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Argentine - Ibera, le pays où le caïman est roi


Le système de marais d’Ibera est une immense zone humide de 13000 kilomètres carrés, située au coeur de la province de Corrientes. Sa lagune centrale, le lac Ibera, constitue, avec ses 5500 hectares, un élément représentatif de ce milieu extrêmement riche. D’une profondeur moyenne de trois mètres, le lac entretient une grande diversité biologique. Plusieurs espèces rares ou en danger, d’ailleurs inscrits sur la liste rouge de la CITES, trouvent refuge dans les marais d’Ibera. Le Caïman noir (Caïman yacaré) ou l’Anaconda jaune (Eunectes notaeus) en font partie. Une grande richesse faunistique donc, avec 85 espèces de mammifères, 35 espèces de reptiles, 45 amphibiens, 80 poissons et 250 oiseaux. Seul point noir, l’accès n’est pas des plus aisés, et nous en avons fait la cruelle expérience : il nous aura fallu trois jours pour faire les 200 bornes depuis Iguazu !… Un petit conseil : visez tout de suite la petite ville de Mercedes…

Les caïmans noirs (Caïman yacaré) pullulent sur les berges des îles flottantes des marais d’Ibera


les missions jésuites – San Ignacio mini

Avant de parvenir au coeur des marais d’Ibera, nous avons fait un arrêt pour visiter San Ignacio Mini, la mission Jésuite la plus connue du coin. Les Jésuites sont arrivés au Brésil en 1549, avec comme objectif d’évangéliser et de civiliser les « bons sauvages ». Les Jésuites doivent administrer le territoire des Missions : plusieurs sites sont construits dès 1609, et leur nombre ne cesse de croître depuis. A partir de 1700, ces missions connaissent un véritable âge d’or et les habitants vivent en véritable autarcie, ce que le trône d’Espagne va voir d’un mauvais oeil. Le roi Ferdinand VI décide de mater cet « état dans l’état » et les Indiens se voient contraints de quitter leur territoire. Une guérilla débute jusqu’au bain de sang du 10 février 1756 où 1300 Indiens furent massacrés en une heure, contre… 4 pour les espagnols. Les survivants quittent les missions et retournent dans la forêt.
Les ruines de San Ignacio Mini, classées au patrimoine mondial de l’Unesco, sont les mieux conservées du pays. Elle fut construite en 1632 et devint un véritable village avec cuisines et logements. La couleur est ocre, et le bâtiment principal est la cathédrale, longue de 60 mètres de long, avec son très beau et bien conservé portail à colonnade.

San Ignacio mini



les marais d’Ibera

La cuvette de l’Ibera est uniquement alimentée en eau par les pluies dont l’importance annuelle se situe entre 1.200 et 1.500 mm, soit 20 milliards de m³ d’eau ! Moins d’un quart sont évacués par le Rio Corrientes, affluent du Parana qui draine le marais. Une soixantaine de lagunes couvrent un quart de la réserve. Les berges des lagunes sont formées par l’entrelacement des racines et des tiges de jacinthes d’eau auxquelles sont venues s’ajouter des particules de terre apportées par les vents et les eaux. Peu profondes et bordées de roseaux, les immenses zones de marais sont couvertes d’une épaisse végétation qui occulte la surface de l’eau. La réserve comprend aussi des mares temporaires qui se remplissent à la saison des pluies, puis se vident peu à peu.
Des plantes herbacées, des arbustes et même des arbres ont fini par s’accrocher et prospérer sur ce substrat original. Lorsqu’il se brise, il engendre des îles flottantes qui divaguent au gré des vents et des courants.


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1 - marais d'Ibera
2 - des plantes de la familles des Salvinia tapissent la surface du lac

Le capybara (Hydrochaeris hydrochaeris) est un de mammifères les plus abondants des marais d’Ibera, et c’est certainement à lui que revient la palme de la frimousse la plus sympathique. Plus gros rongeur au monde, il peut mesurer jusqu’à 1 mètre 30 de long pour 60 kilos ! Excellents nageurs, les capybaras peuvent vivre jusqu’à 12 ans. Véro réussit à en approcher un de tout près, sur les rives du lac Ibera.

capybara (Hydrochaeris hydrochaeris)

capybara (Hydrochaeris hydrochaeris)

Le Caïman noir (Caïman yacaré) se nourrit de poissons, d’amphibiens, d’escargots et de petits mammifères. Les jeunes Caïmans mangent surtout des invertébrés. Le Caïman, carnivore, est un prédateur redoutable. Il s’immobilise dans l’eau et attend qu’une proie s’approche du rivage pour l’attraper. Si ils venaient à disparaître, les lagunes d’Ibera seraient peuplées de milliers de piranhas. Jacinthes d’eau et autres plantes aquatiques forment son habitat.

Caïman noir (Caïman yacaré)

Caïman noir (Caïman yacaré)


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1 - Singe hurleur noir (Alouatta caraya)
2 - Capybara (Hydrochaeris hydrochaeris)
3 - Caïman noir (Caïman yacaré)
4 - le rare cerf des marais (Blastoceros dichotomus)
5 - Cardinal à huppe rouge (Paroaria coronata)

Le soleil se couche sur la réserve d’Ibera et sous des teintes rosées, le marais
s’endort et la vie nocturne s’éveille.

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Argentine - Ibera, le pays où le caïman est roi Argentine - Ibera, le pays où le caïman est roi Reviewed by RENOULT on 04 novembre Rating: 5

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