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France - le château des Ducs de Bretagne de Nantes

le château des Ducs de Bretagne de Nantes


Voilà un beau château qu'il ne faut pas manquer ! Ce magnifique édifice du XVème siècle, en plein Nantes, eut une double vocation : défensive d'abord, sous François II, puis de plaisance lorsque, suite au mariage de la duchesse Anne à deux rois successifs Charles VIII et Louis XII et au rattachement qui s'en suivit entre France et Bretagne, le château devint la résidence officielle des gouverneurs de Province. Admirablement restauré de nos jours, il sert de musée qui permet d'apprendre un tas de choses sur cette riche période de l'histoire. Il est aussi impressionnant vu de l'extérieur, avec ses profondes douves, que de l'intérieur. Allez hop, une petite plongée dans cette Renaissance française...

chateau des Ducs de Bretagne
La cour intérieure du château donne sur une façade Renaissance des plus élégantes.

Avant l'édifice que l'on visite de nos jours existait déjà un ancien château, dès le XIIIème siècle : la Tour Neuve, un haut donjon circulaire destiné à protéger le Roi, dans le plus pur style des édifices de Philippe Auguste : le donjon est construit à cheval sur les enceintes de la ville, comme la forteresse du Louvre par exemple. Cette haute tour défensive montrait la puissance ducale face à l'Eglise mais aussi face aux comtes de Nantes, qui résident ailleurs. Mais apparemment, au XVème siècle, cet édifice est dans un état lamentable, et c'est à François II que l'on doit sa reconstruction totale

château des Ducs de Bretagne de Nantes
Dès la construction du château, son double usage est évident : si la cour intérieure que l'on a vue sur la photo précédente est décorée de tuffeau blanc et largement raffinée, côté ville en revanche, c'est bien le défensif qui l'emporte, avec des murs massifs en schiste et granit, ainsi que de nombreuses tours et courtines. 

L'édifice ainsi restructuré a connu les longues guerres de ce siècle opposant le Roi de France aux ducs de Bretagne, voulant conserver leur indépendance. Lorsque François II meurt d'une fâcheuse chute de cheval, le règne revient à sa fille, Anne de Bretagne. C'est alors que débutera l'union entre le Royaume de France et la Bretagne, suite à son mariage forcé avec Charles VIII. Le couple royal ne vient que très peu à Nantes, préférant Amboise. A la mort de Charles VIII, Anne épouse Louis XII et restructure une nouvelle fois l'édifice, largement délabré suite aux longs conflits. Emerveillée par la Renaissance italienne, elle fait rajouter des loggias, aménage une bibliothèque de plus de 1500 ouvrages... A sa mort, il appartiendra à toute une lignée de Rois qui ne manquent pas d'y faire halte lorsqu'ils descendent la Loire. Mais au XVIIème siècle, changement de programme : les Rois délaissent Nantes qui n'a plus grand intérêt stratégique et l'édifice sert à l'armée, et également de prison

Dans les prisons de Nantes... Parmi les hôtes "de marque" chez les prisonniers du château, notons le chef de la Fronce, le cardinal de Retz qui, en 1654, parvint à s'échapper. C'est ce fait divers qui a inspiré la célèbre chanson : Dans les prisons de Nantes... avec cette fille de geôlier qui aida le prisonnier à se faire la malle. 
Avec ses douves pleines d'eau, le château a fière allure ! On distingue au sommet des remparts les courtines, qui permettent de faire le tour de l'édifice, datant toutes de l'époque de François II, ainsi que les mâchicoulis, plus récents, dont l'ajout est purement décoratif puisqu'ils ne sont même pas percés d'ouvertures. Au fond, la tour de la Rivière, angle sud-est, est la moins altérée de toutes. Elle possède une grande fenêtre et possédait autrefois deux casemates et une canonnière.

Intéressons-nous un peu à la vision extérieure. Nous l'avons déjà dit, le but principal du château est de résister à l'artillerie du XVème siècle. Les tours, basses, sont munies d'étroites ouvertures de tir au niveau du sol afin d'éliminer les assaillants en faisant feu sur le corps. Du haut des terrasses, on avait des canons qui tiraient vers le ciel. Les fenêtres sont donc quasiment absentes du côté extérieur, ce qui contraste avec l'ouverture italienne des bâtiments intérieurs, qui dominent d'ailleurs largement en hauteur les murailles défensives. 

La tour du Port est à l'angle sud-ouest : les deux couleurs sont dues à l'alternance de schiste et de granit. 

Mais entrons à présent vers la vaste cour intérieure. L'entrée principale est nommée le Châtelet. Il s'agit d'un ensemble de deux tours défensives, le Pied de biche (elle abritait un cachot qui ressemblait à cet outil) et la Boulangerie (elle abritait une... boulangerie), ornées des armoiries ducales. Les geôles contenues dans ces deux tours étaient réputées pour leur dureté ! On surnommait d'ailleurs certaines cellules "l'Enfer", ou encore "chambres noires"... Tout un programme... Un pont-levis permettait d'accéder à ce châtelet. 

Le châtelet Nantes
Le châtelet, entrée principale du château.


Quand on se tient dans la cour intérieure, on se retrouve nez à nez avec un ensemble de bâtiments imposants, les logis. C'est ici que logeaient la famille royale, mais aussi tous ceux qui administraient le duché, ainsi que les centaines de courtisans et les invités de passage. Les plus anciens de ces logis remontent, eux aussi, à François II, donc au XVème siècle (qui, au passage, ne les a jamais vus achevés de son vivant, lui qui devait, à chacune de ses visites à Nantes, loger à l'extérieur de la ville durant les travaux...). Aucun élément de décor n'a été conservé de cette époque et l'occupation militaire qui prit place par la suite n'a pas arrangé l'état des intérieurs.

Vue sur le Grand Gouvernement, un des logis les plus anciens, destiné à loger le duc et sa famille. A l'origine de style gothique, le bâtiment a une longue histoire de restaurations puis d'altérations. Sur la droite de la photo, on devine une partie de la Conciergerie, un élément isolé du château remontant au XVIIIème siècle qui abritait le logement du lieutenant. 

Entre le Grand Gouvernement et le Grand Logis est enserrée une élégante tour, celle de la Couronne d'Or. Elle possède deux jolis loggias vers son sommet, dans le plus pur style Renaissance italienne. L'ensemble, moins austère que les deux corps massifs des logis, offre une transition plus douce. Un grand escalier qui le borde permet de rejoindre les logis.


Grand Gouvernement château de Nantes
Façade du Grand Gouvernement
Vue sur la tour de la Couronne d'Or

La très belle voûte en palmier de l'escalier principal.

Quant aux intérieurs donc, il n'en reste pas grand chose et ils sont aujourd'hui dévolus au musée, très intéressant et remarquablement agencé. Certaines salles présentent une histoire du château, d'autres des objets renvoyant à l'histoire de la ville. 

Dans la tour des Jacobins se trouve un bien curieux endroit : il s'agit d'une ancienne cellule de cachot utilisé durant la Révolution, dont les murs sont couverts de graffitis des prêtres réfractaires ayant refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé en 1792. Plusieurs étages dans la tour, chacun pouvant accueillir plus de 70 prisonniers. 

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