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Indonésie - Java, le volcan Merapi (2911m)

Java, le volcan Merapi (2911m)


Les volcans sont omniprésents en Indonésie et l’on ne pouvait manquer d’aller rendre visite à certains d’entre eux parmi les plus célèbres au monde. Les seuls noms de Krakatau, Bromo, Tambora, Semeru, Merapi, Kawah Ijen, Galungungg et bien d’autres évoquent explosions et catastrophes humaines qui émaillent régulièrement l’archipel.

des fumerolles au sommet du Merapi, qui a explosé depuis notre visite et donc totalement changé de forme…

On dénombre en effet pas moins de 400 volcans, dont 70 sont toujours en activité, tout au long des 5000 kilomètres que compte le pays. Et parmi les 18000 îles d’Indonésie (oui vous avez bien lu !!) c’est sur Java que l’on en trouve le plus (120). Le plus haut de Java c’est le Semeru, à presque 3700 mètres. « Volcan » se dit « gunung api » en indonésien. Et si la plupart du temps dans l’imaginaire collectif le volcan est symbole de destruction, il est aussi vénéré car ses cendres favorisent grandement la repousse de végétation, rendant le sol très fertile. Mais pourquoi tant de volcans ici, en Indonésie ? En fait, l’archipel repose sur un segment important de la célèbre « ceinture de feu » du Pacifique où deux grandes plaques, celles de l’Océan Indien et du Pacifique occidental, s’enfoncent sous la large plaque eurasienne, où elles commencent à fondre à environ 100 kilomètres de la surface. Une partie de cette roche nouvellement fondue (magma) remonte alors et surgit en formant une ligne de volcans explosifs. En plus de l’activité volcanique, les indonésiens doivent aussi composer avec les tremblements de terre et autres tsunamis. En définitive, très peu d’endroits sont à l’abri d’une catastrophe naturelle dans ce pays, et le tsunami du 26 décembre 2004 au large de Sumatra est venu rappeler douloureusement la réalité de tels phénomènes.
Afin de calmer les ardeurs de ces « cracheurs de feu », les indonésiens ont presque systématiquement associé une divinité, ou un être surnaturel, à un volcan ; les offrandes et les rituels ne sont en effet pas rares sur les pentes de cendre, et les paysans vivant de ces terres fertiles montent régulièrement au sommet. Même encore aujourd’hui chaque éruption provoque chez les habitants les questions rituelles : « pourquoi ? quelle est la cause (humaine) de ce cataclysme ? ». 

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1 -  vue du volcan Merapi du côté nord ; photo prise après l’ascension, depuis le petit village de Selo

2 - cône sommital du Merapi, des éboulis, des éboulis et encore des éboulis ! La montée de nuit s’est déroulée assez vite, le guide marchait dur dur, mais la descente a été déjà beaucoup plus interminable. Au premier plan, on distingue de la végétation dite « pionnière » puisqu’elle part à l’assaut des moindres interstices et fissures dans les rochers. Les fougères et lycopodes sont très à l’aise dans ces terrains difficiles, préparant la venue d’autres espèces.

« Merapi » signifie « lieu de feu » dans la langue indonésienne, le bahasa. Ce volcan est un des plus dangereux au monde, aussi célèbre que le Vésuve en Italie. Dangereux car une grande agglomération s’est installée au pied du monstre : Yogyakarta, la Naples du coin. Cet énorme cône d’éboulis dans un cratère est en activité permanente et ses nuées ardentes ont déjà en de nombreuses reprises envahi le ciel javanais. Certains historiens ont même émis l’hypothèse selon laquelle le Merapi fut responsable durant le 11ème siècle de la mystérieuse évacuation de Borobudur et de la chute du royaume Mataram (voir page Borobudur et Prambanan). Le Merapi est une véritable divinité. Chaque année les habitants grimpent au sommet avec des offrandes pour apaiser son tempérament fougueux. Ses sautes d’humeur ont provoqué la mort de 66 personnes en 1994. Il faut dire qu’il domine une terre habitée par 690 personnes au km². Avec le frangin nous sommes partis du petit village de Selo, au nord du volcan, vers minuit. L’ascension se fait intégralement de nuit afin d’assister au magistral lever de soleil sur la lèvre du cratère.

Vue depuis le sommet du Merapi sur un autre volcan, au nord du village de Selo : le Gunung Merbatu (3142 mètres), au cône parfait. Que l’on a eu froid là-haut, en attendant les premiers rayons du soleil !! On est monté si vite qu’on était au cratère à 3 heures, alors il a fallu s’occuper. Le guide nous a fait descendre de nuit dans le fond du cratère, où l’on pouvait distinguer (je dis bien distinguer) un petit bout de lave incandescente. C’était totalement irrespirable avec tous les gaz et malgré le pull sur la bouche, on a eu la gorge en feu. Puis ce fut plus d’une heure d’attente, scrutant le lever du soleil, dans un froid terrible, mais bien vite la récompense progressive avec les nombreux volcans qui sont sortis des nuages… magique !

Julien au sommet du Merapi, dans une pose très hugolienne…


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1 - deux volcans surgissent de la mer de nuage
2 - vue sur le volcan Merbatu et sa mer de nuages
3 - les fumeroles actives du cratère

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