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Botswana - Okavango, le fleuve qui se perd dans le désert...



Ah ! le delta de l’Okavango ! Ce nom exotique nous aura fait rêver pendant des années… Imaginez un fleuve qui ne trouve jamais la mer… mais qui se perd dans l’immensité d’un désert, en l’occurence le Kalahari. Un delta gigantesque de méandres de canaux, d’îlots, des milliers de berges couvertes de papyrus (photo ci-dessous) peuplées d’éléphants, de crocodiles, d’hippopotames… L’Okavango, à l’instar du Nil qui se faufile dans le désert, est un ruban vert porteur de vie, d’exubérance, au coeur d’une des régions les plus arides de la planète. C’est chose faite, nous avons passé une nuit au coeur des marais, bercés par les grognements rigolards des hippos…

le papyrus est omniprésent dans le delta

Rien de tel qu’une vue depuis l’espace pour mieux comprendre l’organisation de ce fleuve pas comme les autres… (photo ci-dessous). Prendre de la hauteur permet de bien voir le ruban vert du fleuve qui vient se terminer en delta. Rappelons qu’un delta est un type d’embouchure particulier dans lequel le fleuve vient se scinder en de nombreux bras séparés par des dépôts d’alluvions. Delta par référence à la lettre grecque du même nom qui a une forme triangulaire.


L’Okavango fait donc partie des fleuves au monde ne trouvant jamais son embouchure. Comment est-ce possible ? Et bien il y a longtemps, le fleuve se jetait dans un immense lac aujourd’hui disparu : le lac Makgadikgadi, qui s’est asséché à l’holocène, il y a environ 10 000 ans. Aujourd’hui, c’est le sable du désert du Kalahari qui a pris sa place, et l’eau vient donc irriguer plus de 16 000 km² ! En période de hautes eaux, on peut même voir le fleuve s’avancer dans le sable pour s’y perdre. Aujourd’hui, on vient dans l’Okavango pour y admirer la faune exubérante (beaucoup d’oiseaux et de mammifères) qui habite le delta, véritable oasis dans le désert. Et pour naviguer sur ses eaux à bord d’une pirogue traditionnelle…

les couleurs de l’Okavango : au lever comme au coucher du soleil !



Quatrième fleuve d’Afrique australe avec ses 1600 km, l’Okavango prend sa source en Angola puis coule plein sud, forme la frontière entre l’Angola et la Namibie avant de pénétrer au Botsawa où il achèvera sa course dans le delta. Ce fleuve est une source de conflits entre la Namibie et le Botwana, pays tous deux arides, pour lesquels le besoin en eau courante est primordial. Le Botswana affirme qu’il ne peut se permettre de laisser la Namibie en prendre en amont (un projet de canal est étudié) car la grande majorité de l’eau s’évapore avant de pouvoir être récupérée. Le niveau du fleuve augmente terriblement une fois l’an, lorsque, à plus de 1200 kilomètres de là, les précipitations importantes s’abattent sur les montagnes de l’Angola, à la source de l’Okavango. Mais cette montée des eaux et les inondations qui s’ensuivent sont vues d’un bon oeil dans cette région aride de l’Afrique.

l’Okavango se réveille dans les brumes matinales

la nuit enveloppe l’Okavango


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1 - L’éléphant d’Afrique (Loxodonta africana) est largement présent dans le delta.
2 - C’est la même chose que l’éléphant pour la girafe (Giraffa camelopardalis).

Le Zèbre de Burchell (Equus burchelii) est omniprésent. Les zèbres mesurent environ 1m40 pour un poids pouvant aller jusqu’à 300 kilos. Les populations australes ont du marron entre les bandes noires, comme cela est bien visibles sur les photos ci-dessous.




Les zébrures sont bien évidemment les caractéristiques les plus marquées : verticales sur la partie avant de l’animal, elles deviennent ensuite de plus en plus horizontales vers l’arrière. Véritables marques d’identité des zèbres, les rayures ne sont jamais identiques d’un individu à l’autre.

Dans la longue série des théories tentant d’expliquer la présence de rayures, une semble l’emporter : ce serait pour un meilleur camouflage. Des scientifiques ont découvert que les fortes chaleurs dans la savane africaine, en tapant sur le sol, déformeraient la vision qu’auraient les prédateurs des zèbres, puisque les lignes blanches et noires se mélangeraient. Autre théorie : pour perturber le lion lors d’une attaque. Or cela ne semble pas avoir d’influence… c’est d’autant plus troublant que ces rayures peuvent aussi leur jouer un mauvais tour ! Car de nuit, un zèbre est plus visible que tout autre animal… Or les lions attaquent de nuit… Reste l’explication des moustiques ou autres mouches qui ne piquent que des animaux à la robe unie… Quoi qu’il en soit, le zèbre est rayé !

Zèbre de Burchell (Equus burchelii)

Pour progresser dans le marais (sous le soleil de plomb du marais !!), rien de tel que le moyen traditionnel, la pirogue appelée mokoro, un arbre évidé. Les fesses sur de la paille déposée au fond, on se laisse alors guider par le pilote qui utilise une longue perche pour avancer. Le niveau de l’eau n’est jamais haut dans le marais. Cette lente progression est un bon moment de calme et permet d’approcher les animaux du marais : oiseaux surtout, mais aussi quelques mammifères, des grenouilles…


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1 - mokoros, delta
2 - prêts pour le départ !


au fil du marais…

Voici un groupe de femelles de Cobes de lechwe (Kobus leche), une antilope que l’on trouve dans cette région de l’Afrique, et plus particulièrement dans l’Okavango, où c’est même, avec 60 000 individus, le mammifère le plus commun. Cette antilope est très bien adaptée à une vie semi-aquatique, et ses pattes puissantes arrière les propulsent au-dessus de l’eau. Elles ont même développé des sabots élargis plus propices aux terrains marécageux (pour une surface plus grande et donc moins de risques de s’enfoncer).

L’eau du delta est réputée pour sa pureté. On peut d’ailleurs voir sur les photos qu’elle est bien limpide ! Plusieurs raisons à cela : tout d’abord, il n’y a aucune usine ni pollution industrielle sur toute la longueur des 1600 km du fleuve Okavango. Et en plus, arrivée dans le marais, l’eau est filtrée dans le sable des alluvions et par les innombrables papyrus qui sont sur les berges. Normalement, sur les rives d’un tel fleuve, on devrait trouver de la boue, qui, avec le sable, se déposerait sans cesse sur les berges. Mais il n’y a pas de boue dans l’Okavango, uniquement du sable, capturé par les plantes sur les berges qui jouent un rôle fondamental dans la création de sols, et donc de mini-îles, qui seront, pour certaines, de plus en plus grosses. On parlera un peu plus loin de l’importance également des termites (et oui !) dans la formation des îles de l’Okavango.

au fil du delta…

mokoro au fil de l’eau…


au fil des marais...

Les grenouilles arboricoles du genre Hyperolius sont nombreuses dans les roseaux. Hyperolius parallelus (ci-dessous) est une splendide grenouille peinte des roseaux. Elle passe ses journées accrochée hors de l’eau, ce qu’elle peut faire grâce à sa peau imperméable qui demeure constamment humide. Les membres de cette famille sont toujours fortement colorés et indiquent que leur peau sécrète un violent poison.

Hyperolius parallelus


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1 - autre Hyperolius parallelus
2 - Le Calao à bec rouge (Tockus erythrorhynchus)
3 - Paysage typique du marais : eau claire, îlots, végétation aquatique abondante…
4 - En mission pour aller chercher de l’eau (elle est pure !).
5 - Un Touraco concolore – Corythaixoides concolor
6 - Les termitières, omniprésentes, ont une importance insoupçonnée !…

L’Alcyon pie (Ceryle rudis) est un martin-pêcheur commun dans le monde. Il est ici à l’affût au-dessus de l’eau.


L'Hippopotame amphibie (Hippopotamus amphibius) ! Ce « cheval du fleuve » (traduction de Hippopotamus) est l’une des deux seules espèces de la famille, l’autre étant l’Hippo nain. C’est le plus lourd artiodactyle encore vivant (donc plus lourd que la girafe, bien que beaucoup plus court…). Il ressemble à un porc mais en réalité ses plus proches cousins actuels sont les baleines et les belougas ! Son nom ‘amphibien’ est explicite : il est semi-aquatique, passant toute sa journée à dormir dans l’eau, laissant sortir le dos et la gueule, voire seulement les narines. La nuit en revanche, il sort sur la terre ferme pour se nourrir de plantes et d’herbe : c’est là qu’il y a danger car il peut charger toute personne se trouvant sur son chemin. Notre guide nous mettait en garde souvent lorsque l’on campait près d’hippos, car il fallait la nuit bien regarder avec la lampe si aucun hippo ne se trouvait à proximité. On ne rigole pas avec les hippos à la gueule pourtant débonnaire : troisième mammifère terrestre au monde par le poids (derrière l’éléphant et le rhino blanc), il fait plus de 200 morts par an et est considéré comme un des animaux les plus dangereux et agressifs d’Afrique.

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