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Etats-Unis - New York, l'art en fête au MoMA


Le MoMA (Museum of Modern Art) est un célèbre musée d’art de New York, fondé en 1929, situé dans le quartier de Midtown. C’est le troisième établissement public le plus visité des Etats-Unis. Ses collections sont somptueuses, réparties sur divers niveaux bien agencés. Parmi ces oeuvres des trésors planétaires de Picasso, Gauguin ou Van Gogh, mais le musée laisse également une place à des artistes moins connus. Cette page a pour objectif de présenter de célèbres toiles que l’on peut trouver dans le musée, que vous pouvez picorer à votre guise : au MoMA, vous tomberez toujours sur des oeuvres que vous avez toujours connues sans savoir qu’elles se trouvaient ici !

L’entrée du MoMA et la cour qui contient quelques sculptures : le musée est situé à deux pas de la 5ème avenue, non loin de Central Park

Il faut prendre cette page comme une visite virtuelle et subjective de ce musée, en fonction des toiles qui nous ont marqués ! Après un petit top 8 des stars du MoMA, on se lance dans une brève description de ces toiles que l’on peut y trouver, rangées par ordre alphabétique d’artistes.


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1 - Vincent Van Gogh – nuit étoilée – 1889
2 - Pablo Picasso – les demoiselles d’Avignon – 1907
3 - Henri Rousseau – le rêve – 1910
4 - Henri Matisse – la danse II – 1910
5 - Salvador Dali – persistance de la mémoire – 1929
6 - René Magritte – l’empire des lumières – 1950
7 - Amedeo Modigliani – nu couché – 1919
8 - Andy Warhol – campbell soup cans – 1962

Liste des artistes traités dans cette page : 
BRAQUE Georges, CEZANNE Paul, CHAGALL Marc, DALI Salvador, DE CHIRICO Giorgio, DUCHAMP Marcel, ENSOR James, ERNST Max, GAUGUIN Paul, KAHLO Frida, KANDINSKY Vassily, KLIMT Gustav, LEGER Fernand, LICHTENSTEIN Roy, MAGRITTE René, MALEVITCH Casimir, MATISSE Henri, MIRO Joan, MODIGLIANI Amedeo, MONDRIAN Piet, MONET Claude, MUNCH Edvard, PICASSO Pablo, POLLOCK Jackson, ROUSSEAU Henri, SEURAT Georges, VAN GOGH Vincent, WARHOL Andy.

George BRAQUE (18821963)

George Braque – hommage à Jean-Sébastien Bach – 1912. Dans un style cubiste analytique, que Braque travaillait depuis plusieurs années avec son ami Picasso, le peintre offre un hommage au célèbre musicien. La palette de couleurs est réduite au bronze et au gris, et, noyé dans les formes géométriques, on voit apparaître un violon éclaté. Braque avait une solide formation de musique classique.

Paul CEZANNE (1839-1906)

Paul Cézanne – Château noir – 1903. Après son installation à Aix en 1899, Cézanne se plait à peindre de nombreux paysages de Provence, comme cet édifice néo-gothique récemment construit à proximité de la montagne Sainte-Victoire, un autre de ses sujets de prédilection. On remarque les grands aplats de couleurs, typiques de sa fin de carrière.

Paul Cézanne – le baigneur – 1885. Cette belle toile met en scène un jeune baigneur pensif, les bras sur les hanches, aucunement mis en valeur par le peintre : il n’est pas musclé, maigre, et la posture semble maladroite. Plaçant son modèle devant un paysage désertique, Cézanne se démarque nettement de la tradition du nu héritée de la Renaissance et repense le genre, en lien direct avec les découvertes des impressionnistes.

Paul Cézanne – nature morte avec pot de gingembre – 1902.

Paul Cézanne – nature morte aux pommes – 1895. Cézanne dans ses natures mortes ne veut pas copier la nature, il joue sur les couleurs et les ombres ; ainsi les bords des fruits ne sont pas bien définis, ils sont changeants. Les règles de la perspective sont brisées : le coin droit de la table bascule vers l’avant et n’est pas aligné avec le reste.

Paul Cézanne – pins et rochers – 1897. Contrairement à la plupart des toiles de paysages de Cézanne qui s’ouvrent sur un vaste espace ouvert de montagnes et de collines, cette vue est comprimée, resserrée, étouffante presque. Les rochers forment un rempart contre la forêt, les pins s’élèvent en obscurcissant le ciel. Cézanne applique ici ce qu’il appelait « vibrations de la lumière » : en prenant du recul, les rapides et amples coups de pinceaux deviennent un beau bosquet parfaitement travaillé.

Marc CHAGALL (1887-1985)
Marc Chagall – moi et le village – 1911. Chagall aime le cubisme et les formes géométriques. Il peint ici un conte de fée rural où se mêlent divers objets, diverses personnes et animaux. Pour Chagall, c’est représenter des formes qui compte, peu importe le reste, si c’est logique ou non : d’où les deux maisons à l’envers dans le haut de la toile. Dans le village, hommes et bêtes travaillent ensemble, et le fruit de leur collaboration est symbolisé par l’arbre de vie fleuri au centre. Les grandes formes circulaires renvoient aux orbites du Soleil et de la Terre, montrant que l’ordre de l’Univers est régi par un travail en symbiose entre hommes et animaux.

Salvador DALI (1904-1989)
Salvador Dali – persistance de la mémoire – 1929. Plus connue sous le nom de « montres molles », cette célèbre toile du maître Dali représente son angoisse devant le Temps qui s’écoule inexorablement, ainsi que la Mort. Le temps est mou et les montres fondent comme un camembert au soleil ; la figure étrange au centre n’est autre que son autoportrait avec de grands cils.

Giorgio DE CHIRICO (1888-1978)
Giorgio De Chirico – chant d’amour – 1914. Cette célèbre oeuvre du peintre italien « métaphysique » met en scène divers objets hétéroclites dans la même toile : une tête de statue grecque classique, un gant surdimensionné, une boule verte et à l’arrière-plan un train sombre lancé à toute vitesse sur fond de ciel bleu. Les formes humanoïdes et le vide absolu et inquiétant de la toile vient rappeler l’absurdité de la première guerre mondiale.

Marcel DUCHAMP (1887 1968)
Marcel Duchamp – le passage de la vierge à la mariée – 1912. Dans cette toile où les corps oscillent comme des morceaux de mécanique, Duchamp invente la « peinture pure » de l’art abstrait. Son oeuvre emprunte également au cubisme.

Marcel Duchamp – réseaux d’arrêts – 1914

James ENSOR (1860-1949)
James Ensor – les masques raillant la mort – 1888. Les masques sont omniprésents dans l’oeuvre d’Ensor, dont la famille en vendait d’innombrables exemplaires dans le magasin familial. Ici, quatre personnages entourent le personnage de la Mort et semblent s’en moquer, comme pour l’exorciser. Un défi est lancé !

James Ensor – les tribulations de Saint Antoine – 1887. Faisant partie des premières réalisations fantastiques de James Ensor, la toile met en scène l’histoire bien connue des tentations exercées sur Antoine, notamment la femme située à l’extrême gauche. L’étrange prévaut et on voit l’Enfer expulser des créatures marines fantastiques, dans un chaos de couleurs éclatantes. Ensor s’est inspiré des peintres flamands Brueghel et Bosch.

Max ERNST (1891-1976)
Max Ernst – Napoléon in the wilderness – 1941. Oeuvre créée après la campagne de Russie depuis les USA où il était en exil, cette toile représente à droite une figure féminine à moitié nue sous les traits de sa maîtresse de l’époque, tenant une drôle de trompette. Le paysage est fait de formations rocheuses et de coraux.

Paul GAUGUIN (1848-1903)
Paul Gauguin – nature morte avec trois chiots – 1888. Il y a trois parties distinctes dans cette toile : une nature morte aux fruits au premier plan, trois gobelets bleus avec pommes qui forment une diagonale au centre, et les trois chiots s’abreuvant d’eau à une casserole en haut. On pense qu’il a tiré son inspiration des estampes japonaises que lui et son ami Van Gogh allaient introduire cette même année.

Frida KAHLO (1907-1954)
Frida Kahlo – autoportrait aux cheveux coupés – 1940. Frida vient de divorcer de son mari infidèle le peintre Diego Rivera ; elle abandonne les habits traditionnels mexicains et se représente avec une coupe garçonne, un costume d’homme et avec des chaussures beaucoup trop grandes pour elle, probablement celles de son exmari. Frida Kahlo a essentiellement peint des autoportraits après l’enfance très difficile que l’on connaît suite à un accident de bus quand elle était enfant.

Frida Kahlo – Fulang chang et moi – 1937. Frida se représente avec un de ses singes de compagnie, symbole des enfants qu’elle et Rivera n’arriveront jamais à avoir.

Vassily KANDINSKY (1856-1944)
Vassily Kandinsky – panneau pour E Campbell 4 – 1914. Cette série a été commandée par Campbell, le fondateur de la compagnie Chevrolet, pour sa villa de Park Avenue. Kandinsky est parti d’un paysage pour sa toile, mais qu’il a totalement chamboulé pour réaliser une oeuvre « non objective » (le terme est de lui).

Gustav KLIMT (1862-1918)
Gustav Klimt – Espoir II – 1907. Les représentations de femmes enceintes sont rares dans la peinture. Klimt, dans un style purement byzantin, sur un fond or, présente une femme penchant sa tête vers son ventre rebondi. Trois femmes en revanche dans le bas abaissent leur tête en signe de prière, ou alors de deuil. Klimt, qui a travaillé autour de Freud à Vienne, peint l’âme des êtres humains.

Gustav Klimt – le parc – 1910. Dans cette vue d’arbres de la région du lac Attersee en Autriche, près de Salzbourg, Klimt pousse l’art abstrait à son maximum : s’il n’y avait pas les troncs des arbres dans la partie basse de la toile, on ne pourrait savoir que tout le vert en mosaïque représente un feuillage…

Fernand LEGER (1881-1955)
Fernand Leger – la grande Julie – 1945. Cette oeuvre fait partie de la période américaine de Léger, lorsqu’il s’est rendu plusieurs années à New york. Impressionné par la taille de cet immense pays, et par son architecture moderne, il peint ici une américaine à gauche, avec un vélo à droite sur fond de croix rouge. Le cyclisme est un des grands loisirs de ce début de XXème siècle, et reste un leitmotiv de Fernand Leger.

Fernand Léger – femme au livre – 1923. Après la première guerre mondiale, la France a retrouvé de la force, et Léger le montre dans ses toiles avec des formes solides, massives, bien en place : cette femme possède des membres qui ressemblent à un assemblage mécanique.

Fernand Léger – la sortie des ballets russes – 1914. Forte utilisation de trois couleurs primaires et de volumes géométriques, Léger s’éloigne de la peinture de Cézanne pour s’approcher du cubisme.

Fernand Léger – trois femmes – 1921. La toile représente trois femmes nues assises ou couchées dans un appartement, en buvant du thé ou du café. L’anatomie est faite avec des formes simples, géométriques, et les corps ressemblent à des machines : Fernand Léger a foi dans l’industrie moderne et dans le fait que l’âge de la machine puisse inverser le chaos engendré par le première guerre mondiale.

Roy LICHTENSTEIN (1923-1997)
Roy Lichtenstein – jeune fille au ballon – 1961. L’artiste a utilisé une photographie d’une publicité pour la transformer en un style de bande dessinée. Tout exprime la sensualité, entre les couleurs chaudes, la bouche pulpeuse et le ballon en plastique.

René MAGRITTE (1898-1967)
René Magritte – l’empire des lumières – 1950. Célèbre toile dans laquelle l’artiste, comme à son habitude, mélange des moments impossibles, comme ici la cohabitation du jour et de la nuit.

Casimir MALEVITCH (1879-1935)
Casimir Malevitch – femme avec des seaux – 1912. Malevitch crée le mouvement du suprématisme. Pour lui la peinture doit se réduire à l’essentiel : la forme basée sur le cercle, la croix et le carré ; les couleurs primaires (blanc pour le fond marquant l’infini, noir pour les carrés, rouge pour les autres ; l’espace, avec la recherche d’une quatrième dimension créée par les couches de peinture superposées.

Henri MATISSE (1869-1954)
Henri Matisse – la danse II – 1910. Il s’agit d’une grande esquisse réalisée pour les panneaux qui se trouvent aujourd’hui au musée de l’Ermitage, à St-Pétersbourg. Matisse propose une impression de mouvement saisissante dans cette célèbre oeuvre.

Henri Matisse - femme assise sur une chaise haute – 1914. Avec cette femme sur un tabouret (Germaine Raynal), Matisse joue sur les couleurs, le bleu, l’orange et le vert vif. Les formes géométriques simples et une palette austère sont dans la lignée d’un Cézanne ou d’un Picasso.

Henri Matisse – jardin marocain – 1912. Matisse passe plusieurs mois en 1912 et 1913 à Tanger, dans un hôtel au milieu d’un jardin luxuriant. Ce sera l’occasion pour lui de méditer sur son art.

Henri Matisse - la leçon de piano – 1916. La Leçon de piano représente le salon de la maison de
Matisse à Issy-les-Moulineaux, avec son fils aîné, Pierre, au piano, la sculpture de l’artiste Figure décorative (1908), en bas à gauche, et, en haut à droite, sa peinture Femme au tabouret. Au premier plan, la bougie et le métronome marquent le temps qui passe.

Henri Matisse - le studio rouge – 1911. Ce tableau propose une petite rétrospective des dernières toiles, sculptures et céramiques du peintre exposées dans son atelier d’Issy. Les oeuvres apparaissent avec couleurs et détails, ce qui n’est pas le cas du mobilier tracé sur le fond rouge, une couleur fétiche de Matisse. L’horloge centrale sans aiguille indique un temps suspendu.

Henri Matisse – les gourdes – 1915. Comme il le dit lui-même, c’est avec cette toile que Matisse utilise pour la première fois le noir en tant que couleur de lumière et non comme couleur d’obscurité. Les objets ne se touchent pas mais participent tous à la même intimité.

Henri Matisse - les Marocains – 1915. Cette « terrasse du petit café de la kasbah » comme il le décrit lui-même a été exécutée à son retour du Maroc en 1913. En haut à gauche, il place un balcon avec pot de fleurs sur fond de mosquée, en bas à gauche une nature morte de légumes et en bas un homme vu de dos avec un turban sur la tête. La peinture noire aide à unifier les diverses parties de la scène.

Henri Matisse – modèle masculin – 1900

Henri Matisse - musique – 1907

Henri Matisse - poissons rouges et palette – 1914. Cette oeuvre, une des préférées du surréaliste André Breton, met en scène une palette sur la droite, certainement tenue par le peintre lui-même.

Henri Matisse – vue de Notre-Dame – 1914. Matisse a réalisé plusieurs vues de la cathédrale en studio. Il la recouvre entièrement de bleu.

Joan MIRO (1893-1983)
Joan Miro – autoportrait – 1937. Miro a passé des mois à travailler cet autoportrait dans le miroir, enduisant plusieurs couches d’huile pour obtenir un visage translucide, empli d’étoiles. Ses yeux rayonnent comme deux astres au coeur du cosmos. Le message est clair, l’artiste est éveillé.

Joan Miro – hirondelle amour – 1933. Dans cette toile engagée, nous sommes plongés dans les années de guerre civile espagnole ; l’artiste étale sur la toile des corps disloqués, des membres éparpillés que relie la phrase « hirondelle amour ».

Joan Miro – la naissance du monde – 1925. « début amorphe sur lequel la vie peut prendre force », comme le dit le peintre lui-même. Le cercle est la forme fétiche de Miro.

Joan Miro – personne jetant une pierre à un oiseau – 1926

Amedeo MODIGLIANI (1884-1920)
Amedeo Modigliani – nu couché – 1919. Le modèle est Jeanne Hébuterne, que l’artiste rencontre en 1917. On reconnaît la patte de Modigliani avec les membres étirés.

Piet MONDRIAN (1872-1944)
Piet Mondrian – composition ovale avec pans de couleurs – 1914. La géométrie de cette composition est inspirée de croquis de bâtiments partiellement démolis, avec des morceaux de murs, de cheminées et des restes de papier peint. L’ordre universel du monde, pour Mondrian, est basé sur les lignes horizontales et verticales.

Piot Mondrian – Trafalgar square – 1939. En 1938, Mondrian fuit la guerre et les Allemands en quittant Paris pour Londres. Il réalise toute une série d’oeuvres ayant pour nom un emplacement de la ville qui l’a accueilli.

Claude MONET (1840-1926)
Claude Monet – Agapanthus – 1914. Lors de sa retraite dans son jardin de Giverny, le maître plante des tonnes de fleurs, les admire, les peint sous toutes les coutures. Il fonde sa peinture sur l’observation directe de la nature, essayant de saisir les moindres variations de couleurs et de lumière. Six jardiniers à temps plein s’occupaient du jardin de Monet.

Claude Monet – le pont japonais – 1920. Toujours à Giverny, Monet réalise des dizaines de toiles représentant le petit pont au-dessus de l’eau. Cette oeuvre fait partie des dernières : le style a changé, est moins naturaliste ; Monet réalise de vastes mouvements sombres et tourbillonnants. La palette d’ocre, marron, rouille est totalement inhabituelle dans l’oeuvre du maître.

Claude Monet - les nympheas – 1914. L’objectif des grandes toiles de nénuphars de Monet était, selon les mots même du peintre, « de fournir l’illusion d’un tout sans fin, d’eau sans horizon ou sans berge ». Monet souhaite capter les moindres changements de couleurs dus au ciel variant au gré des saisons. L’artiste a réalisé de nombreuses séries, dont la plus connue est celle de l’Orangerie à Paris.

Claude Monet – nympheas – 1914. Monet poursuit son idée fixe sur une toile qu’il va travailler et reprendre pendant plusieurs années, comme le montre l’épaisseur des couches sur cette toile.

Edvard MUNCH (1863-1944)
Edvard Munch – l’orage – 1897. La scène se passe dans un petit village en bord de mer, en Norvège, où le peintre passait ses étés. Le personnage principal au centre, ainsi que les autres sur la gauche, se couvrent les oreilles pour se protéger du bruit de la tempête et du vent, rappelant la célèbre toile « le cri ». Les deux toiles mettent en avant la préoccupation de Munch : être un individu solitaire, même entouré d’individus.

Pablo PICASSO (1881-1973)
Pablo Picasso – baigneuse assise – 1930. Dans les années 1930, Picasso est dans une période
d’optimisme, peut-être causée par une liaison amoureuse : ses femmes peintes sont sensuelles, harmonieuses, aux contours sinueux.

Pablo Picasso – baigneuse – 1908. Dans Baigneuse, Picasso a utilisé une figure féminine nue debout au bord de la mer comme un terrain d’essai pour de nouvelles possibilités de représentation. L’arrière-plan est simplifié en trois bandes de couleur appliquées avec des coups rudes. Le corps de la baigneuse est divisé en plusieurs parties. Ses seins, le ventre et les épaules sont réalisés en arcs et courbes géométriques. Picasso dépeint le torse de sa baigneuse en avant, en arrière et latéralement, présentant plusieurs vues simultanément.

Pablo Picasso – coupe de fruits – 1908

Pablo Picasso – deux nues – 1906. Cette toile rappelle la sculpture en terre cuite qu’aimait pratiquer Picasso. Il se tourne vers l’ancienne sculpture ibérique de son Espagne natale ; ces deux femmes se tiennent debout face à face, comme un effet de miroir, mais celle de gauche a un visage très similaire à la demoiselle la plus à gauche dans les demoiselles d’Avignon : nez ciselé, yeux en creux sombres, elle semble tenir un rideau et regarde vers les spectateurs.

Pablo Picasso - femme avec poires – 1909. C’est un des quelques portraits que l’artiste
réalise en l’été 1909 de Fernande Olivier, sa compagne, durant un séjour dans son
Espagne natale. Tandis que les poires en arrière-plan sont relativement fidèles à la
nature dans la forme, le peintre remodèle le visage de Fernande en segments
géométriques. Les volumes fragmentés redéfinissent la perspective et la profondeur, et
suggère la direction qu’il va bientôt prendre dans le cubisme.

Pablo Picasso - femme tressant ses cheveux – 1906

Pablo Picasso – jeune femme dessinant dans son intérieur – 1905

Pablo Picasso - jeune fille à la mandoline – 1910. Parfait exemple du cubisme, cette
toile montre toute l’étendue de la nouvelle orientation prise par Picasso. La femme est
déstructurée en éléments géométriques, et cette technique permet de mettre en
évidence certaines parties de la scène, comme les mains ou l’instrument. Le
dynamisme de la toile ne vient pas des couleurs, ocres, mais de cet enchevêtrement
de formes.

Pablo Picasso - jeune fille devant un miroir – 1932. La toile met en scène une des maîtresses
de Picasso en ces années 1930, Marie-Thérèse Walter. Son visage de profil, couleur lavande,
apparaît auréolé et serein ; mais il fusionne avec un autre visage complémentaire, couleur
jaune lune, avec rouge à lèvres et fard à paupières. On peut le voir comme un double portrait
jour/nuit soleil/lune, ou bien une transition d’une jeune fille devenant femme prenant
conscience de sa capacité de séduction. Mais la toile va plus loin : elle montre la vanité d’une
femme se regardant dans un miroir, ce dernier lui renvoyant une image différente, un
plongeon dans son âme en même temps que dans son futur et, à terme, sa mort. Les yeux
sont devenus creux, ronds, les traits sont durs et marqués. La jeune fille de gauche tend la
main comme pour unir les deux « moi ».

Pablo Picasso – la cuisine – 1948. C’est une toile sombre dans un moment triste de la vie de Picasso, réalisée à la date anniversaire des trente ans de la mort de son ami Guillaume Apollinaire. A la demande de la veuve du poète, Picasso ressort un projet réalisé pour le mémorial funéraire qui avait été refusé à l’époque, jugé trop abstrait. Cette abstraction muette, cette création à partir de rien, est un moyen pour Picasso de répondre à la perte d’un grand ami, mais aussi aux atrocités qu’il vient de découvrir au retour d’une visite des camps de concentration d’Auschwitz.

Pablo Picasso – les demoiselles d’Avignon – 1907. On ne présente plus ce monument de la peinture, véritable pierre angulaire dans l’histoire de cet art : Picasso réinvente les règles en ce début de XXème siècle. Ses cinq jeunes femmes aux corps éclatés portent des visages en forme de masques africains. L’académisme est mort ! aucune règle narrative, aucune perspective, aucun réalisme. Cette toile a choqué ses contemporains, car les femmes représentées sont des prostituées de la rue d’Avignon, un bordel de Barcelone.

Pablo Picasso – ma jolie – 1911. Ma jolie était le refrain d’une chanson
populaire que Picasso aimait écouter dans les cabarets parisiens. La référence à la musique est visible avec la petite clef de sol en bas de la toile. Mais Ma Jolie était aussi le surnom de sa maîtresse de l’époque,Marcelle Humbert, et l’on peut deviner dans ce fracas de figures géométriques des éléments corporels.

Pablo Picasso – nature morte à la bouteille de liqueur – 1909

Pablo Picasso – nature morte sur fond vert – 1914

Pablo Picasso – paysage à la rue des bois – 1908. Cet été là, Picasso multiplie les virées campagnardes hors de Paris avec sa compagne Fernande. A 65 km de Paris, le petit village de la-Rue-des-Bois est entouré de profondes forêts que le peintre croque à plusieurs reprises sur ses toiles, en une sorte d’hommage à Paul Cézanne.

Pablo Picasso - pêche de nuit à Antibes – 1939. La guerre mondiale couve… Deux spectatrices, dont une lèche une glace, regardent la partie de pêche éclairée par des lampes acétylènes. En haut à gauche, on peut reconnaître la ville d’Antibes éclairée par un clair de lune. L’atmosphère fantomatique de la scène est créée par la palette de couleurs d’une richesse inhabituelle chez Picasso. Le mélange paysage / portrait est également rarissime chez lui. C’est la troisième guerre que Picasso connaît après 14-18 et la guerre civile espagnole. Lorsqu’il achève cette partie de pêche, la guerre a été déclarée.

Pablo Picasso - Repos – 1908

Pablo Picasso - trois musiciens – 1921. Cette célèbre toile peinte lors d’un séjour à Fontainebleau renoue avec le thème de la commedia dell’arte. L’oeuvre ressemble à un assemblage de papiers découpés. Les trois musiciens sont vivement colorés, debout dans une pièce ressemblant à une boîte. Le clarinettiste à gauche prend les traits de Pierrot ; Arlequin au centre joue de la guitare tandis qu’un moine en noir tient des partitions de musique. Un chien se cache sous la table. Cette toile est une réponse de Picasso à la toile une leçon de musique de Matisse.

Jackson POLLOCK (1912-1956)
Jackson Pollock – figure sténographique – 1952. Dans un espace lumineux et aéré, Pollock place deux formes humanoïdes élémentaires, une à droite et l’autre au centre. Le tout est complété par des coups de pinceaux calligraphiques sur l’ensemble de la scène. Mondrian s’est exclamé en voyant cette oeuvre pour la première fois en 1943 qu’il s’agissait du « travail le plus intéressant vu jusqu’à présent en Amérique ».

Jackson Pollock – number 1a – 1948. Spécialiste du dripping (goutte à goutte), Pollock a vite décidé de ne plus nommer ses toiles mais de les numéroter. Car les chiffres sont neutres et obligent les gens à voir la toile avec un oeil objectif, pour ce qu’elle est vraiment. En 1949, les toiles étranges de Pollock étaient incomprises et sont restées invendues.

Jackson Pollock – One number 31- 1950. Comme pour ses autres toiles, le peintre a travaillé au-dessus de la toile, cette dernière posée sur le sol. Il dira d’ailleurs se sentir plus à l’aise en pouvant faire corps avec elle et la contourner des quatre côtés. L’artiste a cherché à reproduire un effet calligraphique.

Henri ROUSSEAU (1844-1910)
Henri Rousseau – la bohémienne endormie – 1897. Célèbre toile naïve du Douanier, il s’agit d’une composition fantasmagorique mettant en scène une rencontre incongrue entre un lion et une bohémienne endormie près de sa mandoline et de sa jarre. Le tout sous la pleine Lune.

Henri Rousseau - le rêve – 1910. Le Douanier a peint plus de 25 toiles se déroulant dans la jungle… sans avoir jamais quitté la France ! Il tire son envie d’exotisme de ses visites au zoo de Paris, de la littérature populaire et des expositions coloniales. La femme nue sur un canapé renvoie au côté domestique et citadin, au coeur d’une faune sauvage.

Georges SEURAT (1859-1891)
Georges Seurat – Grandcamp soir – 1885. Cette toile fait partie d’une série réalisée dans ce petit port. Tandis que la terre au premier plan est composée de points, la mer et le ciel sont réalisés par de petits traits horizontaux. Seurat voulait s’éloigner de l’impressionnisme et créer une peinture scientifique qui s’intéresse à l’optique. Il développe le divisionnisme : au lieu de mélanger les couleurs sur la palette, il les applique sur la toile non mélangées, laissant à l’oeil du spectateur le soin de recomposer les couleurs.

Georges Seurat - la Manche à Gravelines le soir – 1890

Georges Seurat – Port en Bessin entrée au port – 1888

Georges Seurat – soir à Honfleur – 1886. 25 couleurs différentes ont été appliquées sous la forme de milliers de points. Le ciel immense et la mer se rencontrent dans une ligne commune. Le cadre en bois autour a lui aussi été décoré de milliers de points pour augmenter l’impression d’espace.

Vincent VAN GOGH (1853-1890)
Vincent Van Gogh – nuit étoilée – 1889. Plus célèbre toile de Van Gogh, ce tableau d’une splendeur incroyable et d’un bleu si marquant représente la vue qu’avait le peintre depuis sa fenêtre dans l’asile du monastère de Saint-Rémy-de-Provence.

Vincent Van Gogh - les oliviers – 1889. Les courbes torturées renvoient à la fin de vie tourmentée de Van Gogh, et aux hallucinations et déformations visuelles dont il était sujet.

Andy WARHOL (1928-1987)
Andy Warhol – avant et après – 1961

Andy Warhol – campbell soup cans – 1962. Les fameuses 32 boites de soupe de la marque Campbell ont lancé le pop-art aux Etats-Unis. Warhol, lors de l’inauguration de l’exposition, place chacune des toiles sur une étagère afin d’imiter les étals d’un commerce. Les 32 modèles renvoient aux 32 goûts différents de soupe que fabriquait la marque. Warhol en était friand mais a bien entendu détourné l’objet de la vie quotidienne en oeuvre d’art pour critiquer la société de consommation.

Andy Warhol – Marilyn dorée – 1962. La toile a été réalisée l’année du suicide de la star. L’oeuvre s’inspire d’une photographie de l’actrice sur l’affiche du film Niagara de 1953. Warhol voulait montrer que Monroe pouvait être une image reproductible à l’infini.
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Etats-Unis - New York, l'art en fête au MoMA Etats-Unis - New York, l'art en fête au MoMA Reviewed by RENOULT on 16 décembre Rating: 5

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