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Argentine - Péninsule Valdès, au pays des baleines



La péninsule de Valdès est une immense réserve naturelle inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, excroissance de 100 kilomètres de large par 63 de long reliée à la Patagonie argentine par un isthme de 35 kilomètres reliant deux golfes ouverts dans l’océan atlantique : le golfe de San José au nord et le Nuevo au sud. C’est une péninsule désertique, recouverte de pampa où se cachent nandous et autres guanacos. Cette terre sauvage et battue par les vents fut découverte par Magellan en 1520, à son arrivée sur les côtes patagoniennes.

Vero admire les éléphants de mer de la péninsule Valdès

La péninsule de Valdès est un véritable sanctuaire qui abrite, selon les saisons, de très nombreux mammifères marins : baleines franches australes bien sûr (c’est ce pourquoi, entre autre, nous sommes là), mais aussi éléphants de mer, lions de mer, orques qui viennent chasser sur les plages les otaries, dauphins… ainsi qu’une foule d’espèces d’oiseaux marins, dont les manchots de Magellan. Ce sont les baleines qui ont rendu Valdès célèbre dans le monde entier. Dès la fin de l’hiver, en août, les femelles de franches australes viennent donner naissance à leurs petits dans les eaux calmes, peu profondes et chaudes des deux golfes. Quant aux éléphants de mer australs, ils se rencontrent toute l’année (espèce Mirounga leonina).


El Doradillo

Le premier contact avec une baleine est inoubliable : ici sur la plage de El Doradillo, non loin de Puerto Madryn. On les entendait souffler de très loin, et certaines sauter ! Magique ! Celle-ci se reposait sur le dos avec son petit à ses côtés, à quelques mètres seulement de la plage. On voit sur cette photo une nageoire pectorale.

La baleine franche australe (Eubalaena australis) est un mammifère appartenant à la classe des cétacés, sousclasse des mysticètes, qui comprend les grandes baleines à fanons, qui leur servent à se nourrir. Une autre caractéristique particulière de cette espèce sont ses ailes pectorales larges et courtes, et le fait de ne pas avoir des nageoires dorsales. La tête est ronde et mesure un tiers du long de son corps. Elle a deux orifices respiratoires, par lesquelles elle exhale et on peut voir le typique nuage en « V » qui peut atteindre jusqu’à 4 mètres de hauteur. Elle mesure un peu plus de 15 mètres et pèse entre 40 et 60 tonnes.

« whale-whatching » sur la plage, qui dit mieux ? C’est ce qu’on appelle un contact proche !

On ne la trouve que dans l’hémisphère sud, ente les parallèles 20º et 64º. C’est durant la saison de reproduction (automne à printemps) que l’on peut les observer dans les eaux peu profondes de la péninsule de Valdès. Puis, une fois les petits nés, elles se dirigent vers les zones d’alimentation, vraisemblablement la Géorgie du sud pour les animaux vus à Valdès. Le trait le plus caractéristique de ces baleines, c’est la présence de callosités sur la partie supérieure et les côtés de la tête dont le tissu a une consistance cornéenne. Chaque baleine peut être identifiée par ces callosités qui ne changent pas avec l’âge.


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1 - Toujours sur la plage de El Doradillo, cette baleine est restée une bonne heure à quelques mètres de la plage.
2 - C’est surtout le bruit du souffle qui était extraordinaire, nous avions du mal à réaliser que nous nous trouvions à quelques mètres du plus gros mammifère au monde.

La baleine franche a son premier petit à l’age d’entre 7 et 9 ans. La majorité des baleines franches femelles sont observées dans la Péninsule Valdés seulement les années de gestation, ce qui se produit en général une fois tous les trois ans. Les petits mesurent en moyenne à leur naissance 5.5 mt. La copulation des baleines franches est un événement spectaculaire, qui se réalise au sein d’un groupe de 2 à 10 individus. Fréquemment la femelle se met avec le ventre vers le haut pour éviter la copulation, mais quand elle se tourne pour respirer, immédiatement tous les mâles plongent pour copuler.


La période de gestation dure plus ou moins un an et les premiers petits commencent à naître à partir du mois de juin jusqu’à la moitié d’octobre. Pendant cette période la péninsule devient une grande nursery. C’est ici que les petits restent leurs trois premiers mois de vie.

 Puerto Madryn

Les sorties en mer pour aller rendre visiter aux cétacés se font à partir du minuscule village de Puerto
Pyramides, à 180 kilomètres de Puerto Madryn. Un endroit vraiment paumé, au bord de l’océan Atlantique, entouré de kilomètres de pampa désertique. Là-bas, plusieurs compagnies vous attendent, mais toutes opèrent de la même façon : pas d’embarcadère en bois, cela nuirait à l’environnement sauvage. Les bateaux sont poussés dans l’eau par des tracteurs ! C’est original. Quant à l’accoutrement, pas de commentaire…



Très vite, le guide voit au loin les puissants jets des baleines, et met le cap sur elles. Moteur coupé, c’est alors un moment de contact avec elles, qui passent et repassent, parfois sous le bateau, sans se soucier le moindre du monde de nous. On se dit que la chasse à la baleine devait être une activité bien facile et uniquement destinée aux imbéciles  en manque de virilité, à voir le caractère non craintif de ces géants des mers. Elles ont toutes la gueule couverte de coquillages, et sont accompagnées en permanence de mouettes ou autres oiseaux marins.

un individu passe tout près du bateau

L’alimentation : la baleine est le plus gros animal qui ait jamais existé, et pourtant, il passe la plus grande partie de sa vie sans se nourrir ! c’est seulement en été, en effet, qu’il fait les provisions, en s’alimentant des plus petits organismes qui soient… nous sommes des deux côtés de l’échelle du vivant en matière de taille ! Le krill, constitué de minuscules animaux (zooplancton), copépodes ou larves de vertébrés et d’invertébrés, constitue son plat favori.


Afin de ratisser les eaux profondes et riches durant ce court été austral, elles utilisent leurs fanons, qui sont fixés de part et d’autre de la mandibule supérieure. En tout, plus de 200 petits systèmes de filtration ! Ces sortes de poils (qui n’en sont pas) sont constitués de kératine, protéine qui forme nos cheveux ou nos ongles.


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1 et 2 - baleine franche australe (Eubalaena australis)
3 - Un morceau de queue, et hop ! on disparaît ! nous avons été un peu déçu de ne pas voir de plus près les fameux sauts des baleines, elles ne semblaient le faire que de très loin…

Afin de récupérer le maximum de krill, elle nage doucement avec la bouche moitié ouverte, quelquefois à la surface et d’autres fois à moitié submergée. En avançant, l’eau entre dans sa bouche, mais ne s’accumule pas parce qu’elle s’évacue par les côtés, après avoir traversé les fanons. De cette façon des milliers de proies restent tamisées dans un filet de fine maille. Lorsque nous observons les baleines franches dans la péninsule de Valdès en plein hiver, elles vivent sur leurs réserves de graisse accumulées durant le dernier été.

Celle-ci est passée si près de nous, nous surprenant totalement, que la photo
est floue ! Un beau portrait en tout cas, et une confirmation que les
coquillages et balanes sont très envahissants !

La couche de graisse d’une baleine franche bien alimentée peut avoir 0.5mt d’épaisseur, et représente l’assurance de vie pour la saison de reproduction. Les baleines franches australes ont été déclarées monument naturel par la loi 23.094, et sa population actuelle ne dépasse pas les 7000 individus.


Les baleines franches de la Péninsule de Valdés constituent l’une des populations les plus nombreuses encore existantes, composées d’environ 2500 individus, dont 600 se donnent rendez-vous chaque année dans les golfes Nuevo et San José. Leur population s’accroît de 7,1 % annuellement, ce qui est encourageant, mais il ne faut pas baisser la garde…

Cap sur Caleta Valdes, sur la côte est de la péninsule, qu’il faut par conséquent entièrement traverser. Nous avions loué un véhicule, c’est la manière la plus agréable de se déplacer. Mais attention aux routes ; si elles semblent filantes (il suffit de voir le genre de lignes droites qu’il y a…), il faut prendre garde à ne pas déraper sur les gravillons, c’est traître. Le paysage est ce qui se fait de plus monotone au monde : c’est bien simple, il n’y a rien sur des centaines de kilomètres, juste quelques herbes et heureusement quelques guanacos et oiseaux. C’est un bon et vrai « bout du monde », battu par les vents.

Les mâles d’éléphants de mer (Mirounga leonina), nettement plus gros que les femelles, peuvent mesurer près de 6 mètres et peser plus de 3.500 kilos. Les plus vieux sont reconnaissables à leur museau qui prend avec l’âge la forme d’une sorte de petite trompe. Les éléphants sont disséminés un peu partout autour de la péninsule, mais leurs plus larges colonies peuvent être généralement vues à Punta Norte et à Punta Delgada. Les éléphants de mer passent la plus grande partie de la journée à dormir sur la plage. Même les jeunes sont incroyablement paisibles et se laissent approcher sans problème.


Seuls les mâles sont relativement actifs, surtout dans les zones à forte concentration d’éléphants de mer. On observe alors assez fréquemment des bagarres entre les vieux mâles dominants possédant un harem et d’autres prétendants. Tout mâle qui se respecte se retrouve alors assez rapidement couvert de cicatrices.

arrivés à Caleta Valdes, nous descendons sur la plage admirer le bain de soleil des éléphants de mer
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Argentine - Péninsule Valdès, au pays des baleines Argentine - Péninsule Valdès, au pays des baleines Reviewed by RENOULT on 04 novembre Rating: 5

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