les esprits de la forêt l’ont bien voulu), des singes ou des sangliers.

 
uma de Sakalio, la plus grande et la plus ancienne de Siberut

Mais revenons un peu tout d’abord sur ce chef de Rorogot : Mister Cookie n’est pas un membre de la famille comme les autres, il a un statut particulier, c’est un « sikerei ». Le plus âgé de la maison, il est aussi le chef et le médecin traditionnel, ou chamane. Il est le seul à pouvoir communiquer avec les esprits, les âmes et les ancêtres. Ainsi, si quelqu’un est malade dans sa maison, c’est que nécessairement une force maléfique a pris possession de son corps. Le « sikerei », ou homme-médecin, doit connaître tous les chants et les prières, et, bien entendu, toutes les plantes médicinales qui peuvent sauver le malade. Dès son plus jeune âge, il sait qu’il est destiné à devenir sikerei et son père l’emmène avec lui lors de ses sorties en forêt. Le sikerei doit aussi, afin de devenir chef, fabriquer des centaines de vêtements en écorce pour montrer son aptitude au travail. Le chamane a une caractéristique : son corps est entièrement tatoué. Le tatouage a bien évidemment aussi, comme chez beaucoup d’autres peuples, un but décoratif : pour que l’âme reste toujours avec le corps, ce dernier doit être le plus beau possible, et tout homme ou femme, lors du passage de l’enfance à l’adolescence, doit se tatouer. Tout corps non tatoué est incomplet et l'âme sera mécontente. Le « sikerei » a néanmoins des tatouages particuliers que les autres n’ont pas, constitués de points et de lignes sur tout le corps. Les dents des hommes fleurs, aussi, sont taillées en pointe dès le plus jeune âge, toujours pour cultiver la beauté.

 La fabrication des vêtements

Les hommes fleurs utilisent la forêt pour se nourrir, comme nous venons de le voir, mais aussi pour se vêtir. Les femmes comme les hommes utilisent les végétaux pour se couvrir une partie du corps. Mister Cookie, de l’uma de Rorogot, nous a montré comment il fabriquait les vêtements en écorce qui servent à enrouler la taille et le sexe.


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1 - Mister Cookie, cigarette au bec, tranquille… , coupe un arbre qui fournira la précieuse écorce.
2 - L'arbre à terre, il faut lui en retirer l’écorce.
3 - récupération de l’écorce
4 - Toute l’application, mais en même temps toute la décontraction, se lit sur le visage.

Une fois l’écorce récupérée, il faut la rendre souple pour qu’elle puisse servir de vêtement. Pour cela il faut rejoindre la rivière et taper longuement dessus tout en la trempant dans l’eau. C’est souvent pendant les 10 jours que nous entendions la forêt résonner des lourds coups donnés sur les écorces.

Même les enfants aident tout en piquant une tête dans la rivière … mais le grand-père les a houspillés plus d’une fois car les gamins abîmaient plus qu’autre chose les précieuses écorces.


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1 - Une fois les vêtements finis, on peut ou bien les laisser avec leur couleur d’origine, ou bien préférer une autre couleur. Chaque village en fait a sa couleur propre, et tous les membres du même village utilisent la même. Les deux photos ici ont été prises au village de Butui. Ici, les hommes utilisent un colorant naturel végétal et trempent les écorces pendant une bonne heure, tout en chauffant le tout, afin de les teindre. On voit bien le résultat obtenu avec le pagne rouge qui entoure la taille de l’homme. Bon Julien et moi on a bien essayé ces écorces mais … ça gratte horriblement !!

2 - Dernière étape une fois coloré : le séchage, au soleil, au bord de la rivière.

Une cérémonie haute en couleurs à Butui

Nous sommes arrivés au village de Butui après une journée de marche harassante dans la forêt, entre boue et chaleur. Une surprise nous y attend : l’intronisation du nouveau chamane du village. Et à cette occasion, les hommes­-fleurs font un repas à la hauteur de l’événement en tuant un cochon. Les habitants des villages voisins sont également conviés à la fête. Seuls les chamanes ne peuvent y venir, c’est la règle (dommage pour eux …).


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1 et 2 - le cochon est égorgé puis vidé de ses entrailles
3 - deux gamins du village de Butui
4 - le nouveau maître des lieux à Butui
5 et 6 - le cochon est brûlé pour en retirer plus facilement les poils

le porc est cuit au feu de bois

un homme arrache les ongles du cochon avec la bouche tandis que les chiens sont à la recherche du sang


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1 - Le cochon est enfin coupé en morceaux, et en autant de parts qu’il y a de familles.
2 - Conditionnement du sagou dans la cuisine.
3 - Membres de la famille de Butui.

La fabrication du poison

La majeure partie du temps, l’occupation principale des hommes de Siberut est de trouver de la nourriture. Deux activités sont donc primordiales : la pêche et la chasse. Ce sont les femmes qui se chargent de la pêche en rivière, avec des nasses qu’elles agitent dans le courant. Quelques crustacés d’eau douce peuvent aussi agrémenter les repas. Les hommes, eux, sont en charge des parties de chasse. Et la chasse, quelle qu’elle soit, ne peut se faire sans l’arc et sans les flèches. Depuis des temps ancestraux les hommes fleurs savent tirer partie des plantes toxiques de leur environnement pour enduire leurs flèches d’un poison très violent. Les sikerei, chamanes, se doivent de perpétrer les secrets de fabrication de père en fils. Mister Cookie a bien voulu nous montrer comment il fabriquait son poison et avec quelle minutie il en enduisait ses flèches, avant de les faire sécher et les ranger dans le carquois.


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1 - Mister Cookie en plein travail, justifiant ce matin là le surnom que l’on donne aux habitants de Siberut : les Hommes fleurs.

2 - Fabrication du poison, qui est un mélange de plusieurs ingrédients : sève de l’arbre à poison bien sûr, avec aussi des pigments.
3 - On voit bien les deux sortes de flèches utilisées pour la chasse : celles pour les singes à gauche, celles pour les porcs à droite.
4 - Une fois les flèches enduites de poison et séchées, il faut les ranger dans le carquois, chacune à leur place, pour ne pas perdre de temps lors de la prochaine partie de chasse.
5 - Mister Cookie et son arc, tout sourire, personnage tellement attachant !!!

Minutieusement, le poison est déposé sur le bout des flèches. Son effet se dissipera lorsque les animaux tués seront chauffés, devenant inoffensif pour les hommes qui mangeront la viande.

Mister Cookie, un des derniers gardiens des traditions séculaires des hommes fleurs de Siberut, saura-t-il résister aux pressions diverses du gouvernement indonésien, afin que demeure intacte, pour de nombreuses générations futures, la vie en harmonie avec la nature ? Espérons-le, car dans le cas contraire, l’Homme aurait beaucoup à perdre en se privant de telles populations qui ont tant à nous apprendre … 
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Indonésie - Sumatra : Siberut, au pays des hommes-fleurs Indonésie - Sumatra : Siberut, au pays des hommes-fleurs Reviewed by RENOULT on 02 février Rating: 5

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