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Italie - Villa Hadriana, le faste romain

la villa Hadriana

La villa d’Hadrien est un des plus vastes et mieux conservés des sites antiques de la Rome impériale. Elle est située non loin de Rome, à Tivoli, anciennement Tibur. L’empereur Hadrien, amoureux d’architecture, fit ériger ici, sur 120 hectares, un complexe colossal, dont encore environ 80 monuments sont visibles aujourd’hui ! Grand voyageur, l’empereur aurait réuni ici, dans ce projet pharaonique, toutes les influences et styles qu’ils a découverts dans le monde. Le voyageur est impressionné par la taille de la villa d’Hadrien, qui, bien plus qu’une simple demeure comme le laisserait penser le nom, est une ville à part entière, avec des bassins, ses thermes, ses boutiques, et même son stade !
canope villa Hadriana
Vue sur le canope, spectaculaire et bucolique bassin de 120 mètres de longueur entouré de sculptures, sûrement l’endroit le plus attractif de la villa. 

vue d’ensemble

plan de la villa Hadriana
Véritable amoureux des Arts, l’empereur Hadrien, déjà célèbre pour avoir fait ériger, entre autres, le Panthéon à Rome, décide de s’attaquer à l’édification d’une vaste demeure impériale, qu’il souhaite loin du tumulte de Rome : il opte pour la campagne de Tibur, à environ 28 kilomètres des portes de la ville. L’avantage de cet emplacement est la présence de nombreuses carrières de travertin, qui lui serviront pour fournir les pierres nécessaires à son entreprise. Le plateau choisi n’était d’ailleurs pas vide, puisqu’une plus petite demeure des temps de Sylla existait déjà, et fut intégrée à son projet. Il fallut 20 ans, de 118 à 138, pour faire sortir de terre cet incroyable ensemble de monuments. Et dire que tout ça tombera vite dans l’oubli le plus total à la mort de l’empereur… si ce n’est pas de la mégalomanie ! 
Comme toujours, après les âges obscurs du Moyen-Age, c’est la Renaissance qui sonnera la résurrection du site, redécouvert par l’humaniste Biondo, et vite visité par de célèbres architectes, comme Piranèse ou Borromini. D’avides marchands d’antiquités pillent sans vergogne la villa, qui se voit vite dépouillée d’une grande partie de ses atours. Aujourd’hui, les archéologues ont encore énormément de fouilles à effectuer dans les années, voire les siècles, à venir, et l’Unesco a salué en 1999 la magnificence du site en l’inscrivant sur la liste de son patrimoine mondial.

mur d’enceinte et salle des philosophes

La villa d’Hadrien, c’est donc colossal : 1200 mètres dans la longueur, pour 600 mètres de largeur. Soit 40 hectares, et deux fois plus de bâtiments, dont la fonction de certains est encore problématique. Beaucoup d’appellations actuelles sont d’ailleurs totalement trompeuses, et furent données arbitrairement. 

 Une partie du mur d’enceinte de la villa.
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salle des philosophes Villa Hadrina
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1 - Une partie du mur d’enceinte de la villa.

2 - La salle des philosophes est une vaste pièce appartenant au complexe central, accolée au palais. Les archéologues supposent qu’elle servait de lieu de réunion aux hommes de lettres et philosophes que l’empereur, féru d’Arts, invitait fréquemment. Grand mécène, Hadrien venait sans doute ici les écouter discourir sur les grands thèmes philosophiques, ou lire leurs dernières oeuvres littéraires. Les niches de l’abside, bien visibles sur la photo, ont certainement contenu des statues de grands hommes romains, et non des livres comme on a pu le croire.

Théâtre maritime

Le théâtre maritime est sans aucun équivalent dans le monde romain : il s’agit d’un curieux portique circulaire à colonnes ioniques, qui était couvert d’une voûte en berceau. Au coeur du vaste cercle ainsi créé a été creusé un canal, délimitant une île sur laquelle on retrouve un atrium et un portique ! On trouve aussi des latrines, un petit complexe thermal, des pièces… une vraie habitation qui devait permettre à l’empereur de s’isoler, de rester au calme. D’ailleurs, cette île était reliée au reste par deux ponts rétractables. Cet endroit devait donc être le coeur du palais, un cocon protégé dans lequel Hadrien pouvait s’adonner à l’otium, la culture du loisir, de la lecture.
vue du théâtre maritime
vue du théâtre maritime 
vue du théâtre maritime 

Stade et thermes

Il existe dans la villa d’Hadrien deux ensembles de thermes, les grands et les petits. Se reporter à la page sur Rome pour de plus amples informations sur la fonction des bains dans l’Antiquité. Les petits thermes sont les mieux préservés, et, de loin, les plus riches en décoration. En fait, cela s’explique facilement car ils étaient destinés à l’empereur lui-même, tandis que les invités et les autres habitants se rendaient aux grands thermes, non décorés de mosaïques sophistiquées. 
thermes Villa Hadriana
Bassin d’eau froide, le frigidarium, de forme circulaire. A l’arrière-plan le haut dôme de la salle des philosophes.

stade Villa Hadriana
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palestre Villa Hadriana
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salle octogonale Villa Hadriana
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1 - Le stade est en fait un ensemble de trois cours reliées au palais d’hiver par un double porche. Il y avait des jardins d’agrément avec de petits bassins remplis d’eau.

2 - Au coeur du complexe des petits thermes se trouvait la palestre, un bâtiment rectangulaire à ciel ouvert qui permettait de rejoindre les différents bains.
3 - la salle octogonale

Ci-dessus, une des pièces les plus célèbres de l’ensemble est la salle octogonale, dont la haute voûte était percée en son centre d’un oculus. On imagine la lumière pénétrer à l’intérieur, formant un rai puissant comme dans le Panthéon romain. Le trou béant dans une partie du sol permet de magnifiquement comprendre le système de chauffage des thermes, l’hypocauste, avec son espace vide entre le sol et le plancher, soutenu par des piliers de briques entre lesquels pouvait circuler la chaleur du feu, maintenu allumé par les esclaves. 

Palais d’hiver et magasins

palais d'hiver Villa Hadriana
Sur le côté oriental du stade se trouve un ensemble de monuments imposant : le palais d’hiver. Il était réservé à l’empereur pour les mois les plus froids de l’année, car un ingénieux système de chauffage y était installé. Un vaste bassin avec des niches tout autour y était aménagé.
Villa Hadriana
Vue d’une partie du site avec, sur la droite, les Grands thermes, et, au fond, les magasins, immense structure adossée à une colline.

Grands Thermes

Les grands thermes, comme expliqué plus haut, étaient donc destinés à tous, excepté l’empereur qui possédait les siens, beaucoup plus luxueux. Un sol en mosaïque noire et blanche ornait le plancher. Ceci étant dit, nous sommes aujourd’hui émerveillés par la taille de l’ensemble, et ce devait être quelque chose de grandiose à l’époque.

Grands thermes Villa Hadriana
Grands thermes Villa Hadriana

Canope

Le clou d’une visite à la villa Adriana est le canope, grand bassin de 120 mètres de longueur aménagé dans une vallée complètement artificielle, orientée est-ouest. L’empereur a voulu recréer non loin de Rome un petit morceau d’Egypte. En effet, Canope était le nom d’une ville égyptienne réputée pour ses cultes d’Isis et Serapis, et également dédiée à Antinoüs, le favori d’Hadrien, mort noyé. Il existait en Egypte un tel bassin, reliant Canope à Alexandrie, et c’est ce dernier qu’a voulu symboliser l’empereur, le bordant d’une double colonnade. Sur un des côtés, il a également fait installer quatre cariatides, copies de celles de l’Erechteion d’Athènes, encadrées de deux statues de Silène. Tout au fond, Hadrien fait buter le bassin sur un grand édifice semi-circulaire, le Sérapéum (dédié comme son nom l’indique à Sérapis), dont la haute voûte abritait un vaste triclinium (salle à manger), certainement utilisé lors de fastueux banquets. 
canope Villa HAdriana
canope

Le côté opposé du Sérapéum est arrondi, et encadré d’une colonnade en partie reconstituée, surmontée d’architraves alternativement horizontales et arquées. Entre les espaces se trouvaient des moulages de statues, Arès, Hermès et Athéna. Enfn, posées sur deux socles, dans l’eau, deux copies de statues d’Amazones du temple d’Ephèse.
statue Arès Villa Hadriana
Statue d’Arès. Les archéologues se sont penchés très longtemps sur ce bassin magnifique, mais tellement mystérieux, car symbolique. Il représenterait la mer Méditerranée, point de jonction entre Rome et l’Egypte, trait d’union entre deux cultures. D’ailleurs on part du côté arrondi avec des statues romaines pour finir au Sérépéum dédié à des divinités égyptiennes. Ce dernier bâtiment est, nous avons oublié de le préciser, relié au vaste bassin par un plus petit, rectangulaire, qui pourrait alors représenter le delta du Nil. 


Temple de Venus

temple de Vénus Villa Adriana
Temple semi-circulaire d’ordre dorique dédié à Venus, à l’entrée du site.

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