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France - le Mans, cité des Plantagenêt



Le Mans, capitale de la Sarthe, possède un vieux centre magnifique, autour de la majestueuse cathédrale Saint-Julien. Bon nombre de films ont été tournés sur les pavés lustrés se frayant un chemin parmi les maisons à colombage. Bien au-delà des clichés 24 heures, assurances, et rillettes, le Mans offre donc un bel ensemble médiéval, mais aussi une abbaye qui vaut le détour, celle de l’Epau. Visite au coeur du département boisé de la Sarthe.

dans le déambulatoire de la cathédrale Saint-Julien

Petite histoire de la ville...  La butte où trône la cathédrale a été occupée depuis des millénaires, et on a conservé de cette époque un menhir adossé à un des flancs de Saint-Julien (voir photo plus bas). Les Celtes s’installent alors et donnent leur nom à une tribu : les Cénomans. Ces derniers enverront 5000 hommes à Vercingétorix afin de lutter contre l’avancée des troupes romaines dirigées par Jules César. Devenue romaine, le Mans s’étend et prospère : aqueducs, forum, amphithéâtre, thermes… Les Francs s’en emparent néanmoins, et devront tour à tour déjouer les assauts de nombreux peuples, comme les Vikings. Mais l’épisode le plus marquant de la ville reste celui de la dynastie des Plantagenêt, autour d’Henri II roi d’Angleterre, né dans la ville. Il devra l’abandonner aux capétiens, en la personne de la reine Bérengère, veuve de Richard Coeur de Lion, qui, durant son long séjour au Mans, commandera l’édification de l’abbaye de l’Epau dans laquelle elle fait rentrer des moines cisterciens. Une histoire mouvementée donc, comme bon nombre de villes millénaires !

 la cathédrale Saint-Julien

L'édifice-phare de la ville du Mans est sa cathédrale, somptueux exemple du gothique roman, un des plus beaux édifices de ce genre en France. Il faut la voir dominer de son chevet la place des Jacobins, avec ses hautes gargouilles vous jetant un oeil de travers… Les travaux s’étalèrent du XIème au XVème siècle. On est frappé en pénétrant à l’intérieur par l’immensité de la nef romane et la beauté du choeur gothique. Les vitraux, également, sont exceptionnels.

Au milieu du XIIème siècle, un orage provoque l’incendie de nombreuses demeures au toit de chaume qui entourent la cathédrale : le feu se propage à l’édifice qui est gravement endommagé ; quelques années plus tard, la nef est détruite par un autre incendie !

la cathédrale s’élève au-dessus de la place des Jacobins, avec des nombreux arcs-boutants.

le choeur est gothique et achève les 57 mètres de la nef

La nef est totalement typique de la forme basilique romane, avec des arcades plein-cintre et deux allées latérales l’entourant. Les piliers sont variés et richement décorés, de feuilles d’acanthe ou de figures animales et humaines. Le choeur quant à lui possède un déambulatoire conduisant aux nombreuses chapelles, dont celle des Anges musiciens à la délicate décoration.


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1 - vue de l’extérieur avec arcs-boutants et gargouilles
2 - pied de la tour dominant les pavés de ses 64 mètres d’altitude
3 - portail latéral
4 - l’extérieur illuminé
5 - la riche décoration de la chapelle des Anges musiciens
6 - détail du choeur gothique
7 - transept
8 - la longue nef

La pierre Saint-Julien, le fameux menhir adossé à la cathédrale : cette pièce précieuse atteste de l’occupation ancienne de la colline du Mans à l’époque mégalithique. D’une hauteur de 4,5 mètres, il fut installé là dès le XVIIIème siècle. Il est classé monument historique.

la vieille ville

Appelée la cité Plantagenêt, la vieille ville est insérée dans son enceinte gallo-romaine. Son incroyable homogénéité lui vaut un plébiscite pour le tournage de nombreux films d’époque. Il faut dire qu’on est plongé dans l’ambiance en parcourant les multiples ruelles pavées qui tracent leur chemin parmi les demeures médiévales, ou le plus souvent Renaissance.

ambiance nocturne et médiévale dans les ruelles de la vieille ville aux maisons à colombage

une autre belle demeure avec pilier


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1 - le pilier rouge, maison traditionnelle du vieux Mans
2 - détail du pilier aux clefs

le musée de Tessé

La ville du Mans possède un petit musée d’Art, Tessé, abrité dans un ancien palais épiscopal, non loin de la place des Jacobins. Outre les peintures, dont quelques toiles de maîtres, la visite vaut vraiment le coup d’oeil pour la remarquable reconstitution égyptienne de la demeure d’éternité de Nefertari, épouse de Ramsès II. Le musée est relativement ancien, 1799, mais n’a pas toujours été ici : les collections ont rejoint le palais épiscopal en 1927.

Qui étaient les Tessé ?  Le musée tire son nom de la famille Tessé, une des familles les plus puissantes de la région sous l’Ancien Régime. Le maréchal de Tessé a d’ailleurs fourni lui-même les premiers fonds du Musée, et a également légué une partie de ses oeuvres au Metropolitan de New York ! Les Tessé avaient beaucoup de relations dans la famille des artistes : Paul Scarron ou Madame de Sévigné par exemple. Mozart a même composé une sonate pour la comtesse de Tessé !

une des salles de reconstitution de la demeure d’éternité de Néfertari


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1 - le musée possède plusieurs sarcophages momiformes originaux

Niveau peintures, le musée n’est pas en reste, et je vous invite à flâner dans les diverses pièces ! Les oeuvres s’étalent du XIVème au XXème siècle et permettent de bien saisir les évolutions de la peinture européenne au fil du temps.

Philippe de Champaigne, le sommeil d’Elie


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1 - François Boucher, la mort de Socrate, 1762
2 - John Constable, Malvern Hall, 1821
3 - Corot, étang de Ville d’Avray
4 - Théodore Géricault, portrait d’Olivier Bro, 1818
5 - Philippe de Champaigne, adoration des Mages
6 - Philippe de Champaigne, vanité, 1644
7 - Pietro Lorenzetti, Sainte

église de la Couture

Ancienne abbatiale de l’abbaye Saint-Pierre de la Couture, l’église éponyme, classée monument historique, n’est pas dans la vieille ville mais dans la partie moderne de la ville. Il s’agit d’un bel édifice du XIIème siècle à la façade massive, encadrée de deux tours différentes. Au XIIème siècle, l’église ainsi qu’une grande partie de l’abbaye qui remontaient au Vième sont victimes d’un grave incendie. Les Plantagenêt ordonnent sa reconstruction, avec une vaste nef gothique de 42 mètres de longueur.

La belle façade de Notre-Dame de la Couture avec ses deux tours différentes : elles remontent aux XIIIème siècle et encadrent un vaste porche au superbe portail.

le beau portail richement décoré met en scène un Jugement Dernier ; les trois voussures sont ornées des apôtres

A l’intérieur on est immédiatement saisi par la largeur de la nef, 16 mètres, ainsi que par la taille du choeur. Il ne faut pas manquer de descendre dans la crypte, réalisée en trois travées séparées par des colonnes récupérées de la période gallo-romaine.


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1 - travée de la nef
2 - nef
3 - crypte et ses anciennes colonnes

vue de la belle nef de Notre-Dame de la Couture

abbaye de l’Epau

A quelques kilomètres seulement du Mans, au coeur d’un poumon vert constitué de forêts et de bois, se trouve l’abbaye cistercienne de l’Epau, voulue par la reine Bérengère en 1229. L’édification complète prendra plus d’un siècle, suivant les règles des abbayes cisterciennes. Durant la guerre de cent ans, les manceaux eux-mêmes brûlent l’édifice, ayant peur qu’il ne tombe aux mains des ennemis pour leur servir de garnison. L’église a payé un lourd tribut, mais sera vite reconstruite. Au
XVème siècle, l’ensemble est rénové, mais à la Révolution française l’abbaye servira de hangar agricole ! Les travaux de restauration ont été entrepris dans la deuxième moitié du XXème.

La reine, veuve de Richard Coeur de Lion décédé  d’un tir d’arbalète, se retrouve au Mans, habitant bien contre son gré le palais des Comtes du Maine. Agée de 59 ans, elle décide de la construction d’un hâvre de paix entre ville et campagne, au bord de la rivière Huisne.

Vue d’ensemble de l’abbaye : il ne reste malheureusement rien du cloître d’origine, disparu lors d’un incendie au XIVème siècle.

le fameux gisant de la reine Bérangère : mais est-elle enterrée ici ? rien n’est moins sûr car lors de sa mort, l’abbaye n’était pas encore sortie de terre. La tête de la Reine est sertie d’une couronne et repose sur un oreiller ; à ses pieds, un lion terrasse un lévrier, tandis que ses mains tiennent un livre dont la couverture représente son propre gisant. L’artiste médiéval a utilisé une technique que l’on retrouve dans de nombreux gisants de l’époque, comme celui d’Aliénor d’Aquitaine dans l’abbaye de Fontevrault.

La belle salle capitulaire : chaque matin, avant l’office des Laudes, l’abbé réunissait les moines et toutes les décisions concernant la vie de l’abbaye étaient prises dans cette salle ; l’harmonie architecturale est parfaite, de plan carré, avec neuf travées.


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1 - ancien cloître
2 - clef de voûte de la salle capitulaire avec l’emblème de l’abbaye : l’agneau mystique brandissant l’étendard de la résurrection du Christ
3 - la salle du chauffoir communiquait avec le scriptorium et permettait de chauffer les encres utilisées par les moines ; la monumentale cheminée date du XVème siècle
4 - le sciptorium et ses six travées : c’est ici que les moines copistes recopiaient sous la dictée des manuscrits entiers
5 - le vaste dortoir des moines était situé dans une pièce de 44 mètres de longueur, avec un plafond lambrissé en lattes de châtaignier. A l’une de ses extrémités de trouvait une porte conduisant à l’église abbatiale
6 - l’église abbatiale, en restauration lors de notre passage, possède une nef assez grande
7 - détail d’un tympan de l’église abbatiale
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France - le Mans, cité des Plantagenêt France - le Mans, cité des Plantagenêt Reviewed by RENOULT on 22 janvier Rating: 5

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