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Botswana - Chobe, au royaume des éléphants



Créé en 1967, le parc national de Chobe est un haut lieu de la nature au Botswana, et même dans toute l’Afrique, puisqu’avec ses 50 000 éléphants répartis sur les 12000 km² de la réserve, c’est tout simplement la plus grande concentration de tout le continent ! Ces éléphants sont une variante appelée « éléphant du Kalahari » : ils sont plus massifs que toute autre population africaine, mais leurs défenses sont moins longues, peut-être un résultat du manque de calcium dans le sol du parc. Leur nombre est en constante augmentation depuis les années 1990. Aujourd’hui la situation est telle que des solutions doivent être trouvées pour désaturer la réserve ! Une visite traditionnelle à Chobe s’effectue le long de la rivière du même nom.

éléphanteau protégé par sa mère, Chobe

Les 12000 km² du parc peuvent être divisés en quatre écozones très variées, et nous avons visité une partie de celle appelée « Serondela » : il s’agit du bord de la rivière Chobe, à l’extrême nord-est du parc. La végétation est constituée de plaines luxuriantes et de forêts. Elle doit sa grande concentration en animaux à la rivière qui, en période sèche, constitue un point d’eau capital ! (précisons que les eaux de cette rivière se jettent quelques dizaines de kilomètres plus loin dans celles du Zambèze, et
donc ensuite dans les fameuses chutes homonymes…).

rivière Chobe, avec Vero dans un des seuls instants où il est possible de descendre un peu du véhicule

la rivière Chobe


le paradis des éléphants…

Nous n’avons pas tardé à voir nos premiers éléphants ! De part et d’autre des pistes en terre rouge, ils
s’envoient du sable sur le dos pour lutter contre les parasites et bien entretenir la peau

L'éléphant d’Afrique (Loxodonta africana) ! Plus gros mammifère terrestre, ce mastodonte pèse de 6 à 9 tonnes pour une hauteur de 3 à 3,5 mètres ! Il peut en course atteindre les 40 km/h, ce qui est remarquable pour un animal de cette taille ; son allure au pas est de 6 km/h. L’éléphant d’Afrique se caractérise par sa large tête, ses grandes oreilles couvrant les épaules et favorisant les échanges de chaleur (c’est très pratique pour en perdre quand il fait trop chaud), une trompe musculeuse, issue de la fusion et de l’élongation du nez et de la lèvre supérieure, et des défenses, présentes chez le mâle comme chez la femelle, bien que plus plus développées chez le premier. Il est protégé par une peau épaisse parsemée de poils.


Les éléphants sont herbivores, mais leur alimentation va bien entendu dépendre de leur milieu de vie : certains vivent en forêt, d’autres dans des semi-déserts… Quatre grosses molaires de 30 cm de long leur permettent de broyer ces plantes. Elles sont remplacées une fois usées, mais un nombre de fois limité, si bien que les vieux individus meurent de faim le plus souvent et non de vieillesse. Ils peuvent parfois faire de gros ravages dans les arbres, les mettant à terre : chaque éléphant consomme en moyenne 225 kilos de végétaux !

Ce sont des animaux très intelligents, avec un cerveau de grande taille. Ils vivent dans des sociétés matriarcales, emmenées, donc, par la femelle la plus âgée, accompagnée d’autres femelles et de jeunes. Eventuellement un jeune mâle peut les suivre, mais quittera vite le groupe en grandissant pour rejoindre un groupe de même sexe. Ils n’ont pas de prédateurs, mais des lions peuvent attaquer des individus affaiblis. Terminons en tordant le cou à une idée très répandue sur les supposés « cimetières d’éléphants », où les animaux se rendraient pour mourir. En réalité, leurs molaires affaiblies, les vieux individus sont poussés vers des endroits où la nourriture est plus facile à assimiler et meurent donc dans les mêmes parages.



un jeune éléphant trouve protection auprès de sa mère

éléphanteau

L'Hippopotame amphibie (Hippopotamus amphibius) ! Ce « cheval du fleuve » (traduction de Hippopotamus) est l’une des deux seules espèces de la famille, l’autre étant l’Hippo nain. C’est le plus lourd artiodactyle encore vivant (donc plus lourd que la girafe, bien que beaucoup plus court…). Il ressemble à un porc mais en réalité ses plus proches cousins actuels sont les baleines et les belougas ! Son nom ‘amphibien’ est explicite : il est semi-aquatique, passant toute sa journée à dormir dans l’eau, laissant sortir le dos et la gueule, voire seulement les narines. La nuit en revanche, il sort sur la terre ferme pour se nourrir de plantes et d’herbe : c’est là qu’il y a danger car il peut charger toute personne se trouvant sur son chemin.

L’Hippopotame amphibie (Hippopotamus amphibius)


Le Phacochère (Phacochoerus africanus) est un membre sauvage de la famille des porcs, vivant exclusivement en Afrique. Pouvant peser jusqu’à 150 kilos et mesurer 1,5 mètre pour les plus grands mâles, on reconnaît immédiatement le phacochère à ses deux paires de défenses lui sortant de la gueule et qui lui servent à se défendre contre des ennemis (on a déjà vu des phacochères infliger de sérieuses blessures à des lions !). Ces défenses peuvent atteindre 60 centimètres ! Elles peuvent aussi lui être utiles pour creuser le sol. Un phacochère est omnivore : il peut se nourrir tout aussi bien de racines que d’herbes, d’écorces, de champignons, de petits animaux morts et même des reptiles et oiseaux. Capable de piquer de rapides sprints de 50 km/heure, on le voit souvent la queue en l’air. Malgré une vue médiocre, il se repère aisément grâce à son odorat remarquable.

Voici le Babouin chacma (Papio ursinus) : avec sa taille pouvant atteindre plus d’un mètre et trente kilogrammes, cette espèce de babouin très répandue en Afrique australe fait partie des plus gros babouins. On le reconnaît à sa couleur marron – grise et son très long museau allongé. Ils vivent en groupes sociaux comprenant plusieurs mâles et plusieurs femelles. Ces groupes, comme souvent chez les primates, est structuré hiérarchiquement : une femelle occupe la position principale et n’en change pas, tandis que chez les mâles, la place de dominant est sans cesse remise en jeu en fonction des combats et intimidations. L’infanticide est fréquent chez le chacma, arrivant lorsqu’un mâle fraîchement installé au sommet de la hiérarchie tue la descendance de l’ex-leader.

Babouin chacma (Papio ursinus)



Voici un Impala (Aepyceros melampus). Le nom grec Aepyceros signifie « cornes hautes » et melampus « taches noires » : tout est dit ! Les impalas (le nom vient de la langue zoulou) sont des antilopes répandues en Afrique australe, et on les reconnait aisément à leurs cornes en forme de lyre et les deux taches noires sur l’arrière des pattes arrière. Fantastiques coureurs, les impalas, qui vivent en groupe, peuvent s’enfuir en piquant des sprints avec des bonds de 2m50 de hauteur et 9 mètres de long ! Les grands troupeaux (jusqu’à 200 têtes) sont formés de femelles et de jeunes Les mâles eux établissent des territoires englobant plusieurs femelles et tentent de les maintenir en place. Dépendants de l’eau pour vivre, on ne les trouve jamais très loin d’un point d’eau et ils s’engagent dans des migrations saisonnières.

Impala (Aepyceros melampus)

Impala (Aepyceros melampus)



Une somptueuse Antilope des sables (Hippotragus niger). Il s’agit ici d’un individu mâle, les femelles ayant un pelage marron. Diurnes, les hippotragues sont herbivores et vivent la plupart du temps en troupeaux.

Au loin, la tête dépassant les acacias, voir une girafe (Giraffa camelopardalis) reste toujours un grand moment ! Ah la girafe ! le plus grand ruminant au monde, le plus haut bien entendu (5 à 6 mètres pour les plus grands mâles). Beaucoup de choses à dire sur la girafe ! Commençons par son nom latin camelopardalis : il vient des Romains qui considéraient cet animal comme un croisement entre deux autres espèces : le chameau et le léopard. Cameleopard fut donc son nom durant des siècles. Ce n’est qu’au XVIème siècle que l’on voit apparaître le mot girafe, venant de l’arabe ziraafa signifiant « grand ». Les fossiles sont une aide précieuse pour comprendre l’origine de la girafe : elle viendrait d’antilopes de trois mètres de hauteur vivant il y a 30 à 50 millions d’années.


Une telle taille impose des modifications physiologiques drastiques : ne serait-ce que pour le système circulatoire ! En effet, le coeur, qui peut peser dix kilos, doit pourvoir pomper le sang pour le ramener jusqu’à la tête ! Il y a donc un complexe système de régulation de pression dans le haut du cou, qui empêche par exemple le sang de trop parvenir dans le cerveau lorsque la girafe a la tête en bas pour boire. Il y a aussi une pression énorme dans les jambes, unique chez les animaux. Les femelles se regroupent toujours en petits groupes. Ce groupe peut comporter un jeune mâle, qui habituellement rejoint d’autres mâles. Les plus vieux, eux , sont solitaires. Les girafes sont polygames et au bout de 15 mois, un seul petit naît, mais plus de 50% meurent rapidement (attaques soudaines des prédateurs).



Leurs caractéristiques principales, outre la taille, sont : les taches sur le corps, réparties uniformément sauf sous le ventre. Aucune girafe n’a le même motif qu’une autre, c’est leur carte d’identité, comme les zébrures le sont pour les zèbres. Les cornes ensuite, que les femelles ont plus petites que les mâles. sont un moyen infaillible pour distinguer les deux sexes : les cornes de la femelle se terminent par une touffe de poils, tandis qu’elles sont chauves chez le mâle (un résultat des nombreux combats pour avoir une femelle). Signalons que les cornes sont constituées de cartilage. Le cou, lui, est très long, et donne la forme élancée à la girafe. Elle ne possède pas pour autant un plus grand nombre de vertèbres que les autres animaux : sept, ce qui est le bon chiffre, mais elles sont allongées grâce à des joints flexibles entre chacune d’elles. Bien entendu, le long cou est une adaptation pour aller chercher les feuilles au sommet des arbres, ce qui permet à la girafe d’accéder à une niche nutritive qui n’appartient qu’à elle. Les pattes avant sont plus longues de 10% que les pattes arrière. Elle peut courir très vite (55km/h) mais pas longtemps. Ce sont bien sûr ici que les prédateurs tentent de les attraper pour les faire tomber : seuls les lions leur posent une menace sérieuse mais la girafe peut très bien se défendre, un seul coup bien placé pouvant lui fracasser le crâne.

la girafe

Une Tortue léopard (Geochelone pardalis). Grosse tortue africaine typique des habitats de savane et de milieux secs, la tortue léopard (dont le nom rappelle la livrée ponctuée de noir du félin) peut vivre jusqu’à plus de cent ans ! Par la taille (elle peut atteindre les 60 centimètres), c’est la 4ème plus grande tortue au monde. Herbivore, elle est particulièrement bien adaptée à ce milieu, pouvant courir vite sur le sable, creuser pour pondre, grimper des rochers ou encore rester dix minutes sous l’eau…

Tortue léopard (Geochelone pardalis)


du côté des oiseaux…

Les Cordon-bleu de l’Angola (Uraeginthus angolensis) ont une magnifique couleur bleue et vivent dans les profondeurs de buissons épineux.


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1 - Choucadors à épaulette rouge (Lamprotornis nitens)
2 - Francolin huppé (Francolinus sephaena)
3 - Bec-ouvert africain (Anastomus lamelligerus)
4 - Pygargue vocifère (Haliaeetus vocifer)

Finissons avec le Rollier à longs brins (Coracias caudatus). Splendide rollier très répandu au sud du Sahara, il nous a accompagné durant tout notre périple, perché sur les arbres ou les fils télégraphiques, à l’affût du moindre insecte.
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Botswana - Chobe, au royaume des éléphants Botswana - Chobe, au royaume des éléphants Reviewed by RENOULT on 24 novembre Rating: 5

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