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Argentine - Iguazu, des cataractes au pays du toucan

 Iguazu, des cataractes au pays du toucan


Les chutes d’Iguazu, situées aux confins de l’Argentine, du Brésil et du Paraguay, sont, avec celles du Zambèze en Afrique, les plus belles chutes d’eau du monde. Inscrites à l’Unesco depuis 1984, les 275 chutes d’eau d’Iguazu forment un spectacle ahurissant, au coeur d’une forêt tropicale préservée, et au pays d’un des oiseaux les plus mythiques, le toucan toco. Son nom vient de l’indien guarani « i », l’eau, et « kuasu », grand : « les grandes eaux ». La rivière Iguazu est un affluent du fleuve Parana. Les chutes elles-mêmes
appartiennent à la fois à l’Argentine et au Brésil, et sont au coeur du parc national du même nom, qui abrite plus de 2000 espèces de plantes et plus de 400 espèces animales.

chutes d’Iguazu et isla San Martin

La légende des chutes : Il y a fort longtemps, le fleuve Iguazú était habité par un énorme dieu-serpent appelé Boi. Les indiens guaranis qui habitaient la région avaient coutume de sacrifier une fois par an une jolie jeune fille qui était lancée au fleuve, la livrant ainsi au serpent. Un jour, c’est la belle Naipi qui doit s’y soumettre, mais ce ne fut pas au goût de son amant Taroba, qui la kidnappa la veille du sacrifice. Boi, apprenant cela, est tellement en colère qu’il serpente en tous sens, divisant le cours du fleuve et formant les cataractes. Comme punition, il a aussi transformé les deux amoureux en arbres que l’on peut encore voir aujourd’hui dans la partie supérieure des cataractes avec la chevelure de la belle Naipi comme sauts d’eau. Après cela, le dieu-serpent a été submergé dans la Gorge du Diable et veille à ce que les amants ne soient jamais unis à nouveau… mais dans les jours de plein soleil, l’arc-en-ciel dépasse le pouvoir du mal de Boi et les unit à nouveau…

Véro aux Tres Fronteras, les « trois frontières » : sous ses pieds l’Argentine, dans le fond à droite le Brésil, et à gauche le Paraguay… Le plus grand des deux fleuves, c’est le Parana, et la rivière qui vient de la droite la fameuse Iguazu, dont les chutes se trouvent 25 kilomètres en amont.

Des Martinets à tête grise (Cypseloides senex) montrent leurs qualités de voltigeurs infatigables dans la vapeur d’eau permanente de la Gargantua del Diablo (gorge du Diable), la cascade la plus impressionnante d’Iguazu. Avec 70 mètres de hauteur, cet ensemble de chutes en forme de fer à cheval provoque une remontée de vapeur qui masque toujours le bas, rendant la scène encore plus forte. Les martinets sont les seuls animaux à vivre en cet endroit si inhospitalier, ils font même leur nid derrière certaines chutes !



5000 mètres cube d’eau par seconde en moyenne, le double après la saison des pluies, la puissance de l’eau est proprement hallucinante, surtout ici à la Gargantua del Diablo. La rivière Iguazu est au plus large juste avant d’arriver dans cet étau en fer à cheval. Le débit est si puissant que tous les visiteurs restent les yeux rivés sur ce spectacle dantesque. Avec l’érosion, les chutes reculent sans cesse. Lors de leur formation il y a plusieurs centaines de milliers d’années, la faille initiale dans le lit de la rivière était beaucoup plus en aval. Et puis le temps a fait le reste, et la cascade recule… Gargantua del Diablo constitue l’ensemble de cataractes le plus en amont du site. Le plus tonitruant aussi.

Vue des chutes depuis la passerelle du niveau supérieur. Quelle merveille ! Le tout dans un écrin de verdure, avec l’espoir de voir un toucan, mais aussi plein d’autres joyaux ailés : callistes, tangaras, geais… Je ne connais pas une plus belle toile de fond pour pratiquer l’ornithologie en forêt tropicale… Chaque chute ou presque (du moins les plus grandes) ont un nom : Bossetti, les Trois mousquetaires, les deux soeurs… Le système de passerelle, remarquablement agencé, permet aux visiteurs de voir les chutes sous tous les angles et d’avoir un contact charnel avec certaines chutes, contact… humide parfois, comme pour Bossetti.


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1 - autre vue depuis le niveau supérieur. A gauche de la photo on distingue quelques personnes sur l’île San Martin. Notez la puissance du débit de la cascade qu’ils surplombent !!
2 - Ces deux clichés ont été pris depuis l’île San Martin, que l’on rejoint en bateau à moteur. Cela
donne un nouveau point de vue fort spectaculaire. Nous sommes ressortis trempés de ce côté de l’île.
3 - chutes d’Iguazu depuis l’île San Martin
4 - Vue de l’autre côté de Gargantua del Diablo, émergeant de la vapeur d’eau… C’est la partie brésilienne d’Iguazu.
5 - Gargantua del Diablo

une vue générale (qui est loin cependant de montrer toutes les cascades…) depuis le niveau intermédiaire
La somptueuse et si rafraîchissante chute Bossetti, que l’on peut pratiquement toucher du doigt. Du moins en sort-on entièrement trempé…
Vue d’une partie des chutes depuis le niveau inférieur : où que l’on se trouve, c’est d’une beauté à couper le souffle !


quelques uns des innombrables papillons d’Iguazu. Celui de gauche imite une feuille d’arbre. A droite, Adelpha syma.
Nous ne pouvons terminer sans évoquer deux oiseaux des plus représentatifs de cette forêt : le colibri et le toucan. Ces photos de colibris ont été prises au coeur du village de Puerto Iguazu, chez un particulier qui a transformé son jardin en paradis pour les picaflores (nom espagnol de l’oiseau mouche). La technique est simple mais éprouvée : des mangeoires en forme de fleurs attirent les colibris qui viennent planter leur bec en leur coeur, aspirant l’eau sucrée nécessaire pour remplir les réserves. Il faut dire qu’ils en ont besoin ! Ce sont les oiseaux qui battent des ailes le plus vite, les seuls capables d’un vol en surplace et même de reculer… Durant la nuit, ils repartent dans la forêt, à l’extérieur du village. Quatre espèces de colibris ainsi qu’un sucrier (autre oiseau à bec adapté pour ce genre d’exercice) sont venus nous rendre visite lors de cette très agréable matinée. C’est sûrement la dernière fois que des colibris voleront aussi près de nos visages, à nous frôler ! Signalons tout de même le petit nom du colibri photographié ci-dessus : l’Ariane versicolore (Amazilia versicolor).

Ariane versicolore - Amazilia versicolor

Le voici ! Un des oiseaux les plus emblématiques du continent sud-américain, le Toucan toco (Ramphastos toco). La photo est floue mais l’oiseau bien posé dans sa branche restera toujours dans nos esprits. Les toucans sont des oiseaux qui vivent dans les forêts tropicales d’Amérique. On en compte 37 espèces différentes, qui se caractérisent par un très gros bec, long et recourbé, ainsi que par des teintes vives. Le Toucan toco, avec ses 60 centimètres, est le plus gros de tous. Et enfin nous l’avons vu…
Toucan toco - Ramphastos toco

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