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Italie - Sienne, le bijou toscan

Sienne, le bijou toscan...


Sienne est une des plus anciennes et des plus célèbres villes de Toscane. Sa fameuse place du Campo, en forme de conque, est peut-être la plus belle au monde, et accueille deux fois l’an la célèbre course de chevaux du palio. Son origine remonterait aux débuts de Rome, et la ville prit le nom de son fondateur, Sanius, fils de… Remus, le frère jumeau de Romulus. Senius et son frère Aschius, fuyant la colère de leur oncle Romulus, s’enfuirent de Rome avec deux chevaux donnés par les Dieux, l’un blanc, l’autre noir, pour s’arrêter fonder cette ville, dont les deux couleurs deviendront naturellement : le blanc et le noir. Outre la fameuse place, Sienne possède un patrimoine architectural unique qui lui a valu son classement au patrimoine mondial de l’Unesco.
place du Campo
La place du Campo s’ouvre comme un théâtre dont le Palazzo publico serait le mur de scène. 


Piazza del Campo

Véritable coeur de la ville, la piazza del Campo est une des plus célèbres au monde : ceci est surtout du à sa forme originale, une conque en pente ouverte vers le majestueux Palazzo Publico et sa haute tour de 102 mètres. Elle fut voulue dès le départ comme point de réunion entre les trois communautés vivant sur les collines. A une époque de conflits incessants contre la rivale Florence, il fallait montrer toute la puissance de la ville : en 1218, les travaux débutent. 
place du Campo
Piazza del Campo

fontaine Gaia
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sol de la place
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Partie basse de la place
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1 - La fontaine Gaia remonte au XVème siècle. Elle tire son nom (joie) du bonheur éprouvé par les habitants lors de son inauguration.

2 - Le sol de la place est en briques rouges agencées en forme d’arêtes de poissons, datant de 1349. 

3 - Partie basse de la place. On voit bien la Capella di Piazza au pied du palais, loggia en marbre blanc qui fut élevée en 1353 en l’honneur de la Vierge en remerciement d’avoir libéré les Siennois de la peste noire.


Palazzo Publico 

Le Palazzo publico, qui s’élève en bas de la place, est également un emblème de la ville : monument civil construit au XIIIème siècle, c’était le siège du gouvernement. De nos jours, le premier étage a été transformé en musée, le plus beau de la ville, qui permet d’admirer les somptueuses fresques des différentes pièces. Ce palais gothique est surmonté de la haute tour de Mangia (du surnom de son premier sonneur de cloches, qui avait la mauvaise habitude de dilapider en nourriture tous ses salaires !) et ses 102 mètres, ce qui en fait une des plus hautes tours médiévales d’Italie. L’horloge de 1360 que l’on voit parfaitement sur la façade de briques rouges n’indique que les heures et les jours. Petite anecdote : la tour arrive exactement au même niveau que le Duomo de la ville, afin de marquer l’égalité entre l’Eglise et l’Etat.

Palazzo publico
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Palazzo publico
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Vue sur les halles et la campagne toute proche depuis le deuxième étage du palazzo
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1 et 2 - Palazzo publico
3 - Vue sur les halles et la campagne toute proche depuis le deuxième étage du palazzo.
salle du Resorgimento
La récente salle du Resorgimento (ou Renaissance de l’Italie unifiée au XIXème siècle) est entièrement consacrée aux hauts faits de la maison de Savoie et de l’unification réussie par Victor Emmanuel II. Les fresques sont du XIXème. Sur le mur du fond, nous avons le transfert du corps de V. E. II au Panthéon. 
grande salle de Balia
La grande salle de Balia, ou salle de la Guerre, met en avant, avec ses quinze fresques, des scènes de la vie d’Alexandre III, pape siennois, depuis son couronnement, en passant par son alliance avec les vénitiens, jusqu’à la fondation de la ville d’Alessandria dans le Piémont.

la frénésie de la bataille de Saint-Sauveur, entre la flotte vénitienne et les allemands
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salle de Balia
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salle du Consistoire, décorée de tapisseries des Gobelins
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1 - L’immense fresque au-dessus d’une des portes (photo de gauche) représente la frénésie de la bataille de Saint-Sauveur, entre la flotte vénitienne et les allemands.
2 - salle de Balia
3 - La salle du Consistoire, décorée de tapisseries des Gobelins, possède sur son plafond des fresques du XVIème siècle de Beccafumi, avec les trois vertus nécessaires à la conduite d’un bon gouvernement.

Les fresques de la chapelle datent de 1406 et sont l’oeuvre de Taddeo di Bartolo. Elles illustrent cinq épisodes de la vie de la Vierge : l’Annonciation, l’adieu aux Apôtres, sa mort, ses funérailles et son assomption.
chapelle du Palazzo Publico
chapelle du Palazzo Publico
La plus célèbre pièce du palazzo publico est la salle de la Mappemonde, qui tire son nom de la grande mappemonde qui fut peinte au XIIIème siècle par Lorenzetti, mais aujourd’hui détruite (on en devine très bien l’emplacement sur le mur du fond). Elle possède trois grandes et célèbres fresques, dont deux de Martini.

Portrait équestre du condottiere Guidoriccio da Fogliano (le représentant lors du siège de Montemassi), par Simone Martini
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 Lippo Vanni peint une grande fresque monochrome, la victoire de l’armée siennoise à Val di Chiana en 1363 contre des mercenaires anglais
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1 - Portrait équestre du condottiere Guidoriccio da Fogliano (le représentant lors du siège de Montemassi), par Simone Martini (1328). Guidoriccio figure de profil, au centre de la composition, bâton de commandement en main, sur son cheval. A gauche, la cité à prendre, Montemassi, protégée par des palissades. Un mont s’élève à droite de la scène, vers des tentes et un fort d’attaque, tous deux surmontés du drapeau siennois noir et blanc.

2 - 1364 : Lippo Vanni peint une grande fresque monochrome, la victoire de l’armée siennoise à Val di Chiana en 1363 contre des mercenaires anglais.
 Maesta de Simone Martini
La fresque la plus célèbre du palais est sans conteste cette grande Maesta de Simone Martini – 1315. Gigantesque, avec 10 mètres de longueur, elle focalise l’attention sur la Madone, la patronne de la ville. Comme toute Maesta, la Vierge à l’enfant est représentée en face, dans une attitude hiératique, entourée d’anges et de saints apôtres. Les traits réalistes des visages rapprochent plus cette oeuvre d’un Giotto que d’un Duccio, plus byzantin dans sa réalisation. 

La salle des neuf doit son nom au conseil de 9 citoyens qui s’y réunissait aux XIII et XIVème siècles. Elle abrite les célèbres fresques d‘Ambrogio Lorenzetti, les effets du bon et du mauvais gouvernement, 1337 – 1340. Cet ensemble allégorique commandé par le gouvernement de la ville de Sienne met face à face les effets de deux gouvernements antagonistes : d’un côté (photos ci­-dessous), le bon gouvernement, mené par la Justice et la Concorde, amène la prospérité et de bonnes cultures ; de l’autre, un mauvais gouvernement n’amènera que pertes et désolation, que ce soit en ville ou à la campagne. 

Ambrogio Lorenzetti, les effets du bon et du mauvais gouvernement
Ambrogio Lorenzetti, les effets du bon et du mauvais gouvernement
Ambrogio Lorenzetti, les effets du bon et du mauvais gouvernement

Duomo

La cathédrale Santa Maria Assunta de Sienne remonte au XIIIème siècle. En forme de croix latine, avec coupole et campanile, elle est surtout remarquable pour son appareillage alterné de marbre blanc et vert foncé, blanc et noir étant, rappelons-­le, les deux couleurs de la ville. Comme tout grand projet architectural, celui du Duomo de Sienne a connu de nombreuses péripéties, mais celui de son agrandissement prévu est très intéressant : en 1339, alors que l’édifice possède les dimensions que l’on lui connait aujourd’hui, un ajout massif est décidé, afin de doubler la surface de l’édifice, en transformant la nef existante en transept, et, donc, en prolongeant un transept en une immense nef… C’est la peste noire en 1348 qui stoppa ce projet monumental, et l’on peut encore voir de nos jours les restes de cette nouvelle nef inachevée au sud du Duomo. L’élévation de la partie supérieure s’est faite en gothique français, avec de nombreux pinacles s’élevant vers le ciel. Voilà pourquoi cette façade fascine tant, c’est ce mélange de sobriété romane au niveau inférieur et d’exubérance gothique au supérieur qui donne un charme fou au Duomo de Sienne !
La façade est une des plus belles de toute l’Italie. Trois grands portails élégants, de taille identique, rythment cette magnifique entrée ouest ; le central est surmonté d’un soleil en bronze. C’est à Giovanni Pisano, auteur également de la chaire dans la nef, que l’on doit la direction des travaux, avec un style mêlant le gothique français et le roman toscan pour la partie inférieure. Tout autour des trois portails, on trouve une riche décoration en feuilles d’acanthes et en scènes bibliques. Lorsque Giovanni quitte brutalement ses fonctions en 1296, ses successeurs apportent des modifications à son projet, avec une volonté d’avoir une plus haute façade afin d’y insérer une rosace.
cathédrale Santa Maria Assunta , Sienne
cathédrale Santa Maria Assunta , Sienne
façade de la cathédrale Sienne
façade de la cathédrale

vue rapprochée de la façade Sienne
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on remarque bien la moulure horizontale courant le long de la nef et qui contient 172 bustes de papes en plâtre des XVème et XVIème siècles.
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 transept gauche, la chapelle de Saint-Jean-Baptiste Sienne
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statue de Donatello
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1 - vue rapprochée de la façade
2 - On remarque bien la moulure horizontale courant le long de la nef et qui contient 172 bustes de papes en plâtre des XVème et XVIème siècles.
3 - La cathédrale et son baptistère possèdent aussi de formidables sculptures qui en font un musée de la statuaire italienne. Preuve en est, dans le transept gauche, la chapelle de Saint-Jean-Baptiste.
4 - statue de Donatello
nef cathédrale de Sienne
L’intérieur de la cathédrale frappe tout d’abord par l’alternance des deux couleurs de marbre, donnant un effet saisissant à l’ensemble. Le vitrail rond du choeur a été réalisé en 1288 selon les plans de Duccio. 

Le sol en mosaïque de marbre est un des plus beaux d’Italie. Il couvre la quasi-­totalité de la cathédrale. Une quarantaine d’artistes a apporté une contribution à ce gigantesque travail d’ornementation qui s’est étalé entre le XIV et le XVIème siècle. En tout, 56 panneaux, généralement rectangulaires, qui mettent en scène des épisodes de l’Ancien Testament, des allégories, etc… Ce travail insensé de marqueterie de marbre est resté dans un état de conservation exceptionnel. Bien entendu, dans un souci de protection, la plupart sont couverts et protégés, mais l’on peut néanmoins admirer quelques panneaux.
la louve de Sienne et les symboles des villes confédérées remonte à la fin du XIVème siècle
La louve de Sienne et les symboles des villes confédérées remontent à la fin du XIVème siècle.
en 1481, Matteo di Giovanni s’attaque à un grand panneau dans le transept gauche, le Massacre des Innocents.
En 1481, Matteo di Giovanni s’attaque à un grand panneau dans le transept gauche, le Massacre des Innocents

la coupole hexagonale est surmontée d’une lanterne dorée que l’on doit au Bernin
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le maître-autel avec une immense Assomption de la Vierge par Bartolomeo Cesi (1594)
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la célèbre chaire en marbre de Carrare fut réalisée par Nicola Pisano entre 1265 et 1268.
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autel Piccolomini. Il est connu pour ses quatre sculptures dans les niches, que l’on doit au tout jeune alors… Michel-Ange !
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détail statues Michel Ange, autel Piccolomini
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détail statues Michel Ange, autel Piccolomini
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1 - La coupole hexagonale est surmontée d’une lanterne dorée que l’on doit au Bernin.
2 - Le maître-autel avec une immense Assomption de la Vierge par Bartolomeo Cesi (1594).
3 - La célèbre chaire en marbre de Carrare fut réalisée par Nicola Pisano entre 1265 et 1268. 
4 - Autel Piccolomini. Il est connu pour ses quatre sculptures dans les niches, que l’on doit au tout jeune alors… Michel-Ange ! 
5 et 6 - détail statues Michel Ange, autel Piccolomini

Duomo – bibliothèque Piccolomini

La somptueuse bibliothèque Piccolomini
La somptueuse bibliothèque Piccolomini, attenante à la cathédrale, est un écrin de choix pour les précieux livres enluminés. On est émerveillés dès l’entrée par l’éclat des fresques du Pinturicchio, réalisées au début du XVIème siècle d’après des dessins de Raphaël. L’ensemble raconte la vie de l’enfant préféré des Siennois, le cardinal Enea Silvio Piccolomini, futur pape Pie III, qui a commandé cette bibliothèque en 1492 en tant que dépositaire des livres de son oncle. Le plafond quant à lui est recouvert de scènes mythologiques.
plafond de la librairie Piccolomini
plafond de la librairie Piccolomini

les trois grâces trônent au centre, copie romaine d’un original grec
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départ de Piccolomini pour le concile de Bâle…
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 Deux scènes sont ici reproduites, la rencontre entre Philippe III et Eleonore d’Aragon et la soumission à Eugène IV.
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Pie II à Ancône
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détail de la rencontre entre Eleonore et Frédéric III.
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Réception du chapeau de cardinal.
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1 - Les trois grâces trônent au centre, copie romaine d’un original grec.
2 - Départ de Piccolomini pour le concile de Bâle
3 - Deux scènes sont ici reproduites, la rencontre entre Philippe III et Eleonore d’Aragon et la soumission à Eugène IV.
4 - Pie II à Ancône
5 - détail de la rencontre entre Eleonore et Frédéric III
6 - Réception du chapeau de cardinal.


Duomo – Baptistère

Le baptistère Saint­-Jean est situé sur la place du même nom, à l’arrière de la cathédrale. De style gothique, inachevé dans sa partie supérieure (photo de gauche), il fut construit au début du XIVème siècle. Les fresques de Vecchettia sont du XVème (photo de droite).

e baptistère Saint­-Jean Sienne
baptistère Saint Jean Sienne

vue d’ensemble du baptistère divisé en une nef et deux bas-côtés. On voit la sculpture en marbre blanc de Jacopo della Quercia qui domine les fonts baptismaux.
Vue d’ensemble du baptistère divisé en une nef et deux bas-côtés. On voit la sculpture en marbre blanc de Jacopo della Quercia qui domine les fonts baptismaux. 
 le festin d’Hérode du grand Donatello
Détail du panneau le plus célèbre des fonts baptismaux, le festin d’Hérode du grand Donatello (1427). Sur un carré de 60cm par 60, le sculpteur a mis en scène le célèbre épisode biblique. Un bourreau apporte sur un plateau la tête de Saint Jean Baptiste, ainsi que l’avait demandé Salomé à Hérode, que l’on voit reculer, effrayé de la décollation qu’il vient d’ordonner. 

Pinacothèque

La pinacothèque de Sienne possède une importante collection de primitifs italiens, dont beaucoup sont originaires de la ville. Nous présentons ici quelques­-uns des chefs­ d’oeuvre de ce musée.

Madone avec Saints, Guido da Siena (XIIIème siècle)
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Madone avec Saints, Guido da Siena (XIIIème siècle)
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Madone et Saints, Guido da Siena (XIIIème siècle)
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Madone et enfants, Duccio (XIVème siècle) – vue d’ensemble et détail
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Madone et enfants, Duccio (XIVème siècle) – vue d’ensemble et détail
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Vierge et enfant, Simone Martini (XIVème siècle)
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Saint-Jérôme, Dürer (XVIème siècle)
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1 et 2 -  Madone avec Saints, Guido da Siena (XIIIème siècle)
3 - Madone et Saints, Guido da Siena (XIIIème siècle)
4 et 5 - Madone et enfants, Duccio (XIVème siècle) – vue d’ensemble et détail
6 - Vierge et enfant, Simone Martini (XIVème siècle)
7 - Saint Jérôme, Dürer (XVIème siècle)
Petite Maesta, Ambrogio Lorenzetti (1340)
Petite Maesta, Ambrogio Lorenzetti (1340)
Annonciation, Ambrogio Lorenzetti (1344)
Annonciation, Ambrogio Lorenzetti (1344)
Annonciation, Taddeo di Bartolo (XIVème siècle)
Annonciation, Taddeo di Bartolo (XIVème siècle)

Deux vues sur Sienne : le Duomo perché sur sa colline (à gauche) et la tour Mangia qui s’élève de ses 102 mètres (à droite) : les deux symboles religieux et public unis pour la grandeur de Sienne.

 Duomo Sienne
tour Mangia Sienne

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