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Espagne - Cordoue la musulmane


Cordoue la riche ! une incroyable ville que nous avons adorée, devant Séville ou Grenade. En se promenant dans le vieux quartier de la Juderia, on se rend compte du passé incroyable de cette cité, où là encore les époques se superposent : de l’époque romaine à sa place prépondérante au Moyen-Age en tant que capitale d’un califat musulman, Cordoue a été un noeud intellectuel et commercial majeur. Imaginez un peu : aux Xème et XIème siècles, les historiens affirment que Cordoue était la ville la plus peuplée au monde, et le centre intellectuel le plus influent d’Europe ! Même si aujourd’hui la ville est modeste avec ses 350 000 habitants, il reste un côté absolument magique à déambuler dans les ruelles marquées par l’Histoire. Notre visite s’articulera en quatre temps : la cité arabe ruinée de Medina al Azarat au nord-ouest, un peu à l’écart dans les collines, le palais de Viana, la fameuse mosquée que l’on ne présente plus, et le riche quartier juif, la Juderia.

l’incroyable forêt de piliers de la Grande Mosquée, chef-d’oeuvre absolu de la ville

Medina al Azarat


petite histoire de la cité... La ville de Medina al Azarat, ou « jolie ville », ou encore « ville de Zahra », est la ruine d’une vaste cité-palais fortifiée de l’époque arabe médiévale. Elle fut érigée sous le règne du calife de Cordoue Abd-ar-Rahman III al-Nasir en 936, à quelques kilomètres au nord-ouest de la ville, dans une zone de petites collines. Cette cité eut une importance considérable puisqu’elle fut la capitale du royaume d’El Andalus, abritant au sein de ses murs l’administration et le gouvernement. L’ensemble est vaste et rassemble tout ce dont peut avoir besoin une ville : aqueduc pour amener l’eau, habitations, jardins, mosquées, bureaux administratifs, boutiques, bains, bâtiments de réception… La décision d’ériger là une nouvelle cité fut essentiellement idéologique : le nouveau calife se devait de montrer sa puissance en faisant bâtir la Medina. Une légende veut également qu’il ait voulu faire plaisir à sa favorite Zahara. Medina al Azarat connut une histoire singulièrement rapide, car si le fils d’Abd-ar-Rahman III continua, à la mort de son père, d’embellir la cité, elle ne fut plus ensuite le lieu de résidence des califes, et connut une destruction quasi totale au tout début du XIème siècle lors d’une guerre civile. Elle fut oubliée… et comme souvent en archéologie ne fut redécouverte que bien plus tard, en l’occurence en 1910. En un siècle, environ 10 % de la Medina ont été fouillés, avec des bâtiments prestigieux mis au jour comme les bains ou les résidences aristocratiques.

La Medina est construite sur une succession de terrasses artificielles creusées sur les pentes de la Sierra Morena, à quelques kilomètres au nord du fleuve Guadalquivir. Construire sur les hauteurs procure des avantages évidents : outre le paysage, c’est un lieu d’où l’on peut voir l’ennemi potentiel venir de loin, et pour une forteresse, mieux vaut être en hauteur. Symboliquement également, le calife domine le fleuve et Cordoue : la plaine semble appartenir à la Medina. Une carrière de calcaire à proximité fournissait l’essentiel des matériaux.


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1 - vue générale du site
2 - la porte du Nord. C’est une ouverture au centre de la muraille.
3 - ensemble résidentiel de la deuxième terrasse
4 - Vero dans la Maison militaire
5 - en route vers la Grande Porte, que l’on distingue à gauche, plein sud
6 - vue d’ensemble de la première terrasse


Le plan architectural de la ville est étonnant dans la mesure où il ne répond pas aux normes en usage pour une cité arabe (labyrinthe de ruelles) : trois terrasses forment un immense rectangle de 112 hectares. Au sein même du complexe, le relief a permis de mettre en relief les différentes zones en fonction de leur importance : le palace au sommet, dominant les autres habitations des officiels sur la deuxième terrasse et les gens plus modestes sur la troisième, en bas.



le Dar-Al-Jund, ou Maison militaire, en forme de basilique à cinq nefs. C’est ici que les invités étaient reçus, dans deux vastes pièces, par le calife

La Grande Porte est la plus importante et symbolique de la Medina. Elle donne accès à la zone politique et administrative de la ville. Elle fut conçue comme une succession de quatorze arches, formant le côté occidental d’une vaste place dominant la Mosquée. La décoration des arcades est en plâtre blanc alterné avec des briques. Cette porte devait impressionner tout visiteur désireux de pénétrer au coeur de la Medina.

la Grande Mosquée fut l’un des premiers bâtiments à avoir été construits dans la Medina, dès 941. C’est la principale mosquée de la ville, proche des habitations du calife qui pouvait lui-même donner la prière du vendredi aux fidèles. Orientée vers la Mecque, elle occupe la partie orientale de l’esplanade supérieure. Même si l’ensemble est totalement en ruines, les archéologues ont une bonne idée de sa structure, faite de cinq nefs pour la salle de prières. Seul l’emplacement du calife était recouvert au sol de dalles d’argile, le reste étant couvert de tapis à même le sol. La base du minaret est bien identifiable. Il faut imaginer l’exubérance de cette ville durant le Moyen-Age !

Le coeur du palais était malheureusement (pour nous) en restauration lors de notre passage en février 2011 et l’on n’a pu admirer l’intérieur du Salon Riche d’Abdar Rahman III, hall du palais pour les grandes cérémonies et réceptions offertes par le calife pour impressionner le visiteur et lui montrer luxe et richesse de la Medina. La construction de l’ensemble n’a duré que trois ans, des inscriptions ayant été retrouvées sur certaines pierres. Les arcades bicolores de l’intérieur sont similaires à celles de la Grande Mosquée de Cordoue.

Salon Riche d’Abd-ar-Rahman III

Palais de Viana

Le palais de Viana est une immense résidence civile du XIVème siècle, déclaré monument historique par la ville en 1981. Il a subi diverses réhabilitations au fil des siècles. Aujourd’hui musée, on y vient découvrir les nombreuses salles à la riche décoration, mais aussi prendre le frais dans ses célèbres patios fleuris, le tout sur 6500 m² (dont plus de la moitié pour les jardins).

à l’ombre des patios en fleurs…


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1 - Entrée du palais. Une corniche sépare en deux ce morceau de façade ; dans la partie supérieure, deux sculptures mythologiques se font face ; au-dessus de la fenêtre, le blason de la famille. La propriété a changé de main au fil des années, et fut agrandie par la même occasion. Le Marquis de Viana fut en fait le dernier occupant.
2 - commençons par un des patios les plus importants, celui dit Recibo. De forme légèrement trapézoïdale, ce patio est entouré d’une galerie avec arches de style roman et chapiteaux toscans. Sur un des côtés (de là où la photo est prise) la galerie s’interrompt, certainement afin de laisser passer des charrettes pour déposer les marchandises. Quant à la végétation, elle est particulièrement exubérante, avec de nombreux philodendrons ou bougainvilliers, et un palmier au centre. Le sol est une alternance de pierres blanches et sombres pour créer un effet de dynamisme.

le patio des Archives. Beau contraste entre le blanc des murs, le bleu des portes et fenêtres et le vert tendre de la végétation, essentiellement des orangers. La fontaine dodécagonale au centre est couverte de mosaïques sévillanes.


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1 - le patio des Orangers, au même nom que celle de la Grande Mosquée
2 - patio de la Porte, avec une fontaine centrale baptismale



d'où vient le patio, si fréquent dans les maisons de Cordoue ? Un patio est une cour intérieure à ciel ouvert, de base carrée. Son origine remonte à l’Antiquité, puisqu’il correspond à l’atrium romain, pièce centrale de la domus ou de la villa. En ce qui concerne le mot patio, il vient de l’occitan et signifie « terrain vague, pâture ». Espace de repos, de détente, ouverture vers l’intérieur, c’est le coeur de la maison. Généralement, une galerie couverte bordée de colonnes en fait le tour (c’est le péristyle antique). C’est surtout en Espagne, et plus particulièrement en Andalousie (chaque année à Cordoue existe un concours du plus beau patio dans toute la ville), ainsi que dans les pays du Maghreb, que les patios font partie intégrante de l’architecture de la maison. Ainsi, cette dernière ne possède parfois aucune fenêtre vers l’extérieur : toutes les pièces donnent vers l’intérieur, vers ce puits de lumière qui communique, lui, avec le monde extérieur. Au centre du patio se trouve généralement une fontaine, ou un bassin, rappelant là encore l’impluvium romain. Dans les patios de mosquées, la fontaine sert de décoration, ou de lieu d’ablution. Notons enfin que certains patios espagnols servirent au XVIème siècle de lieux de représentations théâtrales : des comédies populaires étaient organisées sur un des quatre côtés, les trois autres étant dédiés aux spectateurs. Le patio, lieu de vie et de culture.


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1 - la salle au plafond est une des plus riches du palais
2 - le salon des sens, de style neo-classique, avec peintures représentant les cinq sens humains
3 - la belle bibliothèque et ses 7000 volumes

La belle bibliothèque et ses 7000 volumes est un exemple de la richesse incroyable acquise par le marquis de Viana. C’est la langue française qui domine, avec plus de la moitié des ouvrages dans la langue de Molière. Quant au thème de prédilection des propriétaires, c’était la chasse… Chacun des livres est relié en cuir. Le portrait peint que l’on voit sur la photo est de l’artiste sévillan Murillo, il représente un des plus anciens propriétaires de la maison, Saavedra.

Vero sur le parvis de l’église Santa Marina, une de ces églises dites « fernandines » du nom de Ferdinand III de Castille qui récupéra la ville aux mains mauresques durant le XIII ème siècle. Elle fut érigée en lieu et place d’une mosquée maure dont il ne reste plus aucune trace.

la Mezquita

Encore un lieu chargé d’histoire lorsque l’on pénètre dans l’enceinte de cet immense vaisseau de pierre, la cathédrale-mosquée de Cordoue, héritage du patrimoine mondial, classé à l’Unesco. Chargé d’histoire car avant même la mosquée se trouvait un temple romain dédié au dieu Janus. Puis ce furent les Wisigoths qui détruisirent le temple pour ériger une église, Saint-Vincent. Les arabes s’approprièrent le lieu pour l’immense mosquée que nous connaissons, mais les chrétiens la récupérèrent en 1236 et la transformèrent en cathédrale, en son centre. Nous verrons tout ça plus bas dans le détail, mais il faut retenir la fameuse phrase de Charles Quint, qui, ayant pourtant donné l’ordre de détruire une partie de la mosquée, s’écria en se rendant à Cordoue :

Vous avez détruit ce qu’il y avait d’unique au monde pour construire ce que l’on voit partout !

Heureusement, il reste de magnifiques pans de cette Mezquita, et bien entendu la fabuleuse forêt de piliers ainsi que le Mihrab richement décoré. Sur le plan ci-

contre,

on peut voir plusieurs couleurs. Elles marquent les étapes successives de la construction du bâtiment, et l’on voit clairement que chaque souverain y est allé de son extension. Diverses phases peuvent ainsi être séparées :
– c’est à AbdelRahman Ier que l’on doit, en 786, les débuts de la
construction : la mosquée primitive (couleur orange et verte pour la cour des orangers). La salle de prières était rectangulaire et possédait onze nefs complètement ouvertes sur la cour des orangers, le lieu des ablutions ; le mur qui existe aujourd’hui n’existait pas, c’est un rajout des catholiques des siècles après. Le minaret, dans le coin de la cour, date aussi de cette époque.
– premier agrandissement avec AbdelRahman II (couleur orange) : il double le nombre de nefs. Il faut noter qu’à chaque agrandissement le Mihrab doit être détruit et repoussé.
– deuxième agrandissement, celui d’El Hakam II (couleur orange foncé)
– dernier agrandissement, celui d’Al Mansour (couleur rouge), qui souhaitait continuer à ajouter des nefs dans le même sens mais en fut empêché par le fleuve Guadalquivir tout proche : il ajouta donc vers l’est huit travées sur toute la longueur, doublant quasiment la superficie total de la mosquée, mais excentrant complètement le minaret.

Chiffre final avant l’intervention chrétienne : 23 000 m²(deuxième mosquée au monde derrière la Mecque).

Les chiffres sur le plan renvoient aux photographies présentées ci-dessous :
1 – vue sur le minaret
2 – la cour des orangers, le lieu des ablutions
3 - la forêt de colonnes
4 - la cathédrale chrétienne
5 – le Mihrab arabe


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1 et 2 - (plan 1) : vue nocturne de l’extérieur de la Mosquée et de son minaret. Tout le mur est une muraille à créneaux fortifiée de tours.


détail du mur extérieur et de ses nombreuses portes


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1 - aujourd’hui sont exposés des morceaux de la charpente primitive du toit de la Mosquée, en bois de mélèze
2 - minaret de la mosquée

La cour des Orangers (plan 2), partie intégrante et fondamentale de la mosquée, puisque lieu des ablutions avant de pénétrer dans la salle des prières, est aujourd’hui dominée par la cathédrale qui s’élève au centre de l’édifice. Bon, pour le nom de la cour, cela paraît évident, elle est remplie… d’orangers (98 pour être précis) ! Néanmoins, ce n’était pas le cas lors de sa construction car les oranges n’ont été introduites en Espagne qu’au XVème siècle. A l’origine, cette cour s’appelait plutôt cour des palmiers. Quelques cyprès viennent compléter l’ornement, et ce dès son origine. La cour des Orangers est donc un vrai jardin, un des plus vieux d’Europe certainement, puisque aménagé en 784 sous AbdelRahman Ier. Quant au minaret, il fut englobé au XVIème siècle dans la tour baroque de 93 mètres de hauteur que l’on voit sur la photo.

cour des Orangers



une cour pour les ablutions... Les ablutions ont toujours été, dans la religion musulmane, un principe moteur de pureté (Tahara en arabe). Toute mosquée doit comporter un emplacement avec un bassin ou une fontaine pour faire ses ablutions. En aucun cas l’ablution ne sert à laver le corps : elle est là pour laver l’esprit, l’âme, avant de se présenter pour prier. Ainsi, certaines ablutions se font sans eau (ablution sèche avec du sable par exemple) ou bien encore à travers les vêtements, car encore une fois, l’idée est de se purifier. On distingue petites et grandes ablutions, mais pour faire court, voici les étapes principales : – récitation d’une incantation – lavage des mains jusqu’aux poignets à trois reprises – se rincer la bouche à trois reprises – se laver le nez à trois reprises – se laver le visage à trois reprises – passer les mains humides sur les cheveux – se laver les pieds et les chevilles – réciter une incantation

 Une forêt légendaire de colonnes…

La forêt de colonnes ! (plan 3) : un des spectacles architecturaux les plus stupéfiants ! On a le souffle coupé en pénétrant dans la mosquée, avec des perspectives toutes plus incroyables les unes que les autres. Et quelle légèreté, grâce à l’ingénieux système d’arches superposées. En tout, 856 colonnes de marbre, granite, jaspe ou encore onyx.


De nombreux piliers sont de la récupération des matériaux du temple romain dédié à Janus, qui se trouvait là avant la mosquée. Ces doubles arches sont une première dans l’histoire de l’architecture, et renforcent les piliers qui doivent supporter l’immense charpente (dont on a vu plus haut certaines poutres originelles).

des colonnes par centaines…

Autres vues des colonnes et de leur célèbre bichromie, et détail sur les arches doubles. Ce qu’il y a d’intéressant ci-dessous dans les miniatures, c’est de voir la transition qui s’opère entre le monument arabe et la cathédrale chrétienne : si l’on peut hurler en voyant un tel massacre, dans les faits, les architectes se sont bien employés à insérer leur monument « en douceur », et à bien mélanger les deux styles. Il en ressort une hybridation unique, un mélange gothico-musulman qui a son charme. Notez ainsi sur la frise qui court au-dessus des arches et que l’on ne retrouve pas ailleurs : c’est un rajout chrétien pour marquer la transition entre les deux monuments. Ingénieux, il faut le dire !


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1 - Vue depuis la partie mosquée vers la cathédrale : mélange des genres…


la forêt de colonnes

Et Charles Quint ordonna…

C’est donc après la conquête chrétienne de Cordoue en 1236 que la mosquée fut transformée en chapelle royale avec des décors de style mudejar. Puis il faudra attendre le XVIème siècle, sous Charles Quint, pour voir l’édifice que nous admirons aujourd’hui, mélange de style gothique, renaissance et baroque. C’est lui qui fit rajouter à la chapelle royale l’immense nef qui s’élève jusqu’à la coupole centrale de 15 mètres de diamètre. Sur la partie droite de la photo, il s’agit du grand retable en marbre rouge de style neo-classique que l’on doit à Alonso Matias. Au centre de la photo, une des deux chaires en acajou.


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1 et 2 - deux vues de la nef centrale dominée par une vaste coupole de quinze mètres de diamètre

le Mihrab, coeur de la Mosquée…

Le mihrab est, dans toute mosquée, une niche indiquant la direction de la Mecque, où se tournent les musulmans durant la prière. Elle est quasiment toujours entourée de deux colonnes et surmontée d’une arcature, comme on le voit sur la photo ci-dessous.

mihrab

coupole du mihrab



la Juderia



les juifs et Cordoue... L'installation des Juifs dans la péninsule ibérique remonterait aussi loin que le Xème siècle avant notre ère. Ils arrivèrent par bateaux pour le commerce du cuivre essentiellement, dans la région de Huelva. Ils atteignirent Cordoue en remontant le Guadalquivir et étaient donc là depuis longtemps lorsque Claudius Marcellus et ses troupes fondèrent l’antique ville. Après la destruction de Jerusalem en 70, ils devinrent bien plus nombreux. La répression menée en Judée eut ainsi pour conséquence une migration importante. Durant la période romaine, les Juifs furent laissés en paix, libres de pratiquer leur religion, exempts même de tâches qui iraient à l’encontre de leur croyance. Ils avaient même leur propre administration. Mais cette ère de protection prit fin avec l’invasion par le nord du peuple wisigoth, et des lois les obligèrent même à quitter la péninsule au VIIème siècle. Lors de l’invasion maure, le vent tourne à nouveau, car les Juifs aident les arabes et recouvrent par conséquent leurs droits et leur liberté. Ils commercent même abondamment. Ils jouèrent un rôle important  dans le gouvernement omeyyade lui-même. Un quartier juif leur fut attribué au nord de la ville, qui fut détruit en 1148 par la dynastie des almohades. Dernière étape, après la Reconquista par Ferdinand III, les Juifs récupèrent un quartier, celui que l’on peut arpenter aujourd’hui, la Juderia, fait de ruelles tortueuses, aux maisons à deux étages, et autour de sa synagogue.



Ruelles fleuries et colorées de la Juderia, dont la minuscule allée des Fleurs.


ruelle de la Juderia

La chapelle San Bartolomé, intégrée à la faculté de philosophie et de littérature, fut construite au tout début du XIVème siècle, et servit de lieu de culte jusqu’au XVIIème. Le style est gothico-mudejar. De taille modeste (9×5 mètres), seul le presbytère est surélevé par une marche (photo de gauche). La belle voûte gothique croisée domine l’ensemble (photo de droite). Quant au plancher, c’est une alternance de briques et de mosaïques, une réalisation fréquente au MoyenAge. Toutes les moulures décoratives (blasons et étoiles) sur les parois sont en mosaïques et en gypse.



la synagogue…



histoire de la synagogue de Cordoue... L'origine de la synagogue est liée à la première diaspora, lorsque les juifs ont dû quitter Jérusalem. Des synagogues furent alors créées pour accueillir les juifs. Ces lieux ont eu dès le départ une double fonction : école pour apprendre la Bible, et lieu de culte. Les rabbins, seules personnes cultivées ayant une parfaite connaissance de la Torah, avaient pour mission de propager la bonne parole. C’est après la Reconquista, sous le pontificat d’ Innocent IV, que fut  décidée à Cordoue l’érection d’une grande synagogue. Mais le pape décida de l’arrêt des travaux car une polémique enflait, la cathédrale se construisant à deux pas. Finalement, une minuscule synagogue, celle que nous voyons aujourd’hui, sortit de terre en 1315. Elle connut plusieurs utilisations : synagogue bien sûr, mais aussi hôpital, puis ermitage.


La salle de prière mesure 7 mètres de côté. La décoration est riche. mur occidental, possédant une petite niche dans laquelle devait se tenir le rabbin. Elle est décorée d’une arche lobée suspendue. On devine sur le mur du fond une croix noire et rouge, datant de l’époque durant laquelle la synagogue joua la fonction d’hôpital. Sur la droite, on devine le mur Nord, le mieux préservé.

Mur du sud, avec la tribune des femmes, possédant une large ouverture à trois arches, les deux latérales de style roman. Tous ces murs étaient décorés d’inscriptions relatant des légendes, et de couleur or, sur un fond bleu. Cinq ouvertures pour la lumière couronnent le tout.

Les murailles fortifiées que l’on observe aujourd’hui sont situées au même emplacement que leurs homologues romaines. A l’époque, l’enceinte était percée de sept portes, dont une seule reste de nos jours, que l’on voit sur la photo de droite : la porte Almodovar. Elle n’a pas changé d’aspect depuis 1236.


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1 - autre patio avec fontaine non loin de la synagogue
2 et 3 - fortifications


du pont que les Romains construisirent pour franchir le Guadalquivir, il ne reste plus que la forme et la structure. C’est au premier empereur Auguste que l’on doit la fabrication de cet ouvrage à 16 arches en calcaire, soutenues par de forts piliers aux bases arrondies. Les Romains ont choisi l’endroit où le fleuve est le plus étroit. Le pont est mentionné pour la première fois dans un texte arabe relatant l’arrivée des Maures à Cordoue ; ils trouvèrent un édifice endommagé par les pluies et les inondations antérieures, et il fallut donc le restaurer. On y apprend même que durant plusieurs années, il n’y avait aucun autre moyen pour passer sur l’autre rive que d’utiliser des embarcations, tant le pont était en mauvais état. Durant tout le Moyen-Age, il joua une place centrale, qui fut renforcée lorsque la peste fit son apparition dans la ville : lorsque la maladie fut vaincue, on installa au milieu du pont une statue de Saint-Raphael, qui est aujourd’hui l’objet d’une importante ferveur dans l’esprit de tous les habitants de Cordoue.
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Espagne - Cordoue la musulmane Espagne - Cordoue la musulmane Reviewed by RENOULT on 05 décembre Rating: 5

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