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Argentine - glacier Perito Moreno, joyau de Patagonie



Le fabuleux glacier du Perito Moreno est situé dans le sud de la Patagonie, non loin de la Terre de Feu, dans le Parc National des Glaciers (province de Santa Cruz). C’est la première destination de Patagonie avec Ushuaïa. Il faut dire que ce glacier unique au monde offre un des spectacles naturels les plus beaux de la planète. Ce glacier de 250 km² est alimenté en glace par l’énorme système du parc des glaciers, partagé entre Chili et Argentine, et qui constitue une des plus grosses réserves d’eau douce sur Terre. Les dimensions du Perito Moreno, tout d’abord, sont colossales ; jugez-en plutôt : 30 kilomètres de long, 8 de large et 80 mètres de haut !! Il vient se jeter dans un splendide lac en forme de L, le Lago Argentino, bloquant par la même occasion le passage de l’eau d’une branche à l’autre.

glacier Perito Moreno, une autre idée de l’immensité…



Paysage de neige à l’approche du glacier, situé à 78 kilomètres de la petite ville de El Calafate, sur les bords du Lac Argentino. Il faut un peu plus de deux heures pour rejoindre le fameux Perito depuis cette bourgade sympathique, aux nombreuses maisons de bois qui ne sont pas sans rappeler une station de sports d’hiver. Je ne sais pas ce que ça donne en été, mais en hiver, avec la neige, l’ambiance est bien là. Nous étions ce matin là très pressés de voir le glacier, car nous avons décidé de faire l’aller-retour depuis Puerto Madryn (péninsule de Valdès) que pour lui. Soit 3000 bornes tout de même ! La descente en car, le  retour pour Buenos Aires en avion. Nous aurions aimé aller rendre visite au mythique Fitz Roy, mais en hiver, les routes ne se pratiquent pas comme en été (les prix en Patagonie, par contre, restent les mêmes en hiver, même si tout est fermé…). Le Moreno est souvent considéré comme le clou du spectacle, alors nous ne sommes pas très inquiets de ce que nous allons trouver… En route !


dans les environs du Lago Argentino

Puisque le glacier bloque le passage de l’eau, il s’ensuit une augmentation du niveau général du lac, qui s’élève parfois de 30 mètres, provoquant une immense pression qui finalement rompt la barrière de glace dans un fracas gigantesque, comme cela a pu se passer la dernière fois en 2004. Au niveau du lac, sa profondeur est de 170 mètres, mais haut dans les montagnes, il atteint 700 mètres !! Signalons enfin que son nom vient de l’explorateur Francisco Moreno qui prospecta la région au XIXème siècle.


Autre caractère incroyable de ce monstre de glace : c’est l’un des seuls au monde à avoir jusqu’à très peu de temps avancé ; alors que la tendance mondiale est au recul et à la fonte des glaciers, le Perito Moreno avance à la vitesse de 1 à 2 mètres par jour, soit 700 mètres par an, ce qui est colossal. Aujourd’hui, les scientifiques le considèrent comme stable.


 Cela se passerait presque de commentaire… Cette photographie panoramique a été prise par Véro en fin de journée, depuis l’ingénieux système de passerelles qui permet d’admirer le monstre sur plusieurs niveaux. Dans tous les cas et par toutes les positions, le spectacle est réellement impressionnant, inimaginable. Un ami à moi, Sylvain, avait visité ce sanctuaire de la nature il y a quelques années et était revenu en disant à propos du Perito Moreno qu’il n’y avait qu’une seule chose à faire : se mettre à genoux et applaudir… C’est si vrai ! Nous avons passé six heures, malgré le froid, à contempler l’endroit, si gigantesque ! Les couleurs sont sans cesse changeantes, le site est tellement grand qu’on en perd toute notion. L’oeil reste fixé sur le bleu de la glace, c’est tout. On ne PEUT PAS bouger… Sur la route qui mène au glacier, il y a un virage qui permet pour la première fois d’embrasser du regard l’ensemble du bloc de glace. Il est appelé « virage des soupirs »… soupirs d’étonnement et d’admiration lorsque l’on découvre le glacier.

Où l’on regrette de ne pas avoir un objectif grand-angle… La visite du glacier peut se compléter par une excursion en bateau le long du front de glace. Outre l’opportunité de naviguer une heure sur les eaux du beau lac Argentino, c’est bien entendu la chance de mesurer combien ce front de glace est gigantesque… On longe à distance respectable (certains blocs peuvent tomber) cette cathédrale de glace aux innombrables clochetons bleutés. Le temps était glacial, le vent cisaillait le visage, mais nous n’en avons pas loupé une miette.


A avancer comme ça, le glacier finit bien par se fragiliser et de grands pans de glace tombent régulièrement dans le lac. Ce peut être très dangereux d’ailleurs, certains accidents ont eu lieu sur des glaciers similaires dans le monde, même dans les Alpes, où les vagues causées par la chute des blocs de glace provoquèrent un mini ras de marée emportant les touristes qui s’étaient trop approchés. Il reste de ces chutes de gros glaçons aux formes étranges, qui peuvent errer longtemps, et loin, au gré des courants et vents.

Sommets andins près du glacier, lors d’une petite promenade revigorante. Les couleurs de Patagonie sont sur cette photo…

vue depuis les passerelles. Un condor des Andes (Vultur gryphus) nous est passé au-dessus des têtes, pas très loin, rendant la scène encore plus magique (si besoin en était…).


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1 - on voit le bateau à deux étages qui permet de faire l’excursion. En l’occurrence, là, il permet de faire échelle et de se rendre compte de la taille du front du glacier !!


Le front est de 80 mètres de hauteur. Un glacier se forme toujours dans un endroit où les chutes de neige sont importantes et, surtout, ne fondent pas mais s’entassent et se compressent. La pente naturelle fait la suite et le glacier est bien obligé de descendre. Deux possibilités pour avoir une neige constante qui ne fonde pas : être haut en altitude (glaciers de l’Himalaya par exemple), ou être à des latitudes qui le permettent (glaciers continentaux en Islande ou inlandsis du Groenland). Le Perito Moreno appartient au deuxième genre : nous ne sommes ici qu’à 180 mètres de hauteur mais à plus de 50 de latitude sud.

Un bloc de glace vient de se rompre et de se précipiter dans les eaux du lac Argentino. La vague ici n’a pas été bien forte mais il peut parfois y avoir de véritables vagues destructrices. Le grondement est tout à fait caractéristique : un grand coup de canon qui rappelle que le glacier n’est pas figé par le froid ; il bouge, la glace se dilate.

Morceaux de glace, restes visibles des mouvements du glacier

C’est avec une très grande difficulté que nous tournons le dos à ce spectacle hallucinant. En espérant revenir un jour...
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Argentine - glacier Perito Moreno, joyau de Patagonie Argentine - glacier Perito Moreno, joyau de Patagonie Reviewed by RENOULT on 03 novembre Rating: 5

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